Tribunal correctionnel de Foix: quand il est question «de chichoneurs» et du respect de la loi

Avant que ne débute le procès de Charlie, Salomé et Moïse, poursuivis soit pour acquisition, usage illicite, détention, et offre ou cession non autorisée de stupéfiants, leurs avocats, Me Peroto et Me Plais-Thomas ont déposé une requête en nullité en ce qui concerne les perquisitions effectuées au domicile des deux jeunes femmes.
Me Plais-Thomas, dénonçant également le placement en garde à vue de Salomé, «privée de liberté durant deux heures. On la garde au chaud alors qu’aucun indice de flagrance n’a été retrouvé chez elle».
Concernant ces requêtes, le vice-procureur a quant à lui indiqué: «même si je suis d’origine espagnole, j’en ai marre de me battre contre des moulins à vent». Claude Cozar «s’en rapportant à la décision du tribunal».
Dans les faits
Ce 6 novembre 2014 à 18 h, la gendarmerie intervient au domicile de Charlie.
Cette dernière entrouvre la porte et la referme aussitôt. Toutefois, les militaires ont senti «l’odeur» provenant de l’appartement.
«Les forces de l’ordre ont ça sans arrêt à portée de vue, d’odorat», glisse Claude Cozar, rappelant que «la banalisation des stups est telle, qu’on entend plus parler que de ça.
Mais nos parlementaires n’ont pas encore voté sur le sujet, et nos gendarmes appliquent la loi». Donc, les forces de l’ordre interpellent les trois jeunes gens et les placent en garde à vue.
La perquisition effectuée au domicile de Charlie, 22 ans, permet la découverte d’un sac à dos contenant de l’herbe de cannabis, d’un gramme d’héroïne et d’un cachet d’ecstasy.
Sur la table basse, les militaires saisiront de l’herbe. Au domicile de Salomé, 18 ans, seront saisi 150 g d’herbe, 30 g de résine et 230 € en liquide. Salomé a avoué être consommatrice, de même que les deux autres.
Moïse son ancien copain, 18 ans également, explique que l’argent était à lui. Il revendrait un petit peu pour payer sa conso, Charlie également. La jeune fille nie pour le sac à dos, et glisse: «ce qui a été pris pour de l’héroïne n’en était pas».
Du côté du Parquet, le vice-procureur fait un brin de pédagogie, et explique les méfaits des diverses dépendances, alcool, tabac, stups. Claude Cozar voit «3 jeunes gens paumés» et requiert une peine «en relation avec leur addiction, un travail d’intérêt général pouvant les aider. La balle est dans votre camp» leur lance-t-il «c’est à vous de vous prendre en main».
En défense pour Moïse, Me Peroto qui «pensait avoir un combat plus acharné sur la demande de nullité» a plaidé pour un jeune lycéen ayant de bons résultats scolaires.
«Pour un primo délinquant n’appelant pas à une peine répressive, mais à une peine d’avertissement». Des propos relayés par Me Plais-Thomas en ce qui concerne Salomé, «qui avance sur les stups».
Le jugement a été mis en délibéré à fin mars.
Concernant Charlie, poursuivie par ailleurs pour détention et fourniture d’identité imaginaire (des faits s’étant produits à Saint-Orens en novembre 2013), l’avocate et sa cliente sont revenues sur les faits.
Charlie avait acheté 13 cachets d’ecstasy 8 € pièce en gare de Toulouse avec l’intention de les revendre en boite 10 € «pour se faire un peu d’argent». La jeune fille admet avoir réduit sa consommation «la justice me la fait comprendre».
Les juges se sont attardés sur son cadre de vie. Charlie a son propre appartement, elle vit seule, et s’occupe actuellement de son petit frère. Le père étant en déplacement en Asie depuis 2 mois, et sa mère «quelque part en Ariège».
Du bout des lèvres, elle admet avoir vécu des mesures d’assistance éducative quant elle était mineure. Me Plais-Thomas rapporte qu’elle a l’envie de s’en sortir, et cherche actuellement stage ou emploi, avant de plaider pour un stage de sensibilisation, «une mesure cohérente avec l’autre dossier».
Autre affaire de stupéfiants: cinq pieds de cannabis sur son balcon
Pascal a écopé de 500 € amende avec sursis pour détention non autorisée de stupéfiants.
Début septembre 2014, les gendarmes aperçoivent lors d’une patrouille à Taurignan-Castet, 5 pieds de cannabis sur le balcon d’un appartement.
Le propriétaire est interpellé. Lors de sa garde à vue, Pascal reconnait que les pieds lui appartiennent.
Il aurait acheté les graines pour 20 € en Espagne, et explique «qu’il voulait consommer les fleurs comme antidouleur».
Le vice-procureur ironisant qu’il avait eu la malchance de tomber sur des gendarmes faisant leur travail a requis un sursis simple pour «un homme au lourd passé et ayant refusé le stage de sensibilisation par manque de moyens». Me Trespeuch plaidant quant à elle pour la «bienveillance du tribunal».
dans la même rubrique
- Tribunal correctionnel de Foix: 2 ans ferme pour avoir provoqué la mort d'une fillette
- Tribunal correctionnel de Foix: travail d'intérêt général prononcé contre les 4 jeunes reconnus coupables dans l'agression de deux gendarmes à Laroque d'Olmes
- Pays d'Olmes: une enquête est en cours pour maltraitance sur animaux
- Lavelanet: interpellation de deux mineurs pour vol à la roulotte
- Tribunal correctionnel de Foix: à 20ans, il enchaine les condamnations
- Tribunal correctionnel de Foix: le proxénète écope de 6 mois
- Une semaine de faits divers en Ariège
- Foix: interpellé après un différend familial, il avoue un vol à l'étalage
- Haute-Ariège: la RN20 toujours interdite à la circulation, «l'affaissement continue d'évoluer»
- Coup de filet à Escosse (09): mobilisation citoyenne contre les cambrioleurs
- Tribunal correctionnel de Foix: remis en liberté en attendant son procès pour recel
- Tribunal correctionnel de Foix: le producteur d'herbe écope de sursis
- Une semaine de faits divers en Ariège
- Saint-Lizier: Étienne Dedieu fait appel de sa condamnation
- Tribunal correctionnel de Foix: 6 mois ferme pour avoir mis le feu dans des églises
- Tribunal correctionnel de Foix: extrait de sa cellule, il a été condamné à 2 mois supplémentaires






