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Cancer colorectal: à 50 ans ou plus, le dépistage pour mettre toutes les chances de son côté

© midinews 2014

Mars bleu, c’est le nom de code plutôt énigmatique voire poétique choisi par les partenaires de la santé pour mener à bien durant tout le mois de mars une opération de sensibilisation à ce qu’il convient - aussi - d’appeler un fléau, le cancer colo - rectal.

Pendant tout le mois une communication grand public, avec des animations spécifiques sur l’Ariège, va être menée par la CPAM et ses différents partenaires dont l’ARS, la MSA, la Mutualité Française ou encore le CHIVA, pour ne citer qu’eux, pour sensibiliser et informer largement sur cette maladie insidieuse, car dite silencieuse qui peut mettre jusqu’à 23 ans pour se déclarer ouvertement.

Autour de Gérard Tudo, président de la CPAM de l’Ariège, Liliane Lelièvre-Zamora, directrice de l’organisme de santé et Catherine Pascal, Directrice du GIP pour le dépistage des cancers en Ariège font le point sur cette maladie et l’opération envisagée sur le mois de mars.

«Toutes les branches de l’assurance maladie dont le régime général s’associent pour développer une action préventive plus opérationnelle», énonce d’entrée de jeu lors de la conférence de presse des différents partenaires le président de la CPAM.

De fait, maladie surtout présente dans les pays développés, liée à des conditions de travail, d’habitudes de vie, de sédentarisation, ainsi qu’à l’alimentation, le cancer colorectal représente 45.000 nouveaux cas par an et engendre à lui seul 17.500 décès, par an également.

Dans ce cas comme dans bien d’autres il est avéré que le dépistage précoce s’accompagne de chances de guérison dans 9 cas sur 10. Or aujourd’hui encore au niveau national, comme en Ariège, le taux de dépistage réalisé sur l’année stagne voire recule, seulement 31,5% des personnes concernées se font dépistées.

Aussi, avec un nouvel objectif de réduction d’environ 15% des décès dus à cette maladie sur l’année, la campagne actuelle prend un nouveau jour.

«Le dépistage en Ariège recule, indique Liliane Lelièvre-Zamora, et représente seulement 22,5% de la population ce qui reste un taux de participation faible aux campagnes de dépistage, sans qu’on puisse en donner de raisons particulières, qui s’avèrent multiples»Un lâcher de clown dans les rues de Foix et un Flash mob pour attirer l’attention des populations, de façon plus ludique sur cette maladiePlusieurs raisons sont avancées, comme le fait de se situer dans des zones rurales voire montagnardes (du côté de Massat, Saint-Girons ou encore le Volvestre etc.) mais aussi les barrières psychologiques. Il faut «casser l’angoisse, dépasser les blocages, et convaincre sur l’intérêt de se faire dépister précocement» L’idée principale étant de faire du préventif plutôt que du curatif.

De fait, 2,85% des personnes dépistées sont positives et seulement 1/1000 développe une tumeur potentiellement cancéreuse, soit une trentaine de cas sur les quelques 7.000 personnes dépistées en Ariège.

Il faut dire que là se situe peut-être la première des barrières, «la peur d’affronter une réalité alors qu’on se sent bien portant» Pour autant de l’avis de chacune des personnes présentes «se faire dépister au plus tôt signifie un traitement beaucoup moins lourd, contraignant voire intrusif et donc 90% de chances de guérison»

S’il n’y a pas de publics type, l’expérience «démontre que ce sont les personnes de 50 à 74 ans qui sont le plus susceptibles de développer la maladie. C'est donc à elle en particulier que s’adresse l’opération de dépistage et de communication organisée actuellement»

«J’ai 50 ans j’en parle», évoque le slogan de la campagne. Avoir le réflexe du dépistage, en parler à son médecin traitant, et envisager un dépistage régulier tous les deux ans sont largement recommandés à partir de cet âge. Pour ce faire, en attendant le prochain test de dépistage plus souple mis en service fin 2014, pour l’heure c’est chez soi, après dialogue avec son médecin traitant que se réalise le test «non-traumatisant» de manière individuelle sur 3 jours.

Un dépistage à prendre d’autant plus au sérieux que «lorsque la maladie parle c’est qu’elle est déjà à un stade avancée», conclut Liliane Lelièvre-Zamora.

Pour ce représentant de la mutualité française «on n’est jamais trop nombreux pour relayer les messages de prévention» C’est bien l’objet de ce mois de mars aux couleurs bleues.

 

 L’opération Mars Bleu dans ses grandes lignes

«On n’espère pas que après cette manifestation les gens vont courir chez le médecin chercher un test de dépistage mais le but c’est vraiment d’accroitre la notoriété du dispositif de dépistage organisé», indique Catherine Pascal, directrice du GIP pour le dépistage des cancers en Ariège.

Cette vaste campagne nationale de communication mise en place depuis 2009 par l’institut national du cancer et l’Assurance maladie est déclinée localement par le GIP dépistage du cancer en Ariège. «Cette année on a choisi des actions assez ludiques et conviviales. L’idée étant bien de dédramatiser la maladie comme le dépistage,» argumente la directrice du GIP.

Cette campagne va s’appuyer sur des éléments de communication (affiches, flyers, visuels, questionnaires avec jeu concours etc.) adressés à l’ensemble des cabinets de médecins, des établissements hospitaliers, aux cinq centres d’accueil des CPAM et même quelques officines de pharmacie et commerçants partenaires.

Ensuite vendredi 14 mars, date choisie parce qu’au cœur des vacances et jour de marché à Foix une série d’animations vont s’organiser.

De 10h30 à 14h30: des animations seront proposées par l’association Terres de Cirque et notamment le lâcher de clowns excentriques à travers la ville. A 12h30 dans la cour de l’hôtel de ville de Foix aura lieu un Flash mob orchestré par Kader Nadja (dont les répétitions sont prévues le 12 pour ceux qui le souhaitent), suivie d’un lâcher de ballons bleus «biodégradables» à midi trente. Le tout pour informer de manière ludique sur une maladie, qui prise à temps, pourrait ne plus en être une dans 9 cas sur 10.

Plus d’infos:
Catherine PASCAL, GIP pour le dépistage des cancers en Ariège
Tél: 05.34.09.87.93
Sylvain Sastre | 07/03/2014 - 19:01 | Lu: 12556 fois