Assises de l'Ariège: première journée du procès de Najib Nigazaz, accusé de meurtre

© midinews 2014
Première journée d’audience aux assises de l’Ariège dans le procès de Najib Nigazaz, accusé du meurtre de Pierre Riché tué par une balle de calibre 22LR, le 18 septembre 2011 à Léran.
L’auteur présumé des coups de feu, âgé de 26 ans au moment des faits, demeurait chez sa petite amie. Il avait disparu dans la nuit, en emportant son arme avec lui, avant de se rendre aux gendarmes trois jours après.
Aujourd’hui, la cour d’Assises de l’Ariège s’est attachée à décrire la personnalité de cet homme de 28 ans, avant que les enquêteurs ne détaillent les altercations ayant conduit au drame et à la reddition de l’accusé.
28 ans et 24 condamnations à son actif
A la présidente qui l’interroge sur son parcours de vie, l’accusé semble en peine de réponses. On apprend qu’il a quitté l’école assez tôt, après un CAP en restauration. Il enchainera divers stages, et apprentissages sans pour autant trouver sa voie. Parents séparés, élevé par sa mère, il n’a plus revu son père depuis l’âge de 4 ans ; «une carence» pour son avocate Me Agnès Dufetel-Cordier selon qui «son client veut faire table rase du passé» la mère de Nijab est venue témoigner pour un fils «jamais violent, calme, et peu loquace»
Elle ne s’explique pas les ennuis de son fils adolescent avec la justice. Nijab sera placé trois ans en famille d’accueil et fréquentera aussi quelques foyers. Dès l’âge de 14 ans, l’adolescent a maille à partir avec la justice. Pour sa première condamnation en tant que mineur, il écopera d’une peine assez lourde pour vol avec violence et en récidive.
28 ans et 24 condamnations ainsi que le rappellera Corinne Chassagne, présidente de la cour d’assises. Un casier judiciaire faisant mention de différentes affaires : vols, stupéfiants, menaces réitérées, dégradations, recel de biens, conduite sans permis, sans assurance, et certaines pour des faits commis en détention, recel d’un portable, stup).
Libéré en juin 2010, l’accusé et sa nouvelle compagne décident de venir vivre en Ariège, Najib expliquant qu’il voulait s’éloigner de son milieu. Un mois à peine après leur installation dans cette ancienne fabrique de peignes en corne transformée en logements à loyers modestes, le drame survenait.
Ce soir du 18 septembre 2011 à Léran
Le Lieutenant Gaignaire commandant la brigade de recherches de Pamiers a dirigé l’enquête. Il explique être intervenu sur 2 scènes de crime. La voiture où ont eu lieu les coups de feu et au domicile de Stéphanie une amie de Pierre Riché où ce dernier s’est éteint. Selon les éléments de l’enquête, une première altercation aurait eu lieu ce soir-là alors que la victime prenait l’apéritif en compagnie d’amis.
Pierre Riché aurait vu Nijab Nigazaz près de sa voiture. Craignant que le jeune homme ne lui ait volé des cigarettes ramenées d’Andorre, il l’aurait interpellé et une dispute vite maitrisée aurait éclaté entre les deux hommes.
La victime regagne alors son domicile où le rejoignent ses deux copains. Là, il leur déclare que Najib lui a volé des papiers administratifs et de l’argent. En colère et peut-être sous le coup de l’alcool (il avait plus d’un gramme par litre de sang), le quarantenaire armé d’une laisse de chien en fer et d’une matraque regagne au volant de sa voiture la résidence où vit Najib.
S’est-il trompé de porte, soupçonnait-il quelqu’un d’autre, comme tente de l’accréditer la défense, Pierre Riché frappe à la porte d’un couple. Seule avec ses enfants, G. refuse de lui ouvrir et appelle Najib à l’aide. Pierre Riché frappe violemment sur la porte et l’endommage, avant de regagner sa voiture poursuivi par C. armée d’une poêle et lui tapant dessus selon des témoins.
Najib sort à ce moment-là de son appartement armé de son 22LR (une arme confiée par un ami voici 2 ans – nous n’en serons pas plus sur cet ami) et tire un premier coup à l’intérieur du couloir commun, «pour le faire fuir» selon ses dires.
Le second coup de feu est alors tiré et atteint le quarantenaire à la gorge. A ce moment-là, Pierre Riché est côté conducteur. La victime à demi assise, se relève, va au coffre de sa voiture avant de gagner le siège passager et de s’effondrer, alors que claque un 3ème coup de feu.
