Thermalisme en Ariège: record de fréquentation en 2014
Crédit photo: Alain BaschenisPlus de 8000 curistes sont venus en 2014 effectuer une cure thermale dans l’une des trois stations ariégeoises: Ax les Thermes, Aulus les Bains et Ussat les Bains.
Un chiffre qui ne cesse d’augmenter d’année en année, incitant les professionnels à investir dans la qualité des offres et à rajeunir l’image du thermalisme.
C’est la plus forte fréquentation depuis 2009, année de référence où les sites thermaux ariégeois avaient enregistré 7 728 curistes (selon les chiffres de l’observatoire du tourisme ADT).
Derrière l’arithmétique des chiffres et les questions de santé publique se profilent de véritables enjeux économiques que les élus ou les responsables de stations thermales examinent de près : dix curistes c’est à peu près un emploi supplémentaire créé.
Et pour le maire d’Ax les Thermes, Dominique Fourcade, bien décidé à travers son plan de relance du thermalisme à maintenir et conforter cette activité sur le territoire, il n’y a pas photo: «le thermalisme c’est la première ressource économique devant le ski. Le socle de l’économie axéenne depuis le XIXe siècle repose sur le thermalisme thérapeutique et médical, la détente et le thermoludisme ne sont arrivés qu’en 2009».
Selon lui les retombées sur les territoires ruraux sont très importantes.
Outre les 70 équivalents temps pleins qui travaillent dans ce secteur sur Ax, il faut compter que chaque année à ces milliers de curistes et leurs accompagnants c’est une vingtaine de nuitées, de sorties, de loisirs, de restaurants… au final un poids non négligeable sur l’économie des vallées d’Ax (soit un chiffre d’affaires de 5,2 M€ pour les cures et le thermoludisme).
Un véritable intérêt thérapeutique
Chaque année plus d’un demi-million de Français goutent aux joies du thermalisme: asthme, rhumatismes, maladie de la peau, troubles digestifs, ORL… des cures prescrites pour soigner une douzaine de pathologies.
Au moment où l’on parle d’économies dans le budget de la sécurité sociale, la prise en charge des cures thermales revient régulièrement sur le devant de la scène.
Pour les médecins thermalistes et notamment pour le professeur Montastruc, membre de l’Académie Nationale de Médecine et fervent promoteur du thermalisme thérapeutique, la cure thermale est un médicament, mais sans les effets indésirables: «toutes les pratiques thermales ont été démontrées, nous avons évalué par des techniques modernes des essais cliniques, cela n’est plus discuté… et n’en déplaise à leurs détracteurs les cures thermales coûtent peu cher, elles représentent à peine 0,37 % du budget de la sécurité sociale pour des bénéfices déjà largement validés».
Rajeunir l’image du thermalisme
Pour attirer davantage de clients, les stations doivent faire preuve d’innovation. Notamment grâce au plan de rénovation du thermalisme lancé en 2004 Midi-Pyrénées qui a permis de moderniser certains sites.
À Ax les Thermes, la commune met en place en 2009 une étude pour essayer d’enrayer la stagnation de fréquentation de son activité thermale. Un plan d’action réunissant acteurs privés et publics est labélisé PER Pôle d’Excellence Rurale.
Il a permis grâce au soutien exceptionnel des partenaires financiers de réaliser jusqu’à 2014 des travaux d’embellissement et d’aménagement du Teich, mais également le réaménagement du quartier des bains en centre-ville.
Un projet pluridisciplinaire visant à réaffirmer l’identité thermale de la cité doublé d’une campagne de communication tonique autour du slogan «Ax So Relax» visant à frapper les esprits et donner envie de plonger ses pieds dans les bassins et fontaines.
De son côté les eaux d’Ussat réputées pour soigner les maladies neurologiques, les affections psychosomatiques, proposent depuis une dizaine d’années un programme d’accompagnement spécifique aux curistes atteints de Parkinson qui a fait ses preuves.
Aulus, la station thermale du Couserans est quant à elle davantage orientée vers les maladies métaboliques, la prise en charge de l’obésité, du cholestérol ou du diabète. Depuis trois ans, elle enregistre chaque année une augmentation de 15% de ses curistes.
Outre la réhabilitation des installations, toutes ces stations se sont également orientées vers le bien-être permettant aux visiteurs de profiter des vertus de l’eau thermale sans prescriptions médicales.
«Le thermoludisme a permis de dynamiser et de diversifier l’image du thermalisme», indique Denis Puech, responsable des l’observatoire du Tourisme de l’agence de développement touristique (ADT) de l’Ariège. En Ariège, plus de 140 000 personnes se tournent vers cette offre.
Depuis 2009 les Bains du Couloubret à Ax (seul site à utiliser ce terme de thermoludisme) proposent en toute saison la découverte des plaisirs de l’eau à plus de 33° sous toutes ses formes: bassins d’eau thermale avec buses de massages, cols de cygne, nage à contrecourant, vapeur sèche pour le sauna, vapeurs humides pour le hammam.
À Aulus on parle davantage d’aquadétente, l’eau arrive froide et est réchauffée à 32° (les propositions sont variées: hammam, jacuzzi et jets massants) alors qu’à Ussat ce sont des soins bien-être avec bains hydromassage ou douches au jet effectuées individuellement.
Quelles que soient les prestations proposées, les trois centres ariégeois visent l’excellence. Pour preuve ils se sont engagés d’ici 2017 dans la voie de la certification Aquacert. Pour l’acquérir, ces stations thermales ont commencé à former leurs personnels (voir notre article du 6 janvier 2015).
Emmanuel San Filippo, directeur d’Ussat les Bains est catégorique «ces formations permettant l’acquisition d’un socle commun de connaissance contribuent à pérenniser l’emploi et positionnent nos établissements au niveau national face aux contraintes de la concurrence». Le thermalisme constitue une véritable opportunité économique que le département de l’Ariège entend bien saisir.
| Le thermalisme pyrénéen fait sa pub à la télé Avec ses 17 stations thermales, ses 23 établissements et ses 17 centres thermoludiques, Midi-Pyrénées est la 4e région la plus dynamique en matière de thermalisme. Et pour le faire savoir auprès du grand public, une grande campagne a été lancée depuis le 5 janvier sur les chaînes de télévision nationales à l’initiative de la Région Midi-Pyrénées et du Comité régional du Tourisme (CRT). Le spot baptisé «Les eaux essentielles de Midi-Pyrénées» dure trente secondes et met en valeur les atouts des stations thermales essentiellement basés au pied des pistes ou sur la chaine des Pyrénées, une campagne de communication qui tombe à pic alors que la neige attire actuellement de nombreux touristes sur les domaines skiables. |
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