La désignation de Bernard Gondran comme tête de liste FN provoque l'explosion du groupe d'opposition à Saint-Girons

De gauche à droite: Gaëlle Bonneau, Michel Grasa, Léo Garcia, Bernard Gondran et Christian Huertas lors du conseil municipal du 5 avril 2014 à Saint Girons
© midinews (archives)

L’information de la désignation de Bernard Gondran comme tête de liste Front National pour les élections régionales des 6 et 13 décembre suscite de vives réactions dans le landernau. Il faut dire que l’ancien maire UMP de Saint-Girons est une personnalité en Couserans comme en Ariège.

L’un des premiers à réagir publiquement aura donc été le président départemental du Parti Radical, Claude Doussiet qui parle de «traumatisme pour l’Ariège».

Et d’en appeler avec grandiloquence à la conscience même de Bernard Gondran: «nous lui demandons de faire preuve de responsabilité et de renoncer à ce projet qui trahit l’action politique, ses amis, les Saint-Gironnais et les Ariégeois!»
 
Car c’est bien un sentiment de trahison qui semble habiter aujourd’hui les anciens colistiers de Bernard Gondran, qui siègent à ses côtés dans les rangs de l’opposition municipale de Saint-Girons.

Blessés, Gaëlle Bonneau, Sabine Caujolle, Léo Garcia, Michel Grasa et Christian Huertas cosignent une tribune dans laquelle ils annoncent se désolidariser de la nouvelle tête de liste Front National.

«Nous avons appris par voie de presse que notre collègue Bernard Gondran, tête de liste pour les élections municipales à Saint-Girons en 2014, avait rallié le Front National et le Rassemblement Bleu Marine. Alors que nous siégeons ensemble depuis 2014, il n’a pas cru utile de nous informer préalablement de sa décision, nous plaçant devant le fait accompli.

Au-delà de la méthode que nous condamnons avec vigueur, il est pour nous inconcevable de continuer à siéger avec lui. Nous n’adhérons à aucune des valeurs du FN
», précisent les membres du groupe «Vivre Ensemble».
Une trahison justifiée par l’opportunisme politique
Et d’en tirer une première conséquence à effet immédiat: «nous avons décidé de créer notre propre groupe politique, et nous en informerons sans délai Monsieur le Maire de Saint-Girons».

Le divorce semble donc consommé entre les anciens alliés qui n’ont pas de mots et de jugements assez durs pour qualifier cette décision.

«Bernard Gondran a tout simplement trahi les électeurs de Saint-Girons et nous-mêmes. Après deux défaites aux élections municipales et une défaite aux élections départementales, Bernard Gondran a choisi la facilité de la voie du populisme pour chercher à être élu et masquer son cumul d’échecs.

Cette trahison justifiée par l’opportunisme politique nous conduit naturellement à ne plus le compter dans nos rangs. Le FN défend des idées qui sont à mille lieues du «vivre ensemble» que nous avons prôné dans notre campagne municipale
».

Sur les rives du Salat, les prochaines séances du conseil municipal promettent d’ores et déjà d’être tendues.

PH | 23/10/2015 - 18:45 | Lu: 14216 fois