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Éducation nationale: appel à la vigilance et à la mobilisation en Ariège

© midinews 2015

Suite aux attentats contre Charlie Hebdo, l’inspecteur d’Académie de l’Ariège réaffirme la vigilance de l’Éducation nationale.

Reçu avec ses pairs par le Premier ministre le 13 janvier dernier, Jacques Briand, IA-DASEN de l’Ariège, a souhaité livrer jeudi soir au cours de sa conférence de presse, un message en direction de la communauté enseignante, des parents d’élèves et au-delà des Ariégeois : «l’heure est à la mobilisation générale, une mobilisation structurée et structurante, à la fois dans nos interventions, la manière de regarder les situations, de les analyser, de les traiter et de prendre les mesures qui s’imposent»
Il n’y a pas lieu de s’affoler, l’institution fonctionne!
L’inspecteur d’Académie a aussi indiqué que quatre incidents en lien avec les attentats de Charlie Hebdo et le supermarché hyper casher de Paris ont été relevés lors des cérémonies d’hommage dans les établissements du département: «quand je serai grand je serai djihadiste», «ils l’ont bien cherché, à caricaturer le prophète» ou encore «sortez les kalachs».

Des évènements internes qui ont fait l’objet de signalements et qui feront l’objet de suites multiples (l’élève de 6e qui a tenu le propos sur les kalachs passera en conseil de discipline). «Par rapport au contexte général, nous sommes très attentifs à ce qui se passe dans nos établissements.

Il existait déjà des dispositifs qui ont fait leur preuve, mais aujourd’hui on ne doit rien laisser passer. Il faut aller plus loin dans l’analyse, rester lucide et faire preuve de discernement.

Il vaut voir si c’est de l’ordre de la provocation ou s’il y a autre chose
» poursuit Jacques Briand conscient de l’énorme responsabilité qui pèse sur l’éducation nationale tout en apportant une nuance: «il ne faut pas confondre réflexion et agitation. Il faut aller plus loin dans l’analyse, se poser, réfléchir, prendre le temps de parler, trouver peut-être des mots nouveaux à poser sur des situations, travailler sur du long terme…

Les mots-clés sont pour nous rigueur, méthode et pédagogie
».

Par ailleurs une CPE s’est faite agresser à deux reprises au cours de la semaine dernière en dehors de l’enceinte de son établissement. «Deux plaintes ont été déposées. Il faut rester prudent.

On ne sait pas si cela est lié
», poursuit le DASEN qui après avoir réuni les directeurs d’établissements va recevoir les parents d’élèves: «nous sommes bien connectés avec les services de l’État et nous allons entamer une réflexion avec les délégués de la vie lycéenne pour parler avec eux de ce qui se passe dans leurs établissements… ce qui se passe à l’extérieur de l’école (l’Internet, les réseaux sociaux et toutes les déviances que cela peut engendrer) doit être abordé avec les parents d’élèves

Après les attentats, le plan Vigipirate a été renforcé aux abords des établissements ariégeois dont les accès sont encore plus contrôlés.

Selon les mots de l’Inspecteur Académique, «on maitrise la situation !» Pour autant «chacun des professeurs doit pouvoir intégrer les indications de la ministre, des consultations auront lieu jusqu’à la fin du mois.

Un groupe académique vient d’être créé, il est constitué de personnes ressources (deux par départements). En Ariège il s’agit du proviseur de Mirepoix et du CPE du lycée professionnel de Ferrière.

Ces personnes se tiennent à disposition des équipes pour intervenir dans les établissements scolaires, rencontrer les élèves, la communauté enseignante, mettre des mots sur des actes, analyser des situations
». Enfin avec l’objectif de sensibiliser les adolescents, un rallye citoyen va être organisé pour tous les élèves de 3e, le 7 mai prochain, une occasion de réaffirmer concrètement à travers le sport toutes ces priorités.
Jacques Briand revient sur la carte scolaire 2015, déjà décriée par les syndicats
Paradoxalement au même moment et alors que la ministre annonce des moyens supplémentaires, les contours de la nouvelle carte scolaire pour la rentée 2015 viennent d’être dévoilés avec la perte pour l’Ariège de trois postes d’enseignants dans le premier degré et 14 postes dans les collèges (voir notre article du 20 janvier 2015).

Pour l’inspecteur d’Académie des mesures qui se justifient par une perte d’élèves selon les chiffres validés par le ministère de l’Éducation nationale (une soixantaine en 2016 et 119 en 2017): «cette baisse de poste est mécanique au regard de la baisse des effectifs. Il faut réaliser des restructurations».

Selon lui les élus ont un point de vue symétriquement opposé, c’est pour cette raison qu’ils n’ont pas signé le protocole proposé par la Rectrice. Ils demandent un maintien des moyens sans tenir compte de cette baisse d’effectif.

«Je dois effectivement rendre quelques postes, mais les principes sur lesquels la carte scolaire sera faite sont des principes qui visent à préserver les écoles en milieu rural et à travers elles les équilibres sociaux. Il en va de notre responsabilité. Nous avons peu de marge de manœuvre, mais nous en avons quelque une» tempère Jacques Briand qui s’est déjà déplacé sur une quarantaine de communes pour mieux apprécier les réalités de terrain: «il y a aura une gestion sereine, professionnelle de chaque situation».

Quant au second degré, la perte de 150 élèves à la rentrée prochaine, invite l’IA à se pencher sur la gestion des moyens au regard de l’enveloppe académique: «je serai amené à faire des arbitrages, mais ils préserveront l’éducation prioritaire et les secteurs qui sont dans le giron de la politique de la ville (St Girons, Pamiers ou Foix)».

Jacques Briand a annoncé que Tarascon et Vicdessos auront des dotations supérieures à la moyenne académique, en attendant la fusion des deux établissements.

Il a reconnu que l’offre des formations post-bac faisant défaut en Ariège (faiblesse de l’offre post-bac et sections qui sont loin de faire le plein). Selon lui «il ne faut pas raisonner que sur le plan technique, mais connecter la formation avec l’emploi».

Laurence Cabrol | 23/01/2015 - 19:26 | Lu: 21980 fois