Juppé appelle à "organiser" la sortie de la Grèce de l'euro si elle le souhaite

© AFP/Archives - JOEL SAGET
Alain Juppé (Les Républicains) a estimé lundi que l'Union européenne devait aider la Grèce à sortir "sans drame" de la zone euro, si tel était vraiment le voeu des électeurs grecs, souhaitant qu'elle puisse y rester "mais pas à n'importe quel prix".
"Il est très important de bien stabiliser la zone euro, de ne pas la fragiliser (...) Il faut que les règles et les disciplines qui la gouvernent soient respectées par tout le monde", a déclaré M. Juppé à des journalistes à Bordeaux, au lendemain du rejet du plan des créanciers par les électeurs grecs.
"Si on se contente de prolonger la situation actuelle, on se retrouvera avec les mêmes difficultés dans trois ou quatre ans", a jugé le candidat à la primaire de droite en vue de l'élection présidentielle de 2017, mettant en garde contre toute décision précipitée "qui pourrait ensuite donner lieu à des précédents".
Selon le maire de Bordeaux, "il faut faire preuve de sang-froid et chercher des solutions durables (...) pour que la Grèce reste dans la zone euro, mais pas à n'importe quel prix".
"La Grèce n'est plus en mesure aujourd'hui d'assumer les disciplines de la zone euro. Chercher à l'y maintenir à tout prix, par des arrangements de circonstance, fragiliserait l'ensemble du système", analysait un peu plus tôt Alain Juppé, dans un billet publié sur son blog.
"Nous devons l'aider à organiser sa sortie, sans drame. Ce qui ne veut pas dire qu'elle doit aussi sortir de l'Union", ajoutait-il.
"Si la Grèce refuse les disciplines et les règles de la zone euro", il faut l'aider à en sortir, "si c'est son souhait", a-t-il ensuite expliqué, pressé par des journalistes de préciser ses propos.
"On est attaché à sa présence dans l'Union européenne. Je souhaite fortement qu'elle y reste, mais il y a des pays qui ne sont pas dans la zone euro et qui sont dans l'Union européenne", a dit l'ancien chef de la diplomatie française.
Interrogé sur cette sortie, le ministre de l'Economie Emmanuel Macron a indiqué qu'il "ne partage(ait) pas du tout cet avis". Au sein des Républicains, le député Henri Guaino, tenant d'une ligne plus souverainiste, s'est félicité du "non" grec au référendum, synonyme d'un "retour" des "peuples". Une sortie de la Grèce de la zone euro "ne serai(t) pas sans conséquences" et "ouvrirait une brèche", a-t-il averti.
Pour Alain Juppé, le "non" grec au référendum illustre également les difficultés auxquelles la zone euro est elle-même confrontée. "On ne peut faire fonctionner une monnaie unique sans un véritable gouvernement économique, capable de prendre des décisions rapides et d'organiser la convergence des économies de la zone", estime-t-il.
"Des progrès ont été faits sur le plan budgétaire et bancaire. Mais il faut maintenant aller plus loin dans l'intégration, notamment fiscale", préconise-t-il.
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