Concours de la résistance et de la déportation: les derniers témoins de l'horreur
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23/06/2009 | 10:34
Créé officiellement en 1961 par Lucien Paye, ministre de l’éducation nationale, à la suite d’initiatives d’associations et particulièrement de la confédération nationale des combattants volontaires de la résistance, ce concours a pour objectif de perpétuer chez les jeunes Français l’histoire de la résistance et de la déportation car face à une histoire aussi tragique, nous incombe le devoir de mémoire.
Chaque année les enseignants et responsables d’établissements scolaires font preuve d’engagement, de pédagogie et de citoyenneté en organisant cette manifestation qui revêt le plus grand intérêt pour les jeunes scolaires qui s’impliquent dans des recherches de documents (Archives, CDI, Bibliothèques) ou de témoignages auprès des résistants ou des associations d’anciens combattants.
Mais avec le poids des années, les vides se creusent dans les rangs de ceux qui mènent à bien cette initiative. Ils ne sont à présent qu’une poignée mais toujours déterminés à s’impliquer dans cette tâche auprès des plus jeunes.
«C’est notre rôle de témoigner», explique André Gaucher, ancien déporté à Mathausen, membre depuis plusieurs dizaines d’années de ce concours départemental.
«C’est une des dernières actions que l’on peut faire pour éviter que nos petits-enfants ne revivent une telle période»
Le concours national de la résistance et de la déportation avait pour thème cette année: «Les enfants et les adolescents dans le système concentrationnaire nazi»
Un sujet qui a particulièrement interpellé les élèves des collèges participant car ils ont été confrontés aux conditions de vie extrêmes de ces enfants ou de ces jeunes adolescents (dont certains avaient leur âge), la plupart enfants de persécutés (juifs, tziganes...) ou victimes de rafles, séparés de leurs proches, incarcérés dans les camps, très mal nourris, forcés à travailler tout en étant maltraités.
Certains camps devinrent des camps d’extermination immédiate mettant en pratique l’implacable logique d’extermination nazie, d’autres des camps de travail dont la mortalité était très forte tant le travail y était épuisant, la nourriture insuffisante, les soins inexistants et les mauvais traitements réguliers.
André Gaucher est ouvrier ajusteur chez Bréguet. Syndicaliste et militant, il a vécu le front populaire et a poursuivi son militantisme aux jeunesses communistes jusqu’à la guerre.
«Je n’étais pas militant pour un parti mais pour une cause […] La France était entourée de dictateurs, nous, la génération de 36, on s’est engagé auprès des républicains espagnols et contre toutes les formes d’oppression, on a ensuite naturellement grossi les rangs de la résistance à l’occupant»
Camarade de Guy Moquet, André Gaucher a distribué des tracts et milité à Paris jusqu’en 1942 avant de rejoindre sa famille dans l’Ariège et ajoute-t-il «se mettre au vert»
Mais en janvier 44, dénoncé par la milice, il est arrêté et mené à la villa Lauquié, siège de la gestapo où après deux jours d’interrogatoire musclé il est incarcéré à la prison Saint-Michel de Toulouse, puis au camp de transit de Royallieu en forêt de Campiègne avant son départ le 6 avril 1944 pour Mathausen.
«Nous étions 200 dans un wagon à bestiaux, dans la plus grande promiscuité […] on nous avait fait ôter nos vêtements en gare de Metz […]
Ce qui m’a sauvé arrivé au camp et qui m’a permis d’éviter la carrière, c’est mon passé d’ouvrier dans la métallurgie»
Délivré en mai 1945 il attendra de longues années avant de reparler de cette période de sa vie. Aujourd’hui André Gaucher, âgé de 90 ans, n’a rien oublié et n’hésite pas à participer aux différentes initiatives de mémoire dans le département, que ce soit dans les établissements scolaires ou au musée de la résistance et de la déportation à Varilhes.
«Il faut se rappeler que l’esprit humain bascule parfois dans l’abominable, mais qu’il peut s’élever aussi au niveau de ses hautes vertus que sont le courage, le don de soi, le respect de la dignité de l’autre»
C’est aussi cela le message délivré lors de la remise des prix du concours de la résistance le 17 juin dernier dans les jardins de la Préfecture à Foix.
