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Tribunal correctionnel de Foix: prison ferme pour «un prévenu capable de tuer»

Olivier Caracotch, procureur de la République au tribunal de Foix
© midinews 2014

Flo, 25 ans a été présenté en comparution immédiate hier après-midi devant le tribunal correctionnel de Foix pour avoir commis des violences sur son ex-conjointe, avoir incendié son véhicule et avoir soustrait à sa garde leur fille.
Un enchainement de violence
Les faits se sont produits le 15 septembre dernier à Saint-Girons et à la Bastide-de-Sérou.

Ce 15 septembre et selon le témoignage de C (l’ex-compagne NDLR), Florian voulait voir X leur fillette âgée de deux ans. La jeune mère lui donne rendez-vous l’après-midi ; il lui rétorque qu’il va incendier son appartement.

Par peur, C décide d’aller chez une amie donner à manger à son enfant. Un peu plus tard, elle se rend en voiture à Saint-Girons et croise Flo. Ce dernier la poursuit alors qu’il est à pied et la rattrape un peu plus loin alors qu’elle s’est arrêtée pour fumer une cigarette portière ouverte.

À ce moment-là, les choses dérapent... C est giflée, reçoit selon ses mots, coups de pied et de poing. Flo lui prend son téléphone portable, consulte ses messages et pour finir s’empare de leur fillette, témoin de la scène, avant de partir. Un peu plus tard, il appelait son frère pour lui confier l’enfant, et ce, juste avant d’être interpellé par les gendarmes.

On apprend aussi qu’il aurait incendié une voiture appartenant à C un peu plus tôt. Durant sa garde à vue, le prévenu a expliqué ne plus supporter ce droit de visite médiatisé (ordonnance du juge des enfants l’obligeant à voir sa fille en présence d’un tiers). Il accuse C de lui avoir foncé dessus en voiture et d’avoir donné la première gifle.

Il niait avoir incendié sa voiture, dégradation (par un moyen dangereux) qu’il a par ailleurs ensuite avouée au Dr Lazaro, psychiatre qui a procédé à son évaluation. Une expertise mentionnant des troubles psychoaffectifs, une altération du discernement et l’ambivalence du prévenu sur sa demande d’aide.

À la barre du tribunal, Flo reconnait ses torts en ce qui concerne les faits du 15 septembre, mais tente d’en rejeter la faute sur son ex.

C est venue témoigner. La jeune femme raconte un calvaire et avoue son impuissance face à des menaces quotidiennes. «Je reviens vers lui parce qu’il me fait peur», souligne-t-elle avant de dire «il vaut mieux prendre une petite décharge tous les jours qu’une grosse électrocution».

Le couple s’est séparé voici un an, et selon C, le prévenu aurait commis des dégradations à son appartement, l’aurait par le passé battue (des plaintes ont été déposées). Son avocat Me Casellas-Ferry parle d’un individu extrêmement inquiétant, n’hésitant pas à incendier la voiture de son ex-compagne, d’un homme peu enclin à reconnaitre quoi que ce soit.
Prison ferme: un principe de précaution face à un réel danger
Du côté du Parquet, Olivier Caracotch se dit «inquiet en entendant le prévenu».

Le procureur espérait qu’un mois de détention et les entrevues avec le psychiatre auraient permis à Flo «de cheminer.

Une mère, à la barre, a dit qu’elle avait peur pour sa fille. Je partage cette peur
» rajoute-t-il. Et d’expliquer: «les nouveaux textes de loi insistent sur la prévention de la récidive. Dans ce cas précis, la prévention de la récidive, c’est de l’envoyer en prison, pour lui éviter de se retrouver devant une cour d’assises».

Dénonçant «un vrai problème, qui génère une vraie dangerosité, des faits ankistés dans une ex-relation sentimentale» le procureur «par principe de précaution» et le croyant capable «de la tuer, de ne pas se maitriser» a requis 18 mois ferme, maintien en détention, suivi sociojudiciaire de 5 ans, interdiction de détenir une arme durant 5 ans et une amende de 200 €.

En défense, Me de Scorbiac a glissé que son client devait être protégé de lui-même. Soulignant une «violence commune au couple», l’avocat a tenté de dépeindre un autre portrait de son client.

Un homme malade de ne pas pouvoir voir sa fille, un homme exposé aux mensonges de son ex-compagne. Une ex qui l’aurait provoqué, l’aurait amené à être violent pour «se débarrasser de lui». Dénonçant «la mauvaise foi de la partie civile», Me de Scorbiac a plaidé la clémence au regard de l’altération du discernement.

Le tribunal a prononcé une peine de 18 mois de prison, dont neuf mois ferme, 36 mois de mise à l’épreuve avec un maintien en détention et l’interdiction, à sa sortie, de prendre contact avec son ex-compagne et de paraitre à son domicile, interdiction également de détenir une arme durant 5 ans.

L’accusé a de plus obligation de soins, de travailler et d’indemniser la victime. Il devra s’acquitter en outre d’une amende connexe de 200 €.

NR | 22/10/2014 - 19:01 | Lu: 17804 fois