«Je dois vous informer que je suis amené à envisager, à votre égard, une mesure de licenciement pour cause économique»
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22/05/2009 | 19:03
Voilà, c'est fait, aujourd'hui le courrier recommandé tant redouté est arrivé dans ma boîte à lettres.
En l'ouvrant, je découvre la première phrase, impersonnelle que tous mes collègues et tant d'autres depuis plusieurs années ont reçue, et que malheureusement, si l'on en croit les dernières nouvelles, d'autres ne vont pas tarder à recevoir.
C'est par cette formule lapidaire que s'achèvent 26 années de collaboration dans mon cas, beaucoup plus pour d'autres.
On a souvent donné au mot «collaboration» des significations très différentes, mais dans notre cas, c'est dans le sens premier qu'il faut le prendre: «Action de travailler de concert avec un ou plusieurs autres»
Les plusieurs autres sont mes 23 derniers collègues qui fébriles, résignés ou en colère ont ouvert ce matin le même courrier.
Les plusieurs autres sont les 120 salariés que j'ai connus lors de mon arrivée dans cette dernière entreprise de filature et teinture du Pays d'Olmes.
Les plusieurs autres sont les 1500 qui formaient le groupe Chargeurs lorsque j'ai été embauché en 1983.
Bien sûr, il y a la crise économique qui frappe tout le tissu industriel, la concurrence des pays à bas coût, mais que nous avait on dit au départ.
«Faites des sacrifices financiers en renonçant à toute augmentation de salaire, soyez polyvalents, adaptez vous, soyez flexibles, faites de la recherche, innovez»
Tout cela, nous l'avons fait sans nous plaindre car nous connaissions tous dans notre entourage quelqu'un frappé par le chômage, nous savions la situation difficile dans le Pays d'Olmes, et nous espérions tous qu'avec ces mesures, nous nous en sortirions.
Qu'allons nous faire maintenant ?
Quel discours va-t-on nous tenir maintenant pour nous motiver ?
Que vont devenir ceux qui ne sont pas assez vieux pour prétendre à un plan de pré-retraite, mais trop âgés pour avoir une quelconque chance d'embauche ?
Oubliés par tous, nous n'aurons d'autres choix que de nous former en espérant une sortie digne pour ceux qui le peuvent encore, pour les autres , les premiers temps passés, ils rejoindront la longue cohorte des chômeurs de longue durée, perfusés aux minimas sociaux.
On est abreuvés tous les jours de nouvelles de fermetures d'usines, de plans sociaux, de bassins d'emploi entiers qui s'écroulent, mais il faut savoir que derrière chaque chiffre, il y a une vie brisée, des familles au bord de la faillite, des perspectives d'avenir pour nos enfants de plus en plus sombres.
Mon témoignage n'est là que pour rappeler ces évidences.
Par email Malek Selmani, ancien salarié de l'entreprise Teinture Lavelanet
En l'ouvrant, je découvre la première phrase, impersonnelle que tous mes collègues et tant d'autres depuis plusieurs années ont reçue, et que malheureusement, si l'on en croit les dernières nouvelles, d'autres ne vont pas tarder à recevoir.
C'est par cette formule lapidaire que s'achèvent 26 années de collaboration dans mon cas, beaucoup plus pour d'autres.
On a souvent donné au mot «collaboration» des significations très différentes, mais dans notre cas, c'est dans le sens premier qu'il faut le prendre: «Action de travailler de concert avec un ou plusieurs autres»
Les plusieurs autres sont mes 23 derniers collègues qui fébriles, résignés ou en colère ont ouvert ce matin le même courrier.
Les plusieurs autres sont les 120 salariés que j'ai connus lors de mon arrivée dans cette dernière entreprise de filature et teinture du Pays d'Olmes.
Les plusieurs autres sont les 1500 qui formaient le groupe Chargeurs lorsque j'ai été embauché en 1983.
Bien sûr, il y a la crise économique qui frappe tout le tissu industriel, la concurrence des pays à bas coût, mais que nous avait on dit au départ.
«Faites des sacrifices financiers en renonçant à toute augmentation de salaire, soyez polyvalents, adaptez vous, soyez flexibles, faites de la recherche, innovez»
Tout cela, nous l'avons fait sans nous plaindre car nous connaissions tous dans notre entourage quelqu'un frappé par le chômage, nous savions la situation difficile dans le Pays d'Olmes, et nous espérions tous qu'avec ces mesures, nous nous en sortirions.
Qu'allons nous faire maintenant ?
Quel discours va-t-on nous tenir maintenant pour nous motiver ?
Que vont devenir ceux qui ne sont pas assez vieux pour prétendre à un plan de pré-retraite, mais trop âgés pour avoir une quelconque chance d'embauche ?
Oubliés par tous, nous n'aurons d'autres choix que de nous former en espérant une sortie digne pour ceux qui le peuvent encore, pour les autres , les premiers temps passés, ils rejoindront la longue cohorte des chômeurs de longue durée, perfusés aux minimas sociaux.
On est abreuvés tous les jours de nouvelles de fermetures d'usines, de plans sociaux, de bassins d'emploi entiers qui s'écroulent, mais il faut savoir que derrière chaque chiffre, il y a une vie brisée, des familles au bord de la faillite, des perspectives d'avenir pour nos enfants de plus en plus sombres.
Mon témoignage n'est là que pour rappeler ces évidences.
Par email Malek Selmani, ancien salarié de l'entreprise Teinture Lavelanet
publié le: 22/05/2009 | Lu: 26747 fois
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