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Les coulisses du bâtiment Acte 2: les locaux professionnels à énergie positive

© midinews 2014

Après le futur palais de justice de Foix, rendez-vous ce vendredi en zone industrielle de Pic à Pamiers dans les locaux de l’entreprise AES où la zone technique et administrative sera dotée d’ici la fin de l’année d’un chauffage solaire avec un appoint géothermique sur nappe phréatique.

Le traitement de l’air est réalisé en double flux avec une récupération de calories sur puits canadien, et la positivité du bâtiment est réalisée par une production photovoltaïque destinée à la revente pour une puissance de 9Kw. Une production photovoltaïque plus anecdotique de 3Kw permettra également un usage en autoconsommation.
Un bâtiment vertueux
On sait que Gérard Centenero cultive une énergie positive qu’il transmet depuis de longues années à ses équipes, mais ce professionnel du bâtiment a décidé de marquer sa fin d’une carrière professionnelle bien remplie par la réalisation de ce bâtiment exemplaire.

«Je l’avais déjà souhaité, je n’avais pas besoin d’un tel bâtiment, mais si je l’on conçu et réalisé c’est par philosophie […]. Ce sera le siège de l’entreprise Ariège Energies Systèmes, on pourra voir toutes ces spécialités (chauffage solaire, pompe à chaleur, récupérateur de pluie et puits canadiens) regroupées en un seul lieu… le but c’est de montrer des choses intelligentes plutôt que lucratives. Certes, les coulisses du Bâtiment viennent un peu tôt par rapport au calendrier, car tous les équipements techniques ne sont pas installés. Il sera destiné à recevoir l’entreprise AES et Centenero qui est actuellement à 500 m à vol d’oiseau. Il s’agit d’un regroupement d’entreprises et d’une cession, car dans la foulée je cède mon entreprise au personnel»

Parmi les scolaires accueillis dans le cadre des Coulisses du Bâtiment, une manifestation destinée à faire découvrir les métiers du bâtiment au public à travers des chantiers qui exceptionnellement ouvrent leurs portes, une classe de Bac Pro techniciens installation système énergétique du lycée Aristide Bergès de St Girons.

Des élèves qui baignent dans les réglementations thermiques, manient la RT 2012 et pour qui la RT 2020 a du sens. «Ils voient ici en pratique tout ce qu’ils apprennent en théorie en cours précise Patrick Souilhac, un des enseignants qui les accompagne.

«Nous manquons de techniciens pour atteindre les objectifs imposés par ces nouvelles réglementations. Ces jeunes n’en ont peut-être pas conscience, mais ils seront demain très recherchés. La rénovation énergétique représente en France un marché de 53 milliards de travaux et il n’y a pas aujourd’hui suffisamment d’entreprises pour répondre à cette demande»

Des jeunes motivés, mais qui ont surtout de véritables compétences
Si le bâtiment a longtemps représenté une orientation par défaut pour certains élèves aux résultats scolaires insuffisants, les choses ont bien changé. Pascal Parent est aujourd’hui professeur de génie civil. «A l’heure actuelle on se pose beaucoup de questions sur el coût de la rénovation et des technologies à mettre en œuvre. On peut imaginer que le secteur va créer beaucoup d’emplois. On sait aujourd’hui avec l’arrivée du numérique et l’augmentation de la complexité des chantiers qu’il faut envisager une augmentation des compétences de nos personnels.

Cela a rapidement été compris par l’Éducation nationale avec les réformes des diplômes et la mise en place de lycées en STI ainsi que la mise en place de nouvelles technologies numériques dans les établissements scolaires pour aider la montée en compétence de nos élèves. Au-delà de la motivation dont la plupart font preuve, il faut acquérir un socle commun de compétences permettant de parler de la même chose et les professionnels en ont besoin pour cette rénovation énergétique
»

Parmi la trentaine d’élèves en visite sur ce chantier, Clémence s’attarde sur les plans. A 17 ans cette jeune fille est directrice de l’entreprise Ariège Bâtiment Durable dont la mission est de construire et réaliser des projets dans le domaine de la construction durable.

Inutile de préciser que Clémence est comblée par toutes ces découvertes : «ici on a dépassé la RT2012, on est dans le monde de l’énergie passive !»

Les projets qu’elle développe avec 46 autres élèves de l’établissement (4 sections) sont intégrés à l’enseignement général. Cette année il est question d’un projet de peinture à la Moulasse, de sols stratifiés et d’études thermiques.

Laurence Cabrol | 10/10/2014 - 19:29 | Lu: 21679 fois