Télécharger la liste des lauréats (PDF, 53 Ko)
Photos et vidéo: ©AriegeNews TV 2009
Chaque année les enseignants et responsables d’établissements scolaires font preuve d’engagement, de pédagogie et de citoyenneté en organisant cette manifestation qui revêt le plus grand intérêt pour les jeunes scolaires qui s’impliquent dans des recherches de documents (Archives, CDI, Bibliothèques) ou de témoignages auprès des résistants ou des associations d’anciens combattants.
Mais avec le poids des années, les vides se creusent dans les rangs de ceux qui mènent à bien cette initiative. Ils ne sont à présent qu’une poignée mais toujours déterminés à s’impliquer dans cette tâche auprès des plus jeunes.
«C’est notre rôle de témoigner», explique André Gaucher, ancien déporté à Mathausen, membre depuis plusieurs dizaines d’années de ce concours départemental.
«C’est une des dernières actions que l’on peut faire pour éviter que nos petits-enfants ne revivent une telle période»
Le concours national de la résistance et de la déportation avait pour thème cette année: «Les enfants et les adolescents dans le système concentrationnaire nazi»
Un sujet qui a particulièrement interpellé les élèves des collèges participant car ils ont été confrontés aux conditions de vie extrêmes de ces enfants ou de ces jeunes adolescents (dont certains avaient leur âge), la plupart enfants de persécutés (juifs, tziganes...) ou victimes de rafles, séparés de leurs proches, incarcérés dans les camps, très mal nourris, forcés à travailler tout en étant maltraités.
Certains camps devinrent des camps d’extermination immédiate mettant en pratique l’implacable logique d’extermination nazie, d’autres des camps de travail dont la mortalité était très forte tant le travail y était épuisant, la nourriture insuffisante, les soins inexistants et les mauvais traitements réguliers.
André Gaucher est ouvrier ajusteur chez Bréguet. Syndicaliste et militant, il a vécu le front populaire et a poursuivi son militantisme aux jeunesses communistes jusqu’à la guerre.
«Je n’étais pas militant pour un parti mais pour une cause […] La France était entourée de dictateurs, nous, la génération de 36, on s’est engagé auprès des républicains espagnols et contre toutes les formes d’oppression, on a ensuite naturellement grossi les rangs de la résistance à l’occupant»
Camarade de Guy Moquet, André Gaucher a distribué des tracts et milité à Paris jusqu’en 1942 avant de rejoindre sa famille dans l’Ariège et ajoute-t-il «se mettre au vert»
Mais en janvier 44, dénoncé par la milice, il est arrêté et mené à la villa Lauquié, siège de la gestapo où après deux jours d’interrogatoire musclé il est incarcéré à la prison Saint-Michel de Toulouse, puis au camp de transit de Royallieu en forêt de Campiègne avant son départ le 6 avril 1944 pour Mathausen.
«Nous étions 200 dans un wagon à bestiaux, dans la plus grande promiscuité […] on nous avait fait ôter nos vêtements en gare de Metz […]
Ce qui m’a sauvé arrivé au camp et qui m’a permis d’éviter la carrière, c’est mon passé d’ouvrier dans la métallurgie»
Délivré en mai 1945 il attendra de longues années avant de reparler de cette période de sa vie. Aujourd’hui André Gaucher, âgé de 90 ans, n’a rien oublié et n’hésite pas à participer aux différentes initiatives de mémoire dans le département, que ce soit dans les établissements scolaires ou au musée de la résistance et de la déportation à Varilhes.
«Il faut se rappeler que l’esprit humain bascule parfois dans l’abominable, mais qu’il peut s’élever aussi au niveau de ses hautes vertus que sont le courage, le don de soi, le respect de la dignité de l’autre»
C’est aussi cela le message délivré lors de la remise des prix du concours de la résistance le 17 juin dernier dans les jardins de la Préfecture à Foix.
Télécharger la liste des lauréats (PDF, 53 Ko)
Photos et vidéo: ©AriegeNews TV 2009
auteur: Laurence Cabrol | publié le: 23/06/2009 | Lu: 8161 fois
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