Un détenu de Fleury qui accuse des surveillants de violences saisit la justice pour obtenir son transfèrement

© AFP/Archives - Eric Feferberg
Un détenu de Fleury Mérogis (Essonne) qui a porté plainte contre X pour "violences aggravées", affirmant avoir été roué de coups par des surveillants du quartier disciplinaire, a saisi la justice pour obtenir son transfèrement dans un autre établissement.
Sa requête, en "référé-liberté", sera examinée jeudi matin par le tribunal administratif de Versailles, a annoncé mercredi à l'AFP son avocat Me Olivier Arnod.
Younesse Bambara, 41 ans, purge une peine de 15 ans de prison pour braquages, dont il a fait appel. Le 22 mars, alors qu'il se trouvait au quartier disciplinaire (QD) pour avoir été trouvé en possession d'un téléphone portable, interdit en détention, il a fait l'objet d'une fouille au cours de laquelle un nouveau portable a été découvert caché sur lui.
Dans sa plainte, il indique avoir été "plaqué au sol par plusieurs surveillants alors qu'il se trouvait nu, maintenu au sol à plat ventre, roué de coups au niveau du dos et enfin s'être vu écarter les fesses".
Son avocat, soutenu par l'association Robin des Lois, a joint à la plainte un compte-rendu de radiographie faisant état de "pincements discaux postérieurs", alors que M. Bambara, placé depuis au quartier d'isolement, se plaint de douleurs persistantes au dos et aux vertèbres cervicales.
Me Arnod a réclamé à plusieurs reprises le transfèrement de son client mais a essuyé des refus de la direction de l'Établissement et du procureur de Pontoise. D'autres recours auprès de la Garde des Sceaux, du Défenseur des droits et de la contrôleur des prisons n'ont pas abouti. L'avocat a donc décidé de saisir la justice administrative.
"M. Bambara est dans une situation intenable dans la mesure où il est contraint de côtoyer les individus contre lesquels il a porté plainte ou leurs très proches collègues", écrit dans sa requête l'avocat.
Ce dernier fait également état de "mesures de rétorsion quotidiennes" subies par son client telles que "des crachats dans sa nourriture, une multiplication des fouilles, des problèmes de réception de courrier de sa famille et d'incessantes provocations".
Évoquant une "violation grave" du droit "au respect de la dignité", "à ne pas subir de traitements inhumains ou dégradants" subie par son client, il demande son transfèrement à la maison d'arrêt de Meaux ou de Nanterre pour faciliter les visites familiales.
Outre M. Bambara, deux autres détenus de Fleury ont porté plainte, affirmant eux aussi avoir été tabassés par des surveillants au QD de la maison d'arrêt.
Parallèlement aux enquêtes judiciaires, la direction de la maison d'arrêt a engagé une enquête administrative sur le fonctionnement du quartier disciplinaire qui est toujours en cours.
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