Laurent Fabius annonce qu'il se rendra prochainement en Iran

© AFP/Archives - CHRISTIAN BRUNA
Le chef de la diplomatie française Laurent Fabius a annoncé mercredi son intention de se rendre prochainement en visite en Iran, après la conclusion de l'accord historique entre Téhéran et les grandes puissances sur le programme nucléaire du pays.
Il a indiqué avoir reçu mardi une nouvelle invitation de son homologue iranien, Mohammad Javad Zarif, à effectuer un tel déplacement.
"Il m'avait déjà invité mais je n'avais pas accepté cette invitation. Je lui ai dit que j'irai en Iran donc j'irai en Iran", a déclaré M. Fabius sur la radio française Europe 1.
Il n'a pas précisé à quelle date il pourrait effectuer cette visite, qui pourrait être l'une des premières d'un haut responsable occidental à Téhéran dans la foulée de l'accord arraché mardi à Vienne pour mettre fin à douze années de tension autour du nucléaire iranien.
Laurent Fabius a souligné les "perspectives importantes" qu'ouvre pour les entreprises françaises la réintégration attendue de l'Iran dans la communauté internationale grâce à cet accord, mais a récusé que Paris l'ait soutenu pour des raisons prioritairement commerciales.
"Le commerce est très important, ça permet la croissance. C'est très important pour les Iraniens, c'est très important pour nous", a reconnu le ministre français.
Mais, a-t-il insisté, "la France a été dans une position de fermeté constructive pendant toute cette négociation et lorsque le président de la République (François Hollande) et moi-même avons pris notre décision stratégique (ndlr, de soutenir l'accord) (...), nous n'avons pas pris cette décision pour des raisons commerciales".
"Nous l'avons prise pour des raisons stratégiques, parce que nous voulions éviter la prolifération nucléaire et nous savions que si nous pouvions arriver à un accord, mais un accord très solide, nous pouvions éviter cette prolifération", a-t-il défendu.
Le ministre a par ailleurs fait état d'une démarche commune avec ses homologues britannique et allemand, Philip Hammond et Frank-Walter Steinmeier, auprès du secrétaire d'Etat américain John Kerry pour éviter aux entreprises européennes qui s'engageraient dans des transactions en dollars avec l'Iran de s'exposer aux déboires judiciaires connus aux Etats-Unis par le géant bancaire français BNP Paribas, en cas de rétablissement à l'avenir de sanctions contre Téhéran.
"Beaucoup de banques qui s'occupent de financer des investissements ont également des filiales aux Etats-Unis et donc travaillent parfois en dollars (...) Il faut arriver à ce que, puisque les sanctions (contre l'Iran) vont être levées mais qu'elles pourraient être rétablies si jamais il y avait des manquements, à ce qu'on élimine le risque de ce que, par exemple, a connu Paribas", a dit M. Fabius.
"Nous avons échangé des lettres avec John Kerry pour faire en sorte que nos entreprises européennes ne soient pas pénalisées et puissent effectivement faire du commerce avec l'Iran", a-t-il ajouté.
Ciblé par la justice américaine pour des transactions avec plusieurs pays (Iran, Cuba, Soudan) sous embargo des Etats-Unis, considérées à ce titre comme illégales outre-Atlantique, BNP Paribas avait plaidé coupable et accepté en juin 2014 d'acquitter une monumentale amende de 8,9 milliards de dollars.
Avec près de 80 millions d'habitants, le marché iranien présente un intérêt majeur pour les grandes entreprises françaises, comme les constructeurs automobiles PSA Peugeot Citroën et Renault, ou le géant pétrolier Total.
Sous l'effet des sanctions visant la République islamique, la France a vu ses échanges commerciaux avec l'Iran chuter à 500 millions d'euros en 2013, un niveau huit fois inférieur à celui enregistré en 2004, d'après un rapport du Sénat français.
Selon le Fonds monétaire international, la Chine et la Corée du Sud sont désormais les premiers fournisseurs de l'Iran, la France n'arrivant qu'en septième position, derrière l'Allemagne et l'Italie pour ce qui est des pays européens.
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