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Réserve Naturelle Régionale de Montségur: un acte fondateur

Crédit photo: Mairie de Montségur

L’acte fondateur pour la création d’une réserve naturelle régionale, projet porté par la municipalité, en partenariat avec l’association des naturalistes de l’Ariège, a eu lieu hier après-midi en mairie de Montségur.

Une réserve naturelle, «pour permettre à tous, publics scolaires, adultes ou touristes de découvrir notre pays» glisse Robert Finance, maire.
Le dossier de demande de classement déposé
Mercredi 25 février à 14 h, Robert Finance, ses élus, la directrice de l’association des naturalistes de l’Ariège Anne Tison, et Cécile Brousseau chef de projet à l’ANA ont accueilli en maire de Montségur, l’ensemble des partenaires (Conseil général, Conseil régional, CCPO, représentants des associations de chasse, pêche, groupement pastoral, propriétaires forestiers voisins), «pour une réunion de prise de connaissance, un acte fondateur pour notre réserve afin de respecter les droits de chacun», nous a confié le maire de Montségur. 

Le dossier de demande de classement a été déposé au Conseil Régional le 3 février, et fera l’objet d’une instruction complète avant décision du Président de Région ; la durée de cette phase pourrait durer plusieurs mois.

En parallèle, et en partenariat avec l’Association des Naturalistes de l’Ariège, «la mairie de Montségur va commencer à construire le plan de gestion, en concertation avec tous les utilisateurs du site et les voisins (ACCA, Groupement pastoral, associations, Imerys Talc, forestiers voisins, Montferrier)».

En remontant dans l’histoire et pour comprendre la situation d’aujourd’hui: en 1209, Simon de Montfort donne le territoire du Pays d’Olmes — Mirepoix (dont Montségur) à Gui 1er de Lévis.

Une communauté villageoise s’installe vers le 15e siècle, revendique et obtient des droits d’usage. Le 18 septembre 1789, la commune tente de s’emparer de la partie de son territoire propriété des Lévis ; sans succès…

Au 19e siècle, la propriété est démembrée. Par un acte d’échange de 1939, la société des Talcs acquiert des droits sur le «tréfonds». La Commune devient enfin propriétaire d’une partie significative de son territoire par l’achat de 2009. 
La réserve naturelle régionale de Montségur-Massif du Saint-Barthélemy
Pour rappel. Fin juillet 2009, la municipalité de Montségur, sous l’égide de Michel François (Robert Finance était alors adjoint), a acheté 539 hectares à la SAFER (après une vente à cette dernière de la société Fructiforêt), pour un coût de 390.000 €.

Améliorer l’offre touristique, promouvoir la connaissance du patrimoine en le rendant accessible à tous, pérenniser l’activité pastorale, protéger lacs, étangs, cascades..., maintenir la biodiversité, voilà les principaux objectifs que se fixait alors la commune, dans un souci de développement durable.

La commune apportait alors 27 hectares de clairières et lieux humides qu’elle possédait déjà.

Compte tenu des perspectives d’exploitation de la carrière du «Pradas», 100 hectares environ étaient retirés du périmètre de la Réserve qui au total devrait s’étendre sur 461 hectares.

De privé la montagne devenait communale. Une zone de montagne se situant entre 1500 m d’altitude et le Saint-Barthélemy, et comprenant des pâturages, ainsi que des lacs, celui des Truites et celui du Diable, la grande cascade descendant du Lac des truites et le petit étang de la Grenoullière.

Pour schématiser, «le massif de Tabe qui regarde vers le Pays d’Olmes, jusqu’au col de la Peyre» indique Robert Finance.

«Dans une vallée qui a conservé un caractère extrêmement naturel, à côté de la station des Monts d’Olmes et tournée vers le Pays des Pyrénées Cathares», la future réserve régionale de Montségur — massif du Saint-Barthélemy se veut «un projet amical» dixit le maire.

Un projet «encourageant le pastoralisme, favorable à la biodiversité, maintenant des pratiques traditionnelles (chasse, pêche, cueillette) puisque l’état du territoire montre qu’elles ne l’ont pas dégradé, avec une règlementation raisonnable, se limitant aux bonnes pratiques dans un milieu naturel remarquable et fragile, et dans une volonté d’entente positive avec nos voisins».

L’acte fondateur pour la réserve naturelle régionale Montségur-Massif du Saint-Barthélemy a donc été réaffirmé mercredi 25 février lors de «cette réunion de démarrage».

Un moment hautement symbolique pouvant à terme induire de nouvelles activités, notamment grâce au développement du tourisme vert.

NR | 26/02/2015 - 19:28 | Lu: 20874 fois