Relaxe de La Poste poursuivie pour harcèlement moral
© AFP/Archives - Eric Piermont
La Poste, son ancien PDG Jean-Paul Bailly et plusieurs responsables, poursuivis par une ancienne cadre pour harcèlement moral, ont été relaxés vendredi par le tribunal correctionnel de Paris.
La plaignante, Astrid Herbert-Ravel, a lancé les poursuites sur citation directe, une procédure sans enquête de police dans laquelle le tribunal juge sur la foi des pièces produites par chacune des parties.
Chose rare dans ce type de procédure, le parquet avait pris des réquisitions et demandé aux juges de la 31e chambre de condamner La Poste à 100.000 euros d'amende. Une peine d'amende de 5.000 euros avait en outre été requise contre cinq responsables de l'entreprise, en écartant toutefois la responsabilité pénale de son ancien PDG Jean-Paul Bailly.
"La preuve a été apportée aux magistrats qu'il n'y avait aucun harcèlement", a réagi après le jugement l'avocat des prévenus, Me Marc Bellanger.
La Poste s'est dite "satisfaite de cette décision qui est conforme à la réalité et à la nature des relations entretenues par l'entreprise avec cette ancienne collaboratrice".
Mme Herbert-Ravel s'est dite "très déçue". "On savait dès le départ que (...) les forces étaient inégales", mais "c'est un combat de dignité et je le poursuivrai, et je suis sûre qu'à la fin, la justice vaincra", a-t-elle ajouté.
"Beaucoup de surprise et de déception", a réagi l'une des ses avocates, Me Christelle Mazza. "Aujourd'hui, c'est un peu dur, mais le combat n'est pas terminé."
Mme Herbert-Ravel va faire appel, selon son autre avocate, Me Elodie Maumont, espérant que le parquet en fasse autant.
Sortie en 1993 de la prestigieuse École nationale des postes et télécommunications (ENSPTT), Astrid Herbert-Ravel devient en 2001 responsable des ressources humaines au service financier à la délégation Ile-de-France, qui employait 35.000 personnes.
A l'arrivée d'un nouveau supérieur l'année suivante, elle se plaint de harcèlement moral et sexuel et cherche à changer de service.
Les faits initiaux, prescrits, ont selon elle été suivis par ce qu'elle dénonce comme un harcèlement institutionnel. "J'ai payé de ne pas avoir voulu me taire", avait-elle déclaré le 4 septembre devant le tribunal.
Pendant neuf ans, Mme Herbert-Ravel a tenté de régler l'affaire en interne, selon ses avocates, pour qui La Poste a mené une "politique de déni".
Période pendant laquelle la plaignante affirme avoir été "mise au placard", installée dans un bureau entre l'escalier de secours et les toilettes, loin des bureaux des collègues de son service, ou "oubliée" en congé maladie. Elle se plaint de "propos humiliants et vexatoires". Elle a connu dépression et tentative de suicide.
Mme Herbert-Ravel a saisi la justice une première fois en 2011, avant de se désister, car une transaction financière lui octroyant quelque 300.000 euros -mais elle n'a finalement rien touché- lui avait été proposée en échange de son départ de la fonction publique. Un accord illégal selon sa défense, qui estime qu'"on a essayé d'acheter son silence".
Elle demandait 1,255 million d'euros de dommages et intérêts. Une demande "totalement démesurée", selon Me Bellanger, qui avait estimé avant le procès que la plaignante menait une "croisade" contre La Poste qu'elle cherche à "salir" et "refait l'histoire".
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