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Les chiffres de l'INSEE ont parlé: la croissance démographique de l'Ariège s'accélère

© midinews 2014

Au 1er janvier 2011, l’Ariège comptait 152 300 habitants.

Une croissance démographique deux fois plus forte sur la période récente 2006-2011 que sur la tendance de long terme 1982-2011 : +0,8 % par an (soit +1200 habitants par an entre 2006 et 2011) contre +0,4 %. Son rythme d’accroissement annuel est désormais proche de celui de Midi-Pyrénées (+0,9 %) et largement supérieur à celui de la France Métropolitaine (+0,5 %).

Des éléments passés au crible par Jean-Philippe Groutier de l’INSEE et présentés ce mardi matin au collège des chefs de service en présence de Nathalie Marthien, préfet de l’Ariège.

Une nouvelle méthode d’analyse sur la période 2006-2011
«Nous avons pour la première fois et grâce à cette nouvelle méthode qui se substitue au comptage traditionnel organisé tous les huit ou neuf ans, une technique d’enquête annuelle permettant aux communes de disposer de données fraiches actualisées chaque année* Avec ce procédé on peut faire des comparaisons, voir si l’on s’inscrit dans du long terme ou s’il s’agit d’une rupture» indique en préliminaire ce technicien qui a divisé le territoire en quatre zones : Basse Ariège, Pays d’Olmes, Couserans et Haute-Ariège.

Une croissance démographique forte en raison des migrations : la basse Ariège concentre à elle seule les ¾ de l’augmentation de la population.

Les chiffres parlent par eux-mêmes, la population du département augmente entre 2006 et 2011 et cette croissance démographique est presque uniquement due à l’installation de nouveaux habitants.

Le taux d’accroissement annuel de la basse Ariège, constitué de la plaine d’Ariège ainsi que des vallées de la Lèze et de l’Arize, est deux fois plus élevé que celui du département : +1,6 %. Le dynamisme est plus fort le long des axes routiers desservant la métropole régionale (notamment l’A66 entre Toulouse et Pamiers) pour autant on enregistre également une croissance de 3,6 % l’an à Mazères  ou +2,1 % l’an à Saverdun qui voit une arrivée massive de personnes qui travaillent sur Toulouse et qui cherchent de l’immobilier en Ariège.

Pour Jean-Philippe Groutier, ce constat est riche en enseignements, car il doit permettre aux communes concernées d’anticiper sur l’avenir en créant de nouveaux services et des équipements adaptés à cette nouvelle demande.


Une croissance moins soutenue sur les autres territoires
Dans le reste du département, la population ne croit que légèrement sur la période récente même si la tendance s’améliore sur le long terme : «l’amélioration de la croissance profite à l’aire urbaine de Foix (+0,5 %/an), Tarascon par contre perd toujours des habitants (-0,4 %) et Ax les Thermes a perdu 150 habitants, en moins de 5 ans, ce qui est considérable au regard des enjeux des dotations. Un habitant correspond à 100 euros de dotation globale de fonctionnement de plus ou de moins. 150 habitants en moins c’est tout de même 15 000 € de budget de l’Etat en moins pour la commune»

La population de la Haute-Ariège progresse un peu plus vite sur la période récente (+0,4 %), alors que dans le Couserans le taux d’accroissement annuel atteint +0,5 % entre 2006 et 2001 (il est nul sur une longue période).

«St Girons continue à perdre quelques habitants, mais la zone de St Girons s’équilibre avec des arrivées migratoires sur du long terme. Son aire d’influence gagne des habitants (+0,5 %) notamment grâce à l’attractivité de sa proche banlieue (Eycherl, Lorp) ou de sa couronne (Rimont, Mercenac, Soueix). Certaines personnes travaillant sur l’agglomération toulousaine viennent s’installer à la sortie de l’autoroute, preuve que ce territoire attire d’autres populations que les retraités»

En revanche dans le Pays d’Olmes la croissance démographique est stable, faisant suite au tassement de la population dans les années 1990 due au déclin du textile. Lavelanet enregistre toujours un déclin démographique de -1 % l’an.

