Gap: dix ans de prison requis contre une mère accusée d'infanticide
© AFP/Archives - Philippe Huguen
Dix ans de réclusion ont été requis vendredi contre une mère de 31 ans jugée devant la cour d'assises des Haute-Alpes pour avoir donné la mort à son nouveau-né en 2012, après avoir accouché seule sur son lieu de travail.
"Ce bébé était un objet encombrant et il est mort seul au monde. Elle ne voulait pas de cet enfant car il représentait un danger pour la relation exclusive qu'elle entretient avec son propre père", a argumenté Inès Delay, l'avocat général, réclamant également à l'encontre de l'accusée cinq années de soins socio-judiciaires.
"Ce n'était pas seulement votre enfant, mais aussi celui de mon client. Ce sont eux les victimes dans cette affaire. Votre geste n'est pas un coup de folie", a soutenu Me Solen Morvan, l'avocate de Sébastien, le père du nourrisson décédé, partie civile.
Au cours des débats ouverts jeudi à Gap, la jeune mère a réitéré les aveux qu'elle avait formulés devant les enquêteurs après le drame. En larmes, elle a également relaté l'avortement gardé secret d'un premier enfant en 2003, et un accouchement sous X en 2008 au début de sa relation de trois ans avec Sébastien.
A la barre, témoins et experts ont souligné l'absence de "déficit intellectuel" de l'accusée, qui se savait enceinte, et évoqué un contexte familial "difficile", marqué par le décès d'une mère alcoolique. "Le déni de grossesse n'est que partiel. Il s'agissait pour elle de la dissimuler aux autres", a développé un expert à la barre.
L'entourage de Coralie B. n'apprendra sa grossesse que dans la nuit du 11 au 12 février 2012, lorsque son employeur découvrira la jeune femme affairée à nettoyer le sol de l'établissement, imbibé de sang. Elle était "livide et très calme", a précisé la gérante à la barre.
Ce soir-là, Coralie, alors âgées de 28 ans, accouche seule dans l'hôtel-restaurant de Puy-Saint-Vincent où elle travaille. Elle coupe elle-même le cordon ombilical, puis étouffe de sa main l'enfant avant d'errer à l'extérieur par -16°c et de le jeter froidement dans un ravin enneigé situé à proximité.
Transportée à l'hôpital de Briançon à la suite de complications médicales, la trentenaire confie son acte au personnel de l'établissement et indique aux gendarmes où se trouve la dépouille de son bébé. Le verdict est attendu dans la soirée.
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