Gironde: Bazas fête ses "Boeufs Gras" depuis le Moyen-Age

© AFP - Nicolas Tucat
Des milliers de personnes ont assisté jeudi à la "Fête des Boeufs Gras" du carnaval de Bazas (Gironde), une fête vieille de plus de 700 ans qui célèbre chaque année la race bovine bazadaise, au son des fifres et des tambours.
Cette tradition des "boeufs gras" remonte à 1283, une époque où le roi d'Angleterre Edouard Ier règnait sur l'Aquitaine, dont Bazas est l'une des principales cités. Dans le cadre du partage des pouvoirs avec l'évêque de Bazas, le Duc local décrète que chaque année, à la Saint-Jean, les bouchers de la ville doivent offrir un taureau au clergé.
En compensation, la corporation des bouchers obtenait divers privilèges, dont celui de promener leurs boeufs dans les rues de Bazas le jeudi précédant le Mardi Gras, à l'occasion d'une grande fête.
La "Fête des Boeufs Gras" se perpétue à Bazas depuis cette date et se prépare des mois à l'avance, le temps d'engraisser les boeufs pour qu'ils atteignent des poids records, entre 800 kg et une tonne.
Nourris au maïs, à l'orge et au foin, ils paissent en liberté jusqu'à l'âge de quatre ans. Six mois avant le Jeudi Gras, ils sont installés dans une étable d'où ils ne sortiront qu'une semaine avant la fête. Un calme nécessaire pour que leur chair soit bien tendre, expliquent les éleveurs.
Les bêtes sont ensuite brossées tous les jours afin que la graisse pénètre dans le muscle de l'animal et donne une viande persillée, très réputée.
Jeudi comme chaque année, les boeufs ont été pesés, enrubannés et couronnés de fleurs avant de défiler longuement dans les rues de Bazas, s'arrêtant devant chaque boucherie pour "une aubade". Escortés par des jeunes gens en costumes folkloriques juchés sur des échasses, ils sont alors amenés sur la place de la Cathédrale. Bénis par un prêtre, les animaux sont ensuite tâtés et scrutés à la loupe par un jury composé de douze professionnels, qui décerne trois prix: conformité aux critères de la race bazadaise, meilleures aptitudes bouchères et musculature la plus imposante.
Perdants et vainqueurs sont très vite réconciliés puisque tous les boeufs participant au défilé finissent à l'abattoir de la ville.
La race bazadaise est élevée dans cinq départements (Gironde, Landes, Gers, Hautes-Pyrénées et Lot-et-Garonne), pour un cheptel totalisant quelque 6.000 têtes.
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