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ADAPEI de l'Ariège: un Conseil d'administration sous tension

© midinews 2013

Les semaines passent, les conseils d’administration se succèdent et le conflit latent entré salariés et direction continue à s'enliser.

Hier soir, la mobilisation était forte au pied de la cité Visa à Pamiers où près d’une centaine de salariés se sont réunis pour marquer leur désaccord face «au passage en force et sans concertation» d'un groupement coopératif social ou médico-social (GCSMS).

«Un curieux rapprochement» entre l'ADAPEI 09 et l’ADAPEI 65 qui viderait ces deux associations de leur substance pour créer une troisième entité, ce fameux GCSMS, une structure privée installée à Martres-Tolosane.


«Un projet mené en catimini et dans la plus grande opacité» selon les syndicats, «visant à mutualiser les moyens au risque de déplacer les salariés»
«Nous ne sommes pas contre cette idée de projet, explique Yazid Djemane, représentant CGT du CE. Il est vrai que nos associations issues du médico-social ont des problèmes budgétaires.

Tout projet qui peut pérenniser l'ADAPEI 09 nous intéresse, par contre on veut être impliqués dans toute réflexion et construction ce qui n'est pas le cas aujourd'hui
»

C'est pour cette raison que les représentants syndicaux ont appelé à la mobilisation mais également pour des raisons de gouvernance.

«En ce moment c'est le royaume du Roi Ubu, lâche Yazid. Depuis le Conseil d’administration du 3 avril, où a été votée une motion de défiance à l'égard de la présidente, elle s'enferme au château de Gillot avec le directeur général de l'ADAPEI 65, la responsable des ressources humaines et ensemble ils décident de porter ce projet à marche forcée contre l'avis des administrateurs et du comité d'entreprise qui n'a jamais été consulté»

De plus, toujours selon les syndicats, le directeur général de l'ADAPEI 65 est connu pour avoir remonté les comptes de sa structure «de manière brutale en se servant du personnel et de l'accompagnement comme variable d'ajustement. Ici nous n'en voulons pas, les personnes en situation de handicap ont besoin d'un accompagnement de qualité»

Au départ, il y a une cinquantaine d’années, l’ADAPEI de l’Ariège était une association créée par les parents des personnes en situation de handicap; aujourd’hui avec la gestion de près de 400 bulletins de salaire et un budget de 30 M€ c’est la plus grosse association socio-médicale du département.

Le statut d’association, encore adapté?
De plus avec la crise les principaux financeurs que sont l’Agence Régionale de Santé (à hauteur de 40%) et le Conseil général de l’Ariège (60%) sont en position de demander des comptes.

L’ancien directeur de l’ARS Xavier Chastel avait lancé cette idée de regroupements ou de fusions des associations gestionnaires (création notamment de l’AGAPEI regroupant les départements du 31, 32 et 81) par mesure d’économie (passer au niveau national de 36 000 à 5000 associations) mais également pour faciliter le fonctionnement avec un seul interlocuteur à l’échelle régionale.

De telles perspectives sont loin d’emballer les départements, dans la mesure où ils financent et s’ils font cet effort de territorialité, ils veulent garder les services et les emplois, ce qui semble normal.

Le Conseil général de l’Ariège a un regard sur la tarification de l’ADAPEI mais pas plus. La prise de décision appartient au conseil d’administration et à ce jour les réunions se succèdent sans faire avancer les problèmes internes de gouvernance.

Cependant au titre de pouvoir de tutelle, Augustin Bonrepaux a rencontré avec les représentants de l’ARS le vice-président de l’ADAPEI, Gaston Dejean (qui a depuis donné sa démission) et les délégués du personnel.

C’est Marie-France Vilaplana qui représente l’assemblée départementale au sein du CA de cette association: «en qualité de financeur, le Conseil général n’est pas favorable à la constitution de ce GCSMS, je voterai contre, précise la conseillère générale de Pamiers.

Par contre on peut travailler ensemble à la réalisation d’un projet mieux adapté avec un nouvelle gouvernance, faire en sorte que l’on sorte de cette crise»

Si au terme de cette réunion rien n’a été acté, il se peut que l’élection d’un nouveau président constitue l’ordre du jour de la prochaine réunion du conseil d’administration.

Laurence Cabrol | 19/04/2013 - 18:35 | Lu: 47558 fois

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