Etienne Dedieu, maire de Saint-Lizier: «Je n'ai pas du tout l'intention de démissionner»

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La tension est vive à Saint-Lizier où l’opposition au maire Etienne Dedieu maintient un double front contestataire.
Au sein du conseil municipal d’une part où trois élus ont réclamé la démission du premier magistrat et de sa majorité face à « l’état désastreux des finances et le mode de fonctionnement monocéphale du maire » (lire notre article du 15/09/2014). Dans la communauté licéroise, d’autre part, avec la création d’un collectif citoyen «en colère» qui appelle à manifester dimanche prochain*.
Cible privilégiée, Etienne Dedieu donc, qui a accepté de nous livrer son sentiment sur «cette haine» dont il se dit aujourd’hui l’objet, et qui réfute les accusations de mauvaise gestion qui lui sont faites.
Envisagez-vous de démissionner de vos fonctions de maire ?
«Pourquoi donc voulez vous que je démissionne ? Je viens d’être réélu et je n’ai pas du tout l’intention de quitter mes fonctions. Je ne me plains pas, je ne suis pas de nature à m’épancher. Ceci dit, personne ne m’a appelé pour m’apporter son soutien mis à part deux personnes élues. Le « chacun pour soi » est roi»
Que répondez-vous aux accusations de dérapages budgétaires et de non maîtrise des finances communales ?
«C’est vrai que l’on a fait des investissements, pour l’Hôtel-Dieu, le chemin piétonnier ou encore l’école. C’est vrai aussi que pour les travaux de l’école, nous nous sommes rendus compte que nous avions sous-évalué les coûts. Mais le projet d’extension de l’école a été engagé par nécessité. L’établissement accueille 230 enfants dont seulement 70 viennent de Saint-Lizier, les autres viennent de l’extérieur. Il fallait bien répondre au besoin.
Mais ce n’est pas nous qui pouvons choisir les enfants accueillis et ce n’est que depuis 2014 que les communes prennent à leur charge les frais de fonctionnement qui leur reviennent. Par contre pour l’investissement, il est bien à notre seule charge. Quand on a commencé les travaux, personne ne s’est avancé pour nous proposer de participer à l’investissement…»
Quand je suis arrivé en 1995, il y avait déjà des dettesVos opposants parlent également d’un très fort endettement et d’une commune en cessation de paiement. Qu’en est-il ?
«Quand je suis arrivé en 1995, il y avait déjà des dettes. Par exemple, un rapport de la chambre régionale des comptes pointait du doigt une dépense pour réalisation de salle des fêtes, dépense payée alors que les travaux n’ont pas été réalisés ! Ils étaient de l’ordre de 150.000 €.
Cet argent a disparu, nous avons déposé plainte mais il y a prescription. Je ne suis pas donc responsable de ces premières dettes mais je les ai assumées. Pendant cinq ans, il a fallu se serrer la ceinture pour boucher le trou»
L’achat et le projet de l’Hôtel-Dieu vous sont souvent reprochés, sans doute car rien ne semble être fait de ce côté…
«C’est un fait que l’Hôtel-Dieu est actuellement vide. Mais nous n’avons pas l’intention de le vendre, nous allons y transférer l’office de tourisme communautaire, peut-être la Poste et la bibliothèque municipale également. Tout aurait été bien plus simple si notre projet avait été retenu dans le cadre des Pôles d’excellence ruraux…
Mais je crois, en fait, que si nous n’avions pas acheté l’Hôtel-Dieu, on nous l’aurait reproché. Maintenant on nous dit que nous n’aurions pas dû le faire. Ces mêmes personnes auraient pu le faire les 23 et 30 mars derniers lors des élections ; elles n’ont rien dit»
Il paraît qu’ils veulent m’attendre à la sortie de la messe…L’opposition (il coupe)…
«Mais, franchement, je n’ai pas d’opposition ! Quand je rencontre les gens dans la rue, tout va bien !
Quand on regarde le tableau des taxes communales, on voit bien que les impôts ont baissé de plus de 16 % après 1996. Il est vrai que l’an passé, nous avons dû augmenter de 5 % et cette année encore de 25 %, alors que la chambre régionale des comptes préconisait 47 % d’augmentation !»
Quelle solution préconisez-vous pour tenter de sortir de cette situation difficile ?
«Nous allons devoir vendre. Nous allons commencer par faire réaliser des estimations et nous déciderons ensuite, terrains et bâtiments. Mais nous ne nous délesterons que de ce qui n’a pas grand intérêt sur le plan historique.
Nous vendrons de l’immobilier de manière à impacter le moins possible les taxes locales et c’est un exercice qui n’est pas simple. De même, nous limitons les dépenses de fonctionnement. Aujourd’hui, par exemple, j’exerce ma fonction de maire sur mes propres deniers»
Avez vous prévu de rencontrer les manifestants ce dimanche ?
«Il paraît qu’ils veulent m’attendre à la sortie de la messe… Je ne sais pas où je serai ce dimanche»
* Le collectif citoyen de Saint-Lizier organise une manifestation dimanche 12 octobre à 10h30, à la Porte du Casse près de la place de l’Eglise. Le cortège effectuera un tour du village avec plusieurs haltes et terminera son parcours à son point de départ par un pique-nique tiré du sac.
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