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Les collectivités locales volent au secours des aérodromes des Pujols et d'Antichan

Vue de l'aérodrome des Pujols
© midinews (archives)

Depuis l’annonce, au mois de septembre dernier, de la volonté de la Chambre de commerce et d’industrie de l’Ariège de se désengager des aérodromes de Pamiers-Les Pujols et de Saint-Girons-Antichan, le petit monde des collectivités territoriales ariégeoises s’agite pour tenter de trouver une solution.

Il semblerait que l’issue soit proche. Lundi, lors de sa première conférence de presse dans le costume de Président du Conseil général, Henri Nayrou a ainsi confirmé que «des rencontres ont eu lieu avec le président de la CCI et des représentants des collectivités concernées. Nous avons abordé un certain nombre de possibilités, mais aucune solution n’a encore été arrêtée»

L’élu a néanmoins insisté sur la volonté du Conseil général «d’assumer toutes ses responsabilités dans le devenir des deux aérodromes. Nous ne laisserons pas tomber deux sites aussi importants pour l’Ariège»

Alain Fauré ne dit pas autre chose. Concerné à double titre par la problématique des aérodromes en tant que député de la circonscription sur laquelle les deux équipements sont situés et comme élu de la Communauté de communes de Pamiers, engagée financièrement dans celui des Pujols, l’ancien maire… des Pujols rappelle les enjeux qui s’attachent aux deux sites.

«Si la CCI confirme son retrait, il faut que les collectivités se mobilisent, car ces aérodromes sont générateurs d’une économie dont l’Ariège a besoin !

Prenez l’exemple du site des Pujols, il est fortement générateur d’emplois directs avec la vingtaine de salariés sur place, mais aussi indirects au travers du 1er RCP. Avec un peu plus de 1200 salaires pour chacun trois emplois indirects induits, cela fait quelque 4000 emplois ! Pouvons-nous nous en passer ?
», interroge le parlementaire.

Et de se projeter dans une perspective pessimiste : «Dans le projet du maintien du régiment dans notre secteur, le terrain d’aviation est fondamental. Si le terrain ferme…»

Roger Sicre: Il peut être pertinent d’aller chercher les intercommunalités qui sont dans le périmètre du SCOT
Dans la logique de mobilisation de nouveaux acteurs, le cercle a été ouvert. Roger Sicre, vice-président du Conseil général en charge de l’économie, préside également aux destinées de la Communauté de communes de Varilhes. À ce titre, il se dit prêt à mobiliser son territoire pour sauver l’aérodrome de Pamiers-Les Pujols.

«Il y a quelques semaines, les propositions d’Augustin Bonrepaux, alors président, étaient de dire que le Conseil général est prêt à passer de 24 % à 51 % de participation dans le capital de l’aérodrome. Je crois savoir que la CCI est prête à rester à hauteur de 5 %, la Communauté de communes du Pays Pamiers est déjà à 24 %, il faut trouver d’autres partenariats pour finaliser le tour de table», affirme Roger Sicre.

Il déroule alors le fil : «Compte tenu de l’expérience du SCOT, je pense qu’il peut être pertinent d’aller chercher les intercommunalités qui sont aujourd’hui dans le périmètre de ce SCOT et de solliciter également la Communauté de communes du pays de Mirepoix. C’est, me semble-t-il, un montage intelligent»

«J’ai déjà les accords verbaux des responsables des communautés de Saverdun-Mazères, du pays de Foix, et du Pays de Tarascon. Nous allons très vite échanger avec Mirepoix», conclut-il, résolument confiant.

François Murillo: il faut que cela devienne un projet de Pays à l’échelle du Couserans
Même mobilisation en Couserans où François Murillo, maire de Saint-Girons et président de la communauté de communes éponyme, souhaite participer au sauvetage de l’aérodrome d’Antichan… mais pas à n’importe quel prix.

«Il y a quelque temps, nous avons été invités à participer à un GIP dans lequel la Communauté de communes de Saint-Girons devait intervenir à hauteur de 19 %, aux côtés de Val Couserans et de la CCI pour 51 %. Maintenant, la CCI dit qu’elle se désengage et il s’agirait désormais d’une formule à monter avec les collectivités locales et le Conseil général.

Mais attention, même si le Département prend 51 % des parts, il faut que cela devienne un projet de Pays à l’échelle du Couserans, et pas de la seule communauté de communes de Saint-Girons. Nous, nous ne pouvons pas supporter tous les projets du territoire
»

Selon nos informations, une réunion de travail s'est tenue mardi soir dans les locaux de la Chambre de commerce et d’industrie à Foix, afin de poursuivre la mise en œuvre d’une solution viable pour les deux sites. Mais la piste est encore longue.

PB | 05/11/2014 - 18:48 | Lu: 25012 fois