Régionales: Le Pen agite l'épouvantail d'une candidature en Paca contre sa petite-fille

© AFP/Archives - MARTIN BUREAU
Jean-Marie Le Pen a agité lundi l'épouvantail d'une candidature aux régionales en Paca contre sa petite-fille Marion Maréchal-Le Pen, surfant sur une fronde locale et faisant craindre l'ouverture d'un deuxième conflit familial au Front national.
Va-t-il être candidat? "Je ne prends pas de décision seul, je vois des amis, je les consulte, nous échangeons des idées, nous imaginons des perspectives pour arracher notre pays au sort qui lui est promis", a déclaré Jean-Marie Le Pen, interrogé par l'AFP.
"Beaucoup de gens demandent (ma candidature), il y a même des listes qui se constituent, mais je n'ai pas pris de décision du tout dans cet axe-là", a poursuivi Jean-Marie Le Pen, cofondateur du FN en 1972.
Qu'il est loin ce 13 avril 2015, où il renonçait dans un communiqué, certes rempli d'amertume, à sa candidature en Provence-Alpes-Côte d'Azur (Paca) au profit de sa petite-fille. "Je demande, dans l'intérêt supérieur de la France, de soutenir (sa) candidature", ajoutait-il.
Depuis, malgré sa suspension en tant que président d'honneur du FN, malgré les procès intentés au parti et à sa présidente de fille, Marine Le Pen, et au-delà de quelques piques sur la jeunesse de "Marion", Jean-Marie Le Pen restait de marbre concernant les régionales: pas de candidature, affirmait-il encore à l'AFP vendredi 10 juillet.
Mais, lundi, il a assuré n'avoir fait "aucune promesse" à sa petite-fille, qui pensait avoir la garantie qu'il "ne pratiquerait pas l'ingérence".
Pourquoi une telle évolution en quelques jours? En Paca, son fief historique au sein du FN, "il y a le feu au lac", assure Jean-Marie Le Pen, et "des remous dans toutes les fédérations". Plusieurs élus ont été suspendus pour avoir critiqué la teneur des listes locales et la "ligne" Philippot, rendue responsable de l'éviction du "Vieux".
Florian Philippot, vice-président du FN et bras droit de Marine Le Pen, initialement, puis Marion Maréchal-Le Pen, pourtant pas alliés au sein du parti, sont tous les deux au cœur de l'éruption locale.
- 'J'avais dit à Marion qu'il allait nous faire ce coup-là' -
Lydia Schenardi, ex-eurodéputée et ancienne patronne du FN dans les Alpes-Maritimes, explique que "la fronde vise Philippot sur le plan national". "Mais, nous, dans notre région, on est contre Olivier Bettati", un ancien proche de Christian Estrosi (Les Républicains), rival de Marion Maréchal-Le Pen pour ces régionales, et qui a été investi par celle-ci tête de liste du FN dans les Alpes-Maritimes.
Dénonçant un manque de consultation de la base dans l'établissement des listes FN, Lydia Schenardi se félicite que, dans l'attente de "ce que (Jean-Marie Le Pen) décidera", d'autres listes soient déjà "prêtes" dans les Alpes-Maritimes et bientôt dans les Hautes-Alpes ou les Alpes-de-Haute-Provence.
"Venir créer le souk en Paca, alors que Le Pen a demandé à Marion de se présenter... Tout ce qu'il pourra faire pour lui nuire va de facto renforcer Philippot", son principal ennemi, s'étrangle un soutien local de la députée du Vaucluse. Mais "s'il a envie d'aller dans l'Est...", là où se présente le vice-président du FN.
Face à l'hypothèse d'une candidature du "Vieux", certains soutiens de la troisième représentante de la famille Le Pen s'inquiètent. "Ça serait un spectacle effrayant. Au premier tour, on peut perdre des voix. Il a un électorat, une influence, c'est une bête politique", dit l'un d'eux, comme sonné à l'idée d'une telle éventualité.
"Pfiou..." commence un autre. "J'avais dit à Marion qu'il allait nous faire ce coup-là."
Frédéric Boccaletti, directeur de campagne de la petite-fille Le Pen, conteste l'ampleur de la fronde. "On verra qui est candidat au final. Il ne faut pas qu'on rentre dans ce jeu-là. Et Jean-Marie Le Pen m'a appris une chose, c'est qu'il ne faut pas faire de prévisions sur ce qui peut être un handicap ou un atout" pour une campagne.
Le maire FN de Cogolin (Var), Marc-Étienne Lansade, un proche de Marion Maréchal-Le Pen qui revendique 25 ans de militantisme auprès de Jean-Marie Le Pen, croit que celui-ci "est un homme de parole: il ne finira pas sa carrière politique par la présentation d'une liste contre sa petite-fille".
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