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Tribunal correctionnel de Foix: son ADN avait été retrouvé sur la poignée

Claude Cozar, Vice-Procureur de la République
© midinews 2014

Entre le 3 mai et le 5 mai 2014, la maison d'une vieille dame, par ailleurs en fin de vie et hébergée chez sa fille, était cambriolée à Pamiers.

La poignée de la porte-fenêtre était fracturée et divers objets, dont des conserves et une machine à café étaient volés.
Hier, Lucien a été présenté pour répondre de ce vol par effraction
Des prélèvements d'ADN sur la poignée de la porte-fenêtre avaient conduits les enquêteurs jusqu'à Lucien, «sachant, explique la présidente du tribunal correctionnel, qu'il habite à côté et qu'il n'avait pu donner de réponse quant à son ADN retrouvé».

Durant sa garde à vue, Lucien a toujours nié les faits. Hier à la barre, le prévenu a reconnu avoir touché la poignée de la porte-fenêtre.

Apparemment, «il voulait jeter un coup d'œil. Il aurait fait un tour dans le jardin, avant de partir». Ce à quoi Isabelle de Combette de Caumon lui rétorque: «ça ne viendrait pas à l'idée de tout le monde Monsieur».

Devant le manque d'explications du prévenu, la présidente a rappelé son casier judiciaire: depuis un vol en 1990, Lucien a enchainé les délits (vols, outrages, port d'arme) jusqu'en 2008. Âgé de 51 ans, vivant seul et au RSA, il ne peut, selon ses dires, «plus travailler depuis une fracture au poignet».

La fille de la victime et propriétaire de la maison cambriolée s'est portée partie civile et a fait part au tribunal du préjudice chiffré à 933€ et 23cents.

Pour le vice-procureur avec 3 condamnations pour vol, le prévenu aurait pu savoir que les empreintes digitales «ne trompent jamais». Rappelant que Lucien était accessible au sursis au vu de condamnations anciennes, Claude Cozar après avoir souligné: «on ne peut avoir un doute raisonnable», a requis 6 mois de prison avec sursis.
Ne pas faire le procès du casier judiciaire
En défense Me Magali Obis a martelé que le dossier ne présentait aucun élément matériel. «On fait le procès du casier judiciaire de Monsieur» a-t-elle argué avant de revenir sur les faits. L'ADN du prévenu se trouvait sur la poignée, pas à l'intérieur de la maison, où des traces d'ADN différentes ont été collectées.

«Rien ne vient démontrer que cette maison a été cambriolée durant le week-end» a-t-elle poursuivi avant d'enfoncer le clou: «un cambriolage dont on ne sait pas vraiment ce qui a été dérobé». La machine à café retrouvée au domicile du prévenu ne serait pas la bonne Senséo.

Soulignant que certes, son client avait des antécédents, mais des antécédents remontant aux années 90, Me Obis a expliqué que depuis 6 ans, Lucien «a changé son fusil d'épaule. Il se tient à carreau et n'est pas connu défavorablement des services de police» avant de demander la relaxe. 

Lucien a été reconnu coupable et condamné à 6 mois avec sursis.

NR | 05/11/2014 - 18:48 | Lu: 15531 fois