La santé animale notamment la lutte contre les grands fléaux comme la paratuberculose, la fièvre aphteuse ou la brucellose était à l’origine une des prérogatives régaliennes… dans le cadre des lois de décentralisation, l’Etat s’est séparé de ses laboratoires publics départementaux.
Certains sont passés sous la tutelle des conseils généraux, d‘autres pour des raisons économiques ont fusionné.
Dans le département de l’Ariège réputé pour son élevage, c’est le Conseil Général qui en a désormais la gestion et qui a décidé en 2006 de le moderniser pour en faire un outil automatisé et moderne capable de réaliser 120 000 analyses par an (soit 8000 dossiers traités).
A la tête de cette petite équipe de neuf salariés, un nouveau directeur depuis le mois de février en la personne du docteur Jean-Pierre Alzieu pour qui le contexte épidémiologique du département n’a pas de secret.
Il nous a reçus dans ses nouveaux locaux et nous a expliqué le sens de son action tant sur la santé et la valorisation du cheptel que sur la santé publique: «le laboratoire vétérinaire départemental est un outil de diagnostic, de prévention et de conseil au service de l’élevage ariégeois.
Il est agréé par l’Etat et accrédité par le COFRAC en immuno-sérologie animale depuis le 1er janvier 2008 […] c’est un outil incontournable de contrôle et d’expertise»
Les usagers du laboratoire sont essentiellement les vétérinaires représentant les éleveurs qui fournissent les échantillons, la direction départementale des services vétérinaires (DDSV), le groupement de défense sanitaire de l’Ariège (GDS), la fédération des chasseurs, les abattoirs ou encore le ministère de l’agriculture de la Principauté d’Andorre qui, grâce à un solide partenariat, fait réaliser ses analyses à Foix.
Mais, face aux problèmes de santé publique susceptibles d’être engendrés par la Trichinellose, le directeur du laboratoire lance un appel en direction des particuliers chasseurs ou consommateur de gibier: «il s’agit d’une maladie parasitaire provoquée par l’ingestion de viande insuffisamment cuite contaminée par un parasite (la trichinella).
Il se maintient dans la nature par transmission entre les rongeurs et les carnivores sauvages. En Europe, le porc, le cheval mais aussi le sanglier sont à l’origine de la contamination humaine qui peut être mortelle.
Nous travaillons en relation avec les abattoirs où tous les porcins et équins sont analysés mais depuis fin 2007 date à laquelle nous avons découvert une trichine sur un sanglier abattu en Haute-Ariège, nous encourageons les chasseurs à faire analyser leur gibier car même s’ils donnent de la viande contaminée ils sont tenus pour responsable aux yeux de la loi.
D’autant que ce parasite ne craint pas le froid des congélateurs. En 2007, 44 sangliers ont été analysés, en 2008, 188 […] c’est encore trop peu quand on sait que 5000 sangliers sont abattus à chaque saison de chasse dans notre département.
D’autant que nous n’avons besoin que de 50gr de viande (c’est habituellement de la langue ou un muscle), si les échantillons sont déposés avant midi les résultats sont donnés dans la journée […] et si les analyses sont réalisées en nombre, elles reviennent à un prix modique, entre 5 et 8€»
Les activités du laboratoire sont ciblées de novembre à la fin mai, avant que les animaux ne remontent sur les estives.
Spécialisée en immuno-sérologie (détection de certaines maladies par la mise en évidence directe ou indirecte d’un virus par dosage des anticorps), cette structure travaille notamment sur le dépistage de la Brucellose (73 200 analyses par an).
«Jusque dans les années 80, l’Etat avait décidé de faire une prophylaxie car la maladie était contagieuse à l’homme, indique le Dr Alzieu.
Aujourd’hui il n’y a plus de foyer dans l’Ariège mais nous restons vigilants car notre département frontalier est une zone particulièrement propice aux échanges»
Mais c’est bien la fièvre catarrhale ovine qui, en 2008, a le plus mobilisé l’équipe du LVD avec des pics de 3000 échantillons par jour.
«Les bovins ont été touchés avant les moutons, ils sont moins sensibles, moins malades mais ils portent le virus pendant 5 à 6 mois et les effets induits (perte de lactation, veaux malformés…) sont tout aussi problématiques […]
Quant aux ovins, on dénombre 2000 pertes sans compter ceux qui n’ont pas été collectés dans la nature. Le rôle du laboratoire dans le dépistage précoce de la maladie a permis d’accélérer la vaccination.
Le conseil général a débloqué une enveloppe exceptionnelle de 200 000€ et s’est prononcé pour la gratuité totale des analyses pour les éleveurs»
Dans le cadre de cette épizootie particulièrement catastrophique pour l’espèce ovine puisque l’on déplore une destruction de 50% de la base de sélection mâle, les responsables sanitaires des départements de l’Aude, de l’Ariège, des Pyrénées Orientales et de la Haute-Garonne, en relation avec les éleveurs et les fédérations des chasseurs, ont décidé de réaliser une enquête épidémiologique sur la faune sauvage (chevreuil, isards, mouflons, cerfs…) pour savoir si ces espèces pouvaient être porteuses de FCO.
Pendant la campagne de chasse, 310 prélèvements ont été réalisés dans des conditions précises, ils ont été analysés (recherche de pestiviroses) et les résultats seront restitués dans les prochains mois.
Laboratoire Vétérinaire Départemental
Rue Las Escoumes
09 008 Foix
05 61 65 55 90
Photos et vidéo: ©AriegeNews TV 2009
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