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Tribunal correctionnel: deux ans de prison ferme pour l'auteur des coups de feu en centre-ville de Lavelanet

Me Dedieu du barreau de l'Ariège
© midinews (archives)

Dans la nuit du 28 au 29 novembre 2014, le centre-ville de Lavelanet était témoin de coups de feu intempestifs.

Trois personnes étaient blessées par des plombs, dont une plus sérieusement (5 jours d’ITT). José et Jean-Antoine ont été jugés ce matin, le premier écopant de deux ans ferme, le second de 4 mois ferme.

L’affaire avait été présentée deux fois en comparution immédiate les 02 et 19 décembre derniers. Lors de la précédente audience, Me Benjamin de Scorbiac, avocat de José, avait sollicité un renvoi «nécessaire» pour effectuer une expertise psychiatrique sur son client.

Une information supplémentaire à laquelle ne s’étaient pas opposés les avocats des parties civiles ou Me Baquerro, avocate de Jean-Antoine. José, 55 ans, l’auteur des coups de fusil de chasse, poursuivi pour violences aggravées et détention de munitions, «déjà condamné à plusieurs reprises», était reparti en Maison d’arrêt.

Jean-Antoine, 27 ans (poursuivi pour violence avec usage ou menace d’une arme) était quant à lui maintenu sous strict contrôle judiciaire.
Un mauvais western... qui aurait pu se terminer aux assises
Cette nuit du 2 décembre 2014, une dispute a éclaté dans l’appartement de Jean-Antoine. Dispute opposant ce dernier à M. le premier aurait semble-t-il rattrapé le second dans la rue, avec un couteau à la main.

Un peu plus tard, M. revenant à l’immeuble de la dispute était accueilli par des coups de feu tiré depuis son balcon par José. Voisin de Jean-Antoine, l’homme s’était mêlé de la dispute un peu plus tôt, et «aurait tiré en l’air pour faire peur».

Ce matin le tribunal a retenu la préméditation contre lui, arguant que José était allé chercher son arme, qu’il l’avait armée avant de tirer deux coups horizontaux avec au moins 80 impacts de balle faisant dire à une des victimes, «avoir ressenti une pluie de plombs».

Trois personnes étaient blessées par ces plombs, M. et deux amis, dont un mineur, qui l’accompagnait. Pour Me De Scorbiac, se pose la question de la rue Frédéric Soulié, «transformée en zone de non-droit», aux gendarmes appelés par José, venus et repartis avant les faits. L’avocat soulevant «l'exception d'inexécution du contrat social, et donc un retour à la justice privée dans une zone de non droit. A défaut de contrat social et donc à l'état de nature, les hommes se défendent eux-mêmes»
Le verdict
Deux ans ferme contre José, maintient en détention et 5 ans d’interdiction du département de l’Ariège, 4 mois de prison ferme contre Jean-Antoine.

Le tribunal a suivi les réquisitions d’Olivier Caracotch procureur de la République indiquant que «ces coups de fusil tirés, là encore plus qu’ailleurs, étaient intolérables». En requérant l’interdiction de séjour en Ariège, une peine liée «à la spécificité du Pays d’Olmes», Olivier Caracotch entend «même si ça ne réglera pas tout, éloigner des éléments perturbateurs».

Les trois parties civiles ont été jugées recevables. 3000 € ont été alloués à chacun des 2 clients (deux frères) de Me Baby et 1 € à leur mère ; les juges ont ordonné l’ouverture d’une expertise pour déterminer le préjudice du client de Me Dedieu, M., et une provision de 2000 € lui a été accordée.

NR | 09/01/2015 - 18:36 | Lu: 16938 fois