Pamiers: les salariés de la SCE s'invitent à la première réunion du Service public de l'Emploi départemental (SPED)
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Tous les acteurs publics chargés de l’application de la politique de l’emploi et de la formation professionnelle se sont retrouvés ce matin à la mairie de Pamiers pour la première réunion technique du SPED réuni sous l’autorité du sous-préfet d’arrondissement: Services de l’État (DIRECCTE, Éducation nationale), les opérateurs du service public de l’emploi (Pôle Emploi, Cap Emploi, les missions locales…), le directeur de l’agence économique du Conseil général, les Chambres consulaires, l’UPAP, les représentants des centrales syndicales… etc.
À l’ordre du jour de ce comité technique, les mutations économiques. Une opportunité saisie par les 45 salariés de la Société Centrale d’Eclairage de Lézat sur Lèze, actuellement en période d’observation dans le cadre d’une procédure de liquidation judiciaire.
Des salariés qui ont le sentiment d’être un peu abandonné, en tout cas écartés des débats alors qu’il s’agit pourtant de leur avenir: «nous avons connu deux repreneurs en moins de dix ans, tous deux sont repartis en s’en mettant plein les poches alors que ceux qui restent une fois de plus sur le carreau, ce sont les salariés, les gens d’ici…
On ne veut plus de ce fatalisme-là, nous avons décidé de prendre les choses en main depuis dix jours on frappe à toutes les portes, on met toute notre énergie a continuer à honorer nos commandes (car les clients nous font encore confiance) tout en cherchant des solutions pour pérenniser notre emploi.
La SCE c’est 60 ans de savoir-faire et d’innovations, on ne va pas en rester là» indique Jean-Michel Denys, un des délégués du personnel, ce matin devant la mairie.
C’est avec le soutien de la CGT que les salariés de la SCE mènent leur croisade pour l’emploi
«Nous avons eu connaissance de la situation de notre entreprise il y a un mois à peine, indique Christelle Masot, déléguée du personnel.
Ce que nous reprochons à l’actuelle direction c’est d’avoir été mis devant le fait accompli et de devoir à présent courir pour chercher de l’information, des éléments financiers nous permettant de poursuivre cette lutte collective et proposer une alternative avant le 31 mars».
C’est aux côtés de Frédéric Birebent, de l’UD CGT que les salariés se sont invités à cette réunion et ont pu prendre la parole devant cet aréopage de spécialistes très attentifs: «plus de trois ans après la première liquidation judiciaire, on a une impression de déjà vue, a posé en préambule le responsable de la centrale syndicale. En 2011 on avait le choix entre un gâchis financier ou un gâchis social.
Nous avions dès le départ de doutes sur les capacités d’investissement de M. Bonneville. On n’avait pas tort. Mais la question aujourd’hui c’est de savoir pourquoi la CGT et les salariés ont été écartés des débats alors qu’il s’agit tout de même de leur avenir. On vient nous chercher seulement pour gérer des problèmes sociaux…
Il faudrait peut-être davantage se respecter et notamment nous associer dans la réflexion y compris dans des périodes d’anticipation. Si nous vous avons demandé de mettre le dossier de la SCE à l’ordre du jour de cette réunion c’est que nous avons besoin de savoir quels sont les éléments mis sur la table, car il y a des potentialités de reprise des salariés qui ne doivent pas être écartées».
Avec l’expérience passée, les délégués du personnel se sont rapprochés du cabinet d’expertise Secafi permettant ainsi d’avoir accès aux comptes et de se repositionner le cas échéant comme repreneur: «nous avons appris qu’un repreneur était sur site vendredi dernier, nous l’avons rencontré, mais il avait été reçu au préalable à la préfecture de Région.
Bien qu’il n’ait à ce jour aucun projet industriel, il a eu accès à tous les dossiers» s’étonne Frédéric Birebent qui parle du manque de confiance vis-à-vis des salariés de la SCE qui ont pourtant pour la plupart plus de trente ans de maison.
Des salariés en ordre de combat pour pérenniser leur activité
Ils ont fait part de leur détermination par la voix de leurs délégués du personnel: «faire front commun et se donner un autre avenir».
Ils ont reconnu que la SCE contrairement aux autres entreprises dans la difficulté (que ce soit le textile ou l’industrie papetière) avait beaucoup de savoir-faire et peu d’investissements lourds: «nous ne voulons pas avoir les pieds dans le même sabot et d’ici la fin de la période d’observation nous entendons apporter des alternatives, nous avons des idées sur le positionnement des produits, les investissements.
Nous sommes dans un travail de réflexion de reprise pérenne. Nous restons mobilisés, nous avons encore eu plus de 90 000 € de commande cette semaine. Chacun doit apporter sa pierre à l’édifice».
Robert Claude, responsable de l’UT-DIRECCTE a tenu à préciser que la réunion à la préfecture de Région avait pour seul but d’entendre les propositions du repreneur potentiel: «je vous rappelle que nous sommes dans une procédure judiciaire.
Un administrateur judiciaire, Maitre Fourquié, est investi par le tribunal de Commerce et c’est auprès de lui que le potentiel repreneur doit déposer une offre formalisée.
Il est également chargé de faire l’état des lieux sur ces dossiers de poursuite d’activité dans un rapport qu’il fournit au TA qui intègre l’identification d’une ou plusieurs offres de reprises finalisées (appuyées sur un business plan, non pas sur un engagement verbal). Le tribunal a trois mois pour statuer au final».
«On ne va pas attendre le Messie» conclut Frédéric Birebent. Nous sommes sur plusieurs pistes de réflexion: reprise en SCOP, en SCIC, projet alternatif de haut niveau…
Les salariés ne vont pas attendre un potentiel repreneur sans rien tenter de leur côté. Mais il est plus difficile pour nous d’agir si nous n’avons que des bribes d’informations. C’est pour cette raison que nous demandons une table ronde et que nous nous sommes invités à cette réunion».
Les services de l’État ont convenu de la nécessité de croiser les informations et d’avoir une vision globale de la situation pour être davantage efficace. La DIRECCTE favorable à cette démarche a proposé l’expertise de ses services pour aider les salariés à monter une offre ou mobiliser les repreneurs.
Les élus se penchent également sur le dossier de la Société Centrale d’Éclairage. Ce vendredi soir, Alain Fauré, député de l’Ariège a demandé à rencontrer les salariés à Lézat.
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