Grève du contrôle aérien: retards dans le Sud, quelques annulations à chaud

© AFP/Archives - Pascal Guyot
La grève lancée mardi par un syndicat minoritaire de contrôleurs aériens a entraîné des retards pour les avions survolant le sud de la France, mais peu d'annulations à chaud, les compagnies ayant supprimé des vols en amont, ce qu'elles sont encore invitées à faire mercredi.
L'Unsa-ICNA, troisième syndicat des aiguilleurs du ciel (22,4% des voix aux élections professionnelles), a déposé un préavis de grève jusqu'à dimanche pour protester contre les moyens trop faibles accordés, selon lui, à la navigation aérienne pour 2015-2019 dans "le plan de performance" que la France doit présenter d'ici au 30 juin à Bruxelles.
Il a annoncé qu'il sera reçu mercredi au secrétariat d'Etat aux Transports et qu'il prendra sa décision de lever ou pas le mouvement "en fonction" de cette réunion. "Dès l'instant où on aura des garanties sur les moyens, on pourrait être en mesure de lever le préavis", a déclaré à l'AFP Christophe Merlin, porte-parole du syndicat.
Pour mercredi, l'Aviation civile a redemandé aux compagnies d'annuler préventivement 20% de leurs vols dans les aéroports du sud de la France, ainsi que les vols au départ de Paris à destination du sud de la France, de l'Espagne, du Portugal, Maroc, Tunisie et Algérie.
A Lyon, Toulouse, Bordeaux et Marseille, comme à Roissy et Orly, environ 20% des vols ont été ainsi supprimés mardi en amont, moins (12%) à Montpellier.
Quelques vols ont cependant été annulés "à chaud", trois à Roissy, 11 à Orly, selon une source aéroportuaire. Près de 50% des vols au départ ou à l'arrivée de Roissy ont accusé un retard, en moyenne de 50 minutes. A Orly, il était d'une heure environ.
En moyenne sur le territoire français, les retards rapportés par la DGAC étaient de 30 à 45 minutes. La compagnie Hop!, filiale régionale du groupe Air France, a annulé 110 vols en amont et déplorait une situation "dégradée" dans la soirée à Marseille.
Comme mardi, Air France a adapté son programme et prévoit d'assurer mercredi la totalité des trajets long-courriers et 90% de ses vols court et moyen-courriers (France-Europe).
Selon le secrétariat d'État aux Transports, environ 75% des vols initialement programmés devaient être assurés en moyenne cette semaine.
- 12% des vols Ryanair annulés -Le mouvement touchait aussi les compagnies européennes, y compris celles survolant simplement le pays.
Ryanair a procédé au total à 200 annulations de vols (12%), dont une grande part à la dernière minute, et connu jusqu'à 6 heures de retard. La compagnie low cost a d'ores et déjà prévu d'annuler 15% de ses vols mercredi.
Easyjet a aussi annulé plusieurs dizaines de vols au départ ou en direction des aéroports français touchés par la grève. British Airways en a supprimé quelques-uns à l'aéroport d'Heathrow (Londres).
En Allemagne, les effets du mouvement ont été réduits à des retards à l'atterrissage. Au Portugal, seuls deux vols ont été annulés préventivement au départ de Lisbonne.
Dans un communiqué, l'Union des Aéroports Français (UAF) a dénoncé la grève et dit partager les vues exprimées par la Fédération Nationale de l'Aviation Marchande (Fnam), qui avait dénoncé un mouvement couvrant "le premier week-end de grands départs pour les vacances".
L'IATA, l'organisation qui regroupe l'ensemble des compagnies aériennes dans le monde, l'a aussi vivement condamnée.
Le SNCTA, premier syndicat (41%) parmi les 4.000 contrôleurs aériens de l'Hexagone, avait levé son préavis dimanche à la suite d'ultimes négociations avec le gouvernement.
Malgré les "avancées" rapportées tant par le SNCTA que par le gouvernement, l'Unsa-ICNA estime que les moyens restent insuffisants pour financer la modernisation des systèmes et réclame une augmentation de 10% de la redevance dite "route", acquittée par les compagnies.
Selon le SNCTA, à l'issue des discussions, la hausse consentie par le gouvernement sera supérieure aux 5% initialement annoncés et "en cas de besoins identifiés d'investissements, le ministère s'est engagé à rehausser la redevance au cours de la période".
Tous les syndicats s'accordent à juger "obsolètes" les outils de navigation français.
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