«Nous sommes dans une zone qui ne bénéficie pas de la dynamique toulousaine et il n’y a pas de véritable moteur androgène qui redynamiserait le territoire. Laroque et Villeneuve perdent toujours des habitants et Mirepoix évolue peu depuis 30 ans»

En résumé la basse Ariège profite de l’activité de l’agglomération toulousaine, le reste du département en marge de cette dynamique voit cependant sa croissance économique s’améliorer grâce à l’attraction des communes rurales.  
 
Un vieillissement de la population moins marqué et plus de diplômés
La poussée démographique de l’Ariège bénéficie de deux moteurs: l’apport migratoire, principalement, mais aussi l’excédent naturel. Traduisez, un nombre de naissances légèrement supérieur à celui des décès sur certains territoires comme la Basse — Ariège. Les quatre territoires sont globalement attractifs : il y a un excédent migratoire apparent pour tous les territoires sauf la Haute-Ariège et un solde naturel en amélioration (sauf pour le Pays d’Olmes) et même désormais un excédent naturel pour la Basse-Ariège.

Selon l’INSEE le vieillissement de la population est moins fort depuis 1982 : «L’Ariège n’est pas au niveau du Lot ou de la Creuse. La population ariégeoise est âgée en moyenne de 44,1 ans en 2011 contre 40 ans en France métropolitaine. Comme partout en France la population vieillit dans le département, mais de manière plus lente qu’ailleurs»

Par contre le poids des ouvriers reste important (24 %) même s’il a été divisé par trois en 30 ans «A contrario la population des cadres et des employés a augmenté : un actif sur 3 est désormais cadre ou exerce une profession intermédiaire.

Avec cette montée en qualification, c’est une page s’est tournée du passé industriel du département et qui est train de se “tertiariser”. L’augmentation de la qualification est également à lire sous le prisme de l’installation des nouveaux résidents travaillant à Toulouse et vivant en Ariège essentiellement pour des raisons économiques liées à l’immobilier ou à la qualité de vie. Le nombre des agriculteurs est en constante diminution
»

L’INSEE souligne que paradoxalement la superficie des terres augmente.

Quant à la qualification, il y a une forte évolution au sein de la population ariégeoise puisque plus d’un Ariégeois sur cinq est titulaire d’un diplôme supérieur. «En 1982 75 % de la population n’avait aucun diplôme (10 % un CAP-BEP et 8 % le bac) aujourd’hui ils sont 35 % à ne pas avoir de diplôme et 20 % ont des diplômes supérieurs. C’est un élément important à mettre en corrélation avec les services publics de l’Emploi… il y a une évolution à noter : la qualification et le type d’emploi recherché est en évolution.

C’est une chance et une forme d’exigence, l’appareil économique doit être en mesure d’offrir des emplois adaptés à ces nouvelles populations. Cependant les actifs d’aujourd’hui en Ariège n’ont plus grand-chose à voir avec les actifs d’il y a 30 ans. Il faut déconstruire les images, car les choses ont évolué
»

Selon Jean-Philippe Groutier, le niveau de qualification en Ariège évolue favorablement, mais reste encore en deçà du niveau national.

Au final si la basse Ariège tire véritablement son épingle du jeu avec l’arrivée d’une économie «présentielle», force est de constater que le département en entier a su profiter en 20 ans de l’intégration de cette nouvelle population «qui doit être considérée comme une véritable opportunité pour développer la propre autonomie de ce territoire doté de nombreux atouts».

Ces chiffres sont à retrouver sur www.insee.fr

*la méthode d’enquête varie selon le seuil de population fixé par la loi à 10 000 habitants. Les communes de moins de 10 000 habitants sont recensées une fois tous les cinq ans par roulement. Dans les communes de 10 000 habitants ou plus, un échantillon de al population est recensé chaque année. Concrètement, environ 9 millions de personnes sont recensées chaque année, soit 14 % de la population vivant en France

Compte-rendu de l'évolution de la population des communes du département de l'Ariège entre 1982 et 2011 (PDF - 34,2 Ko)

Laurence Cabrol | 09/12/2014 - 19:02 | Lu: 25893 fois