Deux de ses amis récupèrent Pierre encore vivant, mais ne pouvant parler, et en voiture, le conduisent chez Stéphanie une de ses amies, un appartement distant de 250 mètres où la victime décédera quelques instants après. A la barre Stéphanie a dépeint le portrait d’un homme très calme, très serviable, «quelqu’un qu’on appréciait beaucoup, quelqu’un de passionné»
Trois jours pour faire pression sur les témoins ?
Najib Nigazaz s’enfuira peu après, abandonnera son arme dans un buisson (il y conduira les gendarmes) et se cachera dans un immeuble, avant de se rendre aux militaires trois jours après en soirée. Durant sa garde à vue de 40 h, le mis en cause se montrera coopératif selon le Lieutenant Gaignaire, mais jamais clair sur la partie la plus complexe : le tir fatal et ce jusqu’au rapport du médecin légiste accréditant la thèse d’un tir à faible distance, d’un tir à bout touchant.
L’accusé a expliqué aux gendarmes avoir eu peur de Pierre Riché qui l’aurait menacé de mort lors de leur 1ère altercation. Durant la perquisition de son domicile, les gendarmes ne retrouveront pas de paquets de cigarettes correspondant à celles de la victime ; quant à l’argent liquide saisi (90 €) comment dire s’il appartenait à Pierre Riché, sachant que Najib alors au RSA recevait l’argent en liquide de sa mère qui empochait ses chèques pour lui. 133 cartouches seront saisies lors de cette perquisition.
La petite amie de Najib est venue témoigner et a parlé d’un homme peu loquace sur son passé, mais décidé à rompre avec son passé de délinquant. La jeune femme a eu plus de mal à répondre aux questions de Me David et Me Sabounji, avocats des parties civiles l’acculant sur le faux nom qu’elle aurait donné aux gendarmes lors de son premier interrogatoire : Farid Belar en lieu et place de Najib Nigazaz. «Personne ne me répondait», a-t-elle expliqué pour justifier son geste.
Pour l’avocat général se pose la question des 3 jours de cavale, et l’aide que Nadir aurait pu apporter à son frère. D’autant que durant ce laps de temps, des témoins auraient été menacés.
Le frère (Nadir) et un ami de l’accusé, les auraient menacés avec une arme pour qu’ils changent de version afin de ne pas mettre en scène Najib lors de la première altercation, mais une autre personne.
Acculé par les questions du procureur, Olivier Caracotch, Nadir peine à s’expliquer. Il a toujours affirmé avoir découvert le meurtre qu’aux alentours de 23h. Alors pourquoi appeler son frère et lui proposer de le rejoindre à la rivière une heure avant ?
Au bout d’un moment il affirme «ne plus se rappeler comment il a appris» la tragédie et quant aux menaces sur témoins il réfute fermement être impliqué.
dans la même rubrique
- Pamiers: contrôlée au volant, alors qu'elle n'avait pas son permis
- Tribunal correctionnel de Foix: 2 ans ferme pour avoir provoqué la mort d'une fillette
- Pays d'Olmes: une enquête est en cours pour maltraitance sur animaux
- Lavelanet: interpellation de deux mineurs pour vol à la roulotte
- Tribunal correctionnel de Foix: travail d'intérêt général prononcé contre les 4 jeunes reconnus coupables dans l'agression de deux gendarmes à Laroque d'Olmes
- Tribunal correctionnel de Foix: à 20ans, il enchaine les condamnations
- Tribunal correctionnel de Foix: le proxénète écope de 6 mois
- Une semaine de faits divers en Ariège
- Foix: interpellé après un différend familial, il avoue un vol à l'étalage
- Haute-Ariège: la RN20 toujours interdite à la circulation, «l'affaissement continue d'évoluer»
- Coup de filet à Escosse (09): mobilisation citoyenne contre les cambrioleurs
- Tribunal correctionnel de Foix: le producteur d'herbe écope de sursis
- Tribunal correctionnel de Foix: remis en liberté en attendant son procès pour recel
- Une semaine de faits divers en Ariège
- Saint-Lizier: Étienne Dedieu fait appel de sa condamnation
- Tribunal correctionnel de Foix: 6 mois ferme pour avoir mis le feu dans des églises






