A la recherche de performances énergétiques dans le sud-ouest européen, avec l'Ariège comme chef de file
Méthanisation, économie d’énergie, photovoltaïque, solaire thermique, biomasse, séchage solaire, conduite économe et responsable… nombreux sont les domaines sur lesquels plus de 3000 agriculteurs ont été accompagnés concrètement durant près de 3 ans dans le cadre du projet européen «Apersue»
Le séminaire de clôture s’achève à peine au Parc de la Préhistoire de Tarascon-sur-Ariège en présence des nombreux partenaires.
Projet de plus de 800.000 euros financé à hauteur de 75% par la communauté européenne, Apersue a réuni 7 partenaires autour de la chambre d’Agriculture de l’Ariège, chef de file de l’opération, dont 3 français (les chambres d’agriculture du Gers de la Haute-Garonne et du Tarn) et 4 partenaires espagnols venus de Navarre, du Pays Basque espagnol ou encore de Catalogne et d’Estrémadure.
Objectif commun à cette démarche collaborative transnationale: développer ensemble un réseau de compétences «agriculture et énergie»
Partant du principe que l’agriculture du sud-ouest européen -SUDOE- doit chercher de nouvelles compétitivités et des modes de fonctionnement nouveaux pour pouvoir se maintenir et être mieux valorisée, ce programme de coopération européen s’est plus particulièrement attaché à la performance énergétique des exploitations agricoles et des filières, articulant pratiques plus performantes en termes de maîtrise d’énergie et production d’énergie renouvelable.
But ultime: au travers de ces nouvelles synergies (entre collectivités et acteurs économiques de part et d’autres des Pyrénées) l’enjeu est de développer des alternatives énergétiques efficientes et les transformer en avantage compétitif pour les entreprises comme pour les territoires.
La coopération européenne à l’œuvre au plus près des besoins locaux«Ce partenariat a été riche de partage entre nous et l’Espagne sur les énergies renouvelables, confirme François Toulis, nous en retirons déjà des bénéfices. Par exemple sur le dossier forêt. Tous les agriculteurs ont très souvent de la forêt pas exploitée, là on les accompagne sur l’exploitation et la valorisation de cette forêt. Cela nous a permis de faire des études, d’organiser la filière, de mettre en place une plateforme de commercialisation, d’accompagner les agriculteurs sur la valorisation du bois, chose encore peu habituelle dans nos contrées»
Pour la coordinatrice du projet à Hazi au Pays Basque, Amaia Garrastazu, «ce projet a permis d’approfondir les questions d’économies d’énergies et développer mutualisation et travail en réseau»
D’autant qu’en Espagne, selon elle, ce sujet est encore nouveau. «Ce n’est que récemment que face à l’augmentation des coûts énergétiques se sont posées les questions de l’efficience et de la compétitivité, donc de rentabilité. Avec ce projet nous avons sensibilisé les agriculteurs dans leurs exploitations pour y favoriser bonnes mesures et bonnes pratiques afin de réduire les coûts énergétiques autant économiquement que sur le plan environnemental.
90 exploitations ont participé dans lesquelles on a épluché les coûts énergétiques pour améliorer le fonctionnement et réduire les coûts d’électricité, de fuel, etc. Maintenant il nous faut approfondir»
De son côté, David Comminges, exploitant de polyculture élevage à Sainte-Suzanne (en Vallée de la Lèze), a plus particulièrement cherché à économiser du carburant lors de ses travaux aux champs: «j’ai été intéressé par l’aspect conduite économe des tracteurs. Comme une centaine de mes collègues on a passé les tracteurs au banc d’essai moteur des tracteurs. L’objectif était d’abord de vérifier les performances moteur annoncées du tracteur, puis d’optimiser la puissance en fonction des besoins lors des travaux aux champs et avoir aussi le minimum de consommation.
Sur certains travaux, en adoptant une conduite plus responsable, on arrive à faire de réels gains de carburants. Par exemple au lieu de travailler dans un régime de 2.000 tours/mn on s’aperçoit qu’on peut tourner à 1.700 t/mn et on arrive à avoir des économies jusqu’à 3 litres à l’heure de carburants.
Ce n’est pas négligeable pour un tracteur qui fait 5 ou 600 heures dans l’année, donc de sacrées économies de carburants tout en limitant les émissions de CO2. L’aide technique et financière de ce projet européen nous a permis de nous lancer» précise David Comminges.
Aujourd’hui, il se dit d’ores et déjà intéressé par d’autres projets en lien avec la méthanisation ou le photovoltaïque mais avec l’appui de la chambre d’agriculture, cela va sans dire.
Bientôt un label certifiant la performance énergétique ?De fait, confirmera David Brus, l’une des chevilles ouvrières de ce programme au sein de la chambre avec Stéphanie Lebrun, ce sont près de 150 tracteurs qui sont passés sur ces bancs moteurs.
Au-delà ce projet a eu pour conséquence de stimuler la constitution de collectifs d’agriculteurs sur des thématiques spécifiques et de favoriser les investissements individuels ou collectifs, impliquant également des collectivités.
Désormais un réseau d’experts, un site internet agrégeant une base de données mutualisée confortent cette mutualisation d’expériences. A terme c’est la faisabilité d’un label SUDOE, valorisant la performance énergétique en agriculture qui est en gestation.
«L’exemple de la forêt chez les exploitants est significatif de ce que nous avons voulu faire sur les autres thématiques de l’énergie, conclut François Toulis le président de la Chambre d’Agriculture. Le but étant d’apporter du complément de revenus à nos agriculteurs, de mettre de la valeur ajoutée, et donc de la vie économique sur nos territoires»
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