Ax les Thermes: près de 300 étudiants en 6e année de médecine à la source du thermalisme
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Ax-les-Thermes, site d'accueil du troisième congrès thermalisme et innovation en Midi-Pyrénées
Le thermalisme a-t-il un véritable intérêt thérapeutique? Les eaux utilisées ont-elles vraiment des vertus curatives?
Autant de questions débattues lors de cette sortie de terrain réalisée sous l’égide du Professeur Jean-Louis Montastruc, professeur de pharmacologie médicale à la faculté de médecine de Toulouse.
Le thermalisme et ses enjeux économiques
Dix curistes c’est à peu près un emploi supplémentaire créé. Derrière cette question de santé publique se cachent d’énormes intérêts économiques: «le thermalisme est la première ressource économique devant le ski», explique Dominique Fourcade, maire d’Ax les Thermes, bien décidé à travers son plan de relance du thermalisme à maintenir et conforter cette activité sur le territoire.
«Le socle de l’économie à Ax c’est depuis le XIXe siècle le thermalisme thérapeutique et médical, la détente et le thermoludisme sont arrivés en 2009 avec l’espace de 3000 m2 des Bains du Couloubret»
Selon le premier magistrat, «les retombées pour la ruralité sont très importantes. Outre les 70 équivalents temps pleins qui travaillent dans ce secteur sur Ax, il faut compter chaque année 6000 curistes (soit 1,7 avec l’accompagnement) et une vingtaine de nuitées, un poids très lourd sur l’économie des vallées d’Ax.
Aussi pour conforter cette activité et la rendre plus attractive d’importants travaux ont été réalisés: rénovation des établissements thermaux, communication, réalisation de nouveaux bassins en face le téléporté qui permettent de mettre en avant la spécialité thermale de cette cité (200 000 personnes vont passer devant): «aujourd’hui la venue des étudiants de la faculté de Toulouse est un moment très important pour nous, car cela prouve que c’est une véritable thérapeutique enseignée à la faculté de médecine, avec un service médical rendu, prouvé avec des études à la clé, sans aucun effet secondaire et pour un cout relativement faible: il faut compter 400 € pour une cure thermale, c’est l’équivalent d’une journée d’hospitalisation»
Le thermalisme et ses enjeux thérapeutiques
C’est devant un parterre d’étudiants de 6e année particulièrement attentifs que le professeur Montastruc, nouveau membre de l’Académie Nationale de Médecine et fervent promoteur du thermalisme thérapeutique a développé dans son cours magistral les vertus de l’eau thermale.
Une séance de travail dans la salle des congrès du Casino d’Ax avant l’après-midi, une visite sur le terrain des Thermes du Tech puis des Bains du Couloubret afin de leur faire toucher du doigt les vertus de l’eau thermale de la station ariégeoise.
Chaque année, plus d’un demi-million de Français goutent aux joies du thermalisme. Asthme, rhumatismes, maladies de la peau, troubles digestifs, ORL… ces cures sont indiquées pour traiter une douzaine de pathologies.
Au moment où le gouvernement entend trouver près de 10 milliards d’économies ans le budget de la sécurité sociale, l’intérêt et le coût de revient des cures thermales (le thermalisme revient à 230 000 millions d’euros à l’assurance maladie) revient sur le devant de la scène.
Parmi les intervenants, Hervé Gay est médecin thermal à Ax depuis trente-cinq ans. Il reçoit 700 patients chaque année dans son cabinet. Il a pu constater une certaine évolution du travail dans la profession: «autrefois il y avait peu de curistes de 80 ans, actuellement il y en a de plus de 90 ans et nous sommes confrontés avec eux à des polypathologies.
Pendant les trois semaines de cure nous devons veiller à une prise en charge totale du vieillissement, car ces curistes peuvent également avoir des troubles de la marche, de l’instabilité, est sujets aux chutes.
Quant aux effets de la cure, les patients se posent de vraies questions sur les médicaments et reviennent vers une médecine plus douce qui utilise des ressources naturelles… personnellement, étant ancien asthmatique, je puis vous dire que les résultats du thermalisme pour soigner les voies respiratoires sont spectaculaires». Selon lui la cure thermale est un médicament, mais sans les effets indésirables et le thermalisme permet également de redonner confiance en son corps.
Pour les médecins locaux, c’est une activité différente à leurs pratiques habituelles, mais qui leur permet de pratiquer une médecine préventive en réalisant des diagnostics en amont.
À ses côtés, Mireille Oudet, directrice générale de la société Thermale d’Ax, qui a rappelé que les eaux d’Ax sont les plus chaudes de Pyrénées, elles doivent être refroidies pour permettre de traiter les affections rhumatismales (plus de 4000 curistes pas an) et les maladies des voies respiratoires (plus de 2000 curistes). «Les contrôles sanitaires à la source réalisés par l’ARS sont très stricts, l’eau n’est jamais traitée, recyclée ou réutilisée».
Selon le docteur Pierre Duchene-Marullaz, ancien médecin thermal à Capvern les Bains, le thermalisme a beaucoup évolué ces trente dernières années, des recherches systématiques ont prouvé son action véridique et c’est en s’appuyant sur l’exemple de l’étude menée par le Professeur Cadenas de l’université de Bordeaux sur le métabolisme du cholestérol qu’il a démontré aux étudiants les vertus des eaux thermales de Capvern sur le cholestérol.
«La médecine thermale est beaucoup plus intéressante que la médecine généraliste et c’est un ancien médecin de campagne qui vous parle. Le malade durant son séjour vient au moins trois fois en consultation, on a vraiment le temps de faire le tour de ses pathologies et d’en déceler même certaines que son généraliste n’a pas eu le temps de voir».
Quant au professeur Montastruc, chargé de l’enseignement du thermalisme à la faculté de médecine de Toulouse, «il faut contribuer au redéveloppement des stations thermales: toutes les pratiques thermales ont été démontrées, on a évalué avec des techniques modernes des essais cliniques, cela n’a plus a être discuté», mais le professeur a également sensibilisé ses étudiants sur cette discipline ouverte à la médecine générale*: «dans les années à venir on risque de manquer de médecins thermaux, la moyenne d’âge est élevée on compte sur vous pour le renouvellement».
Bref une opération séduction en direction de ces futurs prescripteurs de cures thermales qui pourraient également être dans les années à venir de futurs candidats à l’installation.
*Pour pouvoir prescrire les cures thermales, il faut être titulaire d’une capacité en médecine thermale qui se prépare sur deux ans exclusivement à la faculté de Toulouse et qui dans une prochaine réforme pourrait être intégrée au cursus de 4e année.
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