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Tribunal Correctionnel de Foix: en comparution immédiate, les deux jeunes Croates écopent de 6 mois de prison

© midinews (archives)

Deux jeunes femmes originaires de Croatie ont été présentées cet après-midi devant le tribunal correctionnel de Foix pour répondre de tentative de vol par ruse et de recel de tournevis.

Des faits s’étant déroulés la semaine dernière à Pamiers. Mais c’est aussi l’histoire de deux «filles» appartenant à la communauté des gens du voyage. Deux «filles» qu’on envoie peut-être chercher argent, bijoux, tout ce qui est monnayable. Une triste histoire surtout pour l’une d’entre elles, Susanna, enceinte de 7 mois et dont la famille a levé le camp.
Malgré des identités contrefaites, leurs empreintes les rattrapentCe 17 septembre, dans une impasse sise à Pamiers un voisin alertait la police au vu du comportement suspect de deux jeunes femmes. Ces dernières étaient interpellées alors qu’elles tentaient de forcer la porte-fenêtre d’une maison à l’aide d’un tournevis. Ledit tournevis ayant été volé peu de temps auparavant dans le garage d’un autre particulier.

Durant leur garde à vue, les deux mises en cause ont avoué la tentative de vol avant d’être déférées au Parquet et placées en détention à la prison d’arrêt de Seysses. À la barre du tribunal, les deux prévenues ont réitéré dans un français hésitant leurs aveux ; elles réfutent toutefois avoir participé au vol du tournevis.

Toutes deux ont un casier judiciaire en tant que mineures. Brigita a été condamné à 5 mois avec sursis à Reims pour vol aggravé. Âgée de 18 ans, elle explique au président Vincent Anière avoir acheté ce tournevis dans un magasin de bricolage.

Quand le président lui explique qu’il ne sert à rien de changer de nom, d’adopter des identités autres, car ses empreintes sont connues des forces de l’ordre, fichées, elle ne sait que répondre. Les deux prévenues sont arrivées en Ariège, via l’Italie, voici 16 jours.

Elles logeaient en compagnie de membres de leurs familles dans un camping à Pamiers. Depuis leur arrestation, lesdites familles ont levé le camp, les abandonnant là. Leurs témoignages nous apprennent «qu’elles tournent en Europe». Enceinte de 7 mois, Susanna à 19 ans. Aucune des deux n’a de formation, à peine ont-elles suivi l’école jusqu’à 14 ans. Aucune des deux non plus n’a jamais été en prison. Brigita soulignant: «je m’y trouve seule, ce n’est pas bien»

Du côté du Parquet, Claude Cozar «compatit sur leur sort, mais les victimes n’y sont pour rien» et glisse «sans faire d’amalgame, leur profession c’est le vol». Après avoir félicité «la sagacité des habitants de Pamiers et leur civisme», le vice-procureur a requis une peine de principe en avouant «je crains que ça ne serve pas de leçon».
Peut-on emprisonner une femme enceinte? À la défense Me Casellas-Ferry tord le cou au recel en regrette que «les enquêteurs ne soient pas allés plus avant dans leurs investigations» et demande la relaxe.

Concernant les faits de tentative de vol, l’avocat acquiesce, mais soulève le problème de Susanna enceinte de 7 mois. Un texte de loi voté en juin à l’unanimité à l’Assemblée nationale prévoit qu’une femme enceinte ne peut être placée en détention au-delà de la 12e semaine de grossesse hors délit grave.

Au terme d’un délibéré assez court, Susanna et Brigita ont été reconnues coupables de tentative de vol et relaxées pour les faits de recel.

Elles ont été condamnées à 6 mois de prison et ont été maintenues en détention.

Le président signifiant à Susanna que le juge d’application des peines «tirerait les conséquences pour sa grossesse».

NR | 23/09/2014 - 18:21 | Lu: 14860 fois