Le microcrédit comme moteur pour l'emploi des jeunes des quartiers
"Quand on a ni argent ni relation, monter sa propre entreprise relève du parcours du combattant". C'est pour accompagner les jeunes comme Jamel, 33 ans, désormais à la tête d'un centre de lavage automobile sans eau, que l'ADIE propose formations et aides au microcrédit, comme solution pour l'emploi.
Comme beaucoup de jeunes des quartiers, Jamel a essuyé plusieurs refus de banques avant de pouvoir obtenir un crédit et d'ouvrir un compte professionnel. Pour cela, il a eu besoin du coup de pouce de l'association.
Ouvrier pendant plusieurs années d'un parcours en dents de scie, il a voulu mettre à profit son savoir-faire et ouvert une activité il y a trois ans à Saint-Denis (93).
"J'ai commencé avec trois véhicules par mois, aujourd'hui, je suis à plus de 200, et je viens d'ouvrir un 2e centre à Bondy", explique Jamel, qui emploie désormais deux personnes.
Pour l'Association pour le droit à l'initiative économique (ADIE), la création d'entreprise est une des possibles réponses au chômage. Et afin de guider les candidats, l'ADIE a notamment mis en place le parcours Créa'jeunes.
"Avec cette formation, les jeunes ont deux mois pour faire une étude de marché, monter un business plan, établir une stratégie commerciale", explique Véronique, bénévole à Créa'jeunes et retraitée de BNP Paribas.
Autour d'une grande table, dans une atmosphère à la fois studieuse et décontractée, Alex, 22 ans, se prête à l'un des exercices proposés. Il s'agit d'une simulation d'un appel pour rechercher des partenaires. Le jeune homme aspire à monter son entreprise de peinture en bâtiment et doit démarcher des fournisseurs.
"Tu avais l'air à l'aise, mais tu aurais dû demander directement les coordonnées de la personne à contacter", glisse Audrey, 28 ans, qui souhaite se lancer dans la distribution de courts métrages.
Après le jeu de rôle, place au debriefing. Chacun apporte ses remarques et ses conseils, sous la houlette attentive des deux bénévoles.
- 'Une dynamique positive' -Depuis un an et demi, Khalil Nouna, 27 ans, originaire de Franche-Comté, s'est installé en Ile-de-France afin de créer une entreprise de pâtisserie fine marocaine.
Auparavant agent logistique chez PSA, Khalil était lassé par un "rythme décalé" et voulait se mettre à son compte. Mais il a dû frapper sans succès à de nombreuses portes avant que Pôle emploi ne le dirige vers l'ADIE, "en tout dernier recours".
En 2012, Créa'jeunes a impliqué 323 jeunes en Ile-de-France.
Selon Grégoire Héaulme, directeur de l'ADIE dans cette région, "75% des jeunes qui passent par ce dispositif retrouvent le chemin de l'emploi, la moitié grâce à leur entreprise, un quart par l'accès à un travail salarié pérenne".
"Même pour ceux qui ne parviennent pas à lancer leur propre activité, explique M. Héaulme, le but est de se replacer dans une dynamique positive, d'apprendre à se valoriser par rapport à un employeur".
En moyenne, un tiers des jeunes du dispositif obtiennent un financement obtenu par l'ADIE. "L'objectif est d'augmenter ce chiffre", ajoute le responsable régional.
Au total, en 2014, plus de 16.000 microcrédits ont été accordés, soit 14% de plus qu'en 2013, et près de 13.000 nouveaux emplois ont été créés ou pourvus grâce à l'accès à ce financement.
Mais la création d'emploi n'est plus désormais l'unique objectif de l'ADIE, présente dans 88 quartiers classés en zone "politique de la ville". "Nous concentrons aujourd'hui nos efforts pour travailler à la rentabilité et à la pérennisation des entreprises", rappelle la présidente, Catherine Barbaroux.
"J'ai pas mal ramé avant d'ouvrir mon activité de sellier-garnisseur, et je n'en vis pas encore", reconnaît Alexandre, 49 ans, installé à Déville-lès-Rouen (Seine-Maritime).
"On s'est aperçu que les entrepreneurs mettaient du temps à se payer convenablement", souligne Mme Barbaroux. "Il faut assurer un suivi, affirme encore la présidente de l'ADIE, en ayant bien à l'esprit que notre logique est de perdre nos clients et de les laisser voler de leurs propres ailes".
dans la même rubrique
- Prix du porc: les industriels de la viande engagent un bras de fer
- MH370: le littoral de Saint-André de La Réunion passé au peigne fin
- Plus mauvaise audience de son histoire pour TF1 en juillet
- Paris Plages: "Tel Aviv sur Seine" prévu jeudi provoque une vive polémique
- L'Hermione accoste à Brest au son des canons après une traversée agitée
- François Rebsamen redevient maire de Dijon et quittera le gouvernement
- Marseille: Labrune sur un volcan
- Tarnac, dossier terroriste ? Le bras de fer procédural continue
- Les citadelles cathares rêvent de nouveaux sommets
- Valls annonce un comité sur la sécurité routière "à la sortie de l'été"
- Une centaine de migrants interpellés dans un train de Vintimille
- Ines de la Fressange conteste en appel sa condamnation à détruire sa maison constuite sans permis
- Mistral : le texte sera examiné "dès la rentrée parlementaire"
- Les indépendantistes corses veulent accéder au pouvoirs par les urnes
- Bombardes, soleil et affluence au Festival interceltique de Lorient
- Drôme: une fillette de 3 ans "oubliée" sur une aire de repos de l'A7




