Question au Gouvernement de Jean-Pierre Bel, Président du groupe socialiste du Sénat
30/06/2009 | 20:53
 Monsieur le Président, Monsieur le Premier Ministre, Mesdames et Messieurs les Ministres, Mes chers collègues.

Chacun a en mémoire le discours du Président de la République à Versailles.

Je cite: «Je suis venu vous parler de l’avenir, nous devons éviter qu’il y ait des exclus que l’on ne puisse réinsérer dans la société» Il nous promet pour demain «un monde dans lequel le progrès social, le progrès humain iront de pair avec les progrès économiques»…

J’entends cela et il me revient alors à l’esprit deux évidences: cela fait 7 ans que Nicolas Sarkozy a occupé des fonctions ministérielles de premier plan. Cela fait plus de 2 ans qu’il est président de la République.

Alors, mes chers collègues, il y a un moment où on se doit de répondre à une question: Celle du rapport entre le poids des mots et du choc de la réalité.

Celle du décalage entre ce que vivent les gens sur le terrain, jour après jour,

Et les grands discours flamboyants, qui, toujours, promettent pour demain ce que l’on ne fait pas aujourd’hui.

En Ariège, dans ma région, dans toute la France, on me parle des fins de mois de plus en plus difficiles. On me parle du chômage; 200 000 chômeurs en plus au premier trimestre.
On me parle de l’angoisse des jeunes sans perspective d’avenir.

On me parle du désarroi des salariés qui ont travaillé toute leur vie et qui voient leur entreprise disparaitre.

Quand le Président dit, je cite encore: «ne pas supporter l’idée de voir abandonnée une partie de nos territoires, d’une France sans usines et ouvriers»…

Comment ne voit-il pas que ce n’est pas une idée abstraite, mais bien ce que vivent nos concitoyens.

Ou alors le Président de la République veut il continuer comme avant?

Quand il est allé promettre aux ouvriers d’Arcelor Mittal, en Moselle, de garder leur usine ouverte… pour les laisser, quelques mois plus tard, la rage au cœur, assister à sa fermeture.

Monsieur le Premier Ministre, qu’allez vous encore promettre aux Michelin, Continental, Alcatel et tant d’autres?

Que pouvez-vous leur promettre que vous ne leur avez déjà promis depuis 7 ans?

Un emprunt dites-vous? C’est cela la recette miracle de l’intervention de Versailles.

Dans un pays qui a déjà 1400 milliard d’euros de dette, on propose d’emprunter encore, de renvoyer les problèmes à l’après 2012…

D’ajouter de la dette à la dette?

Répondez-moi sur cette question: Le poids des mots, le choc des réalités.

Monsieur le Premier Ministre, plutôt que la fuite en avant, essayons ensemble de comprendre pourquoi vos recettes ne marchent pas. Sans renvoyer toujours à la crise qui n’explique pas tout.

Alors, allez-vous enfin organiser un débat de politique générale avec vote pour permettre à la représentation nationale de s’en saisir et engager votre responsabilité à l’Assemblée?

Ce débat, vous ne le devez pas seulement aux parlementaires, vous le devez surtout aux Français.

Par email, Jan-Pierre Bel, Sénateur de l’Ariège
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publié le: 30/06/2009 | Lu: 3085 fois