Injures contre Marion Maréchal-Le Pen: le tweet était-il politique ou personnel?

© AFP/Archives - Bertrand Langlois
L'assistant parlementaire d'un sénateur PS, jugé à Paris pour avoir injurié sur Twitter la députée FN Marion Maréchal-Le Pen en la qualifiant à la fois de "conne" et de "salope" en octobre 2013, a expliqué vendredi s'être adressé "à l'élue et non à la femme".
Attaqué pour injure publique envers une personne privée, Jean Bordeau, alors assistant de Jean-Pierre Michel, ex-sénateur socialiste de Haute-Saône, a assuré avoir insulté "l'élue et non la femme (...) dans un cadre politique", celui d'une élection cantonale partielle remportée par le Front national à Brignoles (Var).
M. Bordeau a déclaré avoir twitté en réaction aux "débordements qui ont eu lieu" à l'issue de ce scrutin, reprochant à Marion-Maréchal Le Pen sa passivité devant des militants FN criant "On est chez nous !" devant "des immigrés de première et deuxième génération rassemblés devant la salle des fêtes" de la ville.
"Ce n'est pas le meilleur écrit que j'aie pu produire", a reconnu le prévenu, exprimant ses regrets. "Mais je refuse que l'on m'accuse d'être sexiste ou misogyne", a-t-il martelé, énumérant ses différentes implications dans le combat en faveur des femmes, notamment les femmes battues.
Son avocat, Christian Charrière-Bournazel a plaidé la relaxe, défendant la liberté d'expression. "Nous sommes ici dans le domaine du combat politique" et la députée FN du Vaucluse "avait les moyens d'y répondre par l'intermédiaire de ses partisans", a-t-il souligné, citant des tweets agressifs reçus en retour par son client.
Une version contestée par l'avocat de la députée FN, absente à l'audience, Walleyrand de Saint-Just. Pour lui, l'insulte s'adressait "à l'être humain". Il a également balayé les regrets du prévenu et rappelé que ce dernier avait revendiqué ses propos à l'époque.
"C'est de l'humour bête et méchant. Et si elle ne comprend pas cet humour, je lui enverrai un vieux numéro d'Hara Kiri où on parlait de son grand-père", avait ainsi déclaré M. Bordeau.
Une interprétation suivie par la procureur dans son réquisitoire, qui a souligné "la misogynie inhérente au message" posté sur le réseau social.
"C'est la personne et non la fonction" qui était visée, a-t-elle estimé, soulignant qu'"ici, la liberté d'expression cède devant les attaques personnelles caractérisées".
Le tribunal correctionnel de Paris a mis son jugement en délibéré au 28 novembre.
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