Les pharmaciens Ariégeois tirent le rideau de leur officine le mardi 30 septembre
© midinews (archives)
Inutile de vouloir acheter un paquet de coton hydrophile ou un sirop contre la toux en officine mardi prochain.
Les syndicats de pharmaciens appellent à la grève le 30 septembre et les professionnels ariégeois excédés entendent manifester à Foix leur mécontentement à partir de 9 h 30 avant de rejoindre en cortège la préfecture.
Ils viennent après les huissiers, les avocats, les notaires, les dentistes et les médecins grossir le rang des professionnels ulcérés face à la décision du gouvernement de légiférer pour déréglementer leurs métiers. Le projet annoncé cet été par Arnaud Montebourg suscite une vive inquiétude chez les pharmaciens qui à l’instar des autres professions réglementées, sont accusés de profiter de leur situation de monopole par l’ancien ministre de l’Économie.
Les raisons de la grogne des pharmaciensC’est le projet de loi sur la croissance et le pouvoir d’achat qui a mis le feu aux poudres. En effet il prévoit l’autorisation de vendre des médicaments sans ordonnance ou non remboursables dans les grandes surfaces et d’autoriser les investisseurs à entrer dans le capital des officines ou encore modifier les règles d’installation sur le territoire.
«Cela concerne les médicaments à prescription médicale facultative (les vitamines, l’aspirine…) Nous sommes contre et nous le faisons savoir en distribuant des flyers, en faisant circuler une pétition et en faisant grève mardi… c’est la première fois que la profession descend dans la rue !» s’indigne Frédéric Chatelus pharmacien à Pamiers.
Selon lui les prix de ces produits sont déjà libres, la concurrence se fait déjà chez les professionnels qui pratiquent les prix qu’ils veulent. Mais la vente de ces produits dans la GMS est une aberration.
«Il n’y a qu’à voir en Grande-Bretagne où les médicaments se vendent dans les grandes surfaces, il y a surconsommation et augmentation des maladies iatrogènes… en France cette pratique creusera le déficit de la sécurité sociale plus qu’il ne donnera de pouvoir d’achat aux Français !»
Ce professionnel installé depuis plus de 25 ans est bien décidé de monter au créneau: «non, nous ne sommes pas des nantis… une pharmacie ferme tous les trois jours en France et beaucoup de pharmaciens n’arrivent plus à s’en sortir, car après six ans d’étude, il faut faire d’importants crédits pour acheter une officine (avec des garanties sur nos biens propres) et tous les mois payer son personnel. Nombreux de mes confrères ne s’attribuent plus de salaires depuis longtemps pour pouvoir faire face à de telles situations».
Aujourd’hui si les pharmaciens veulent fermer boutique (et ils seront en Ariège 54 sur 56 à le faire) c’est que la coupe est prête à déborder: «on parle de désert médical, mais ce sera identique pour nos officines pourtant indispensables dans le maillage de nos départements ruraux où il est si difficile de se déplacer pour les personnes âgées. Nous sommes prêts à faire des efforts, nous l’avons prouvé avec les génériques, mais là trop c’est trop !»
La vente des médicaments dans les grandes surfaces hérisse les pharmaciens ariégeois«Nous sommes là pour soigner et pour conseiller. Nous prêtons serment nous suivons un code de déontologie, mais je ne pense pas que l’on partage celui de Monsieur E. Leclerc.
Cette réforme n’apporte rien, elle réduira l’offre des officines dans notre département. Il faut savoir qu’au niveau de l’Europe, les prix des médicaments non remboursés sont en France les moins chers des autres pays européens (c’est beaucoup plus cher en Espagne ou en Allemagne)»
Frédéric descendra dans la rue mardi comme la plupart de ses confrères bien déterminés à rencontrer le Préfet pour faire remonter leur mécontentement.
Pour autant 9 pharmacies ont été réquisitionnées par l’ARS pour des urgences médicales de la journée. La liste de ces officines sera affichée sur les portes de toutes les pharmacies du département.
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