Carte scolaire 2015: suppression de 14 postes dans les collèges ariégeois
Dans le cadre de la préparation de la rentrée scolaire 2015 avait lieu ce lundi au Rectorat de Toulouse le comité technique académique, instance dans laquelle siège Antoine Loguillard de l’UNSA qui a tenu ce mardi une conférence de presse pour faire le point des moyens attribués à notre département.
Globalement les moyens académiques au niveau de la région sont meilleurs que l’an dernier. La projection des effectifs dans le premier degré est la suivante: 142 postes pour +2595 élèves soit un poste pour +18 élèves (en 2014 on avait le ratio suivant: 150 postes pour 3285 élèves soit 1 poste pour plus de 22 élèves.
Sachant que l’on enregistre donc une augmentation démographique plus faible pour la prochaine rentrée).
Une amélioration en trompe l’œil et des dotations à géométrie variable
«On a l’impression que la dotation est meilleure, mais la ministre a changé ses critères de répartition des postes, tempère le responsable de l’UNSA.
Les choix de l’Académie de Toulouse ont été selon la rectrice Hélène Bernard, guidés par les fluctuations démographiques, la réduction des écarts territoriaux en matière de performance scolaire et la garantie de l’équité territoriale dans les dotations supplémentaires.
La particularité du département de l’Ariège fait qu’il émarge aux deux critères: de petites structures et les critères sociaux parmi les plus dégradés de la Région Midi-Pyrénées (chômage, RSA, retard à l’entrée en 6e, taux de redoublement record… etc.).
Nous avons espéré jusqu’au dernier moment qu’il en soit tenu compte dans ses choix, or ce n’a pas été le cas et nous le regrettons. L’essentiel de la dotation va à la Haute-Garonne avec un redéploiement sur les autres départements».
Des choix qui aggravent la fracture territoriale et sociale dans le premier degré
Si depuis quelques années on assistait en Ariège à une augmentation des effectifs, la démographie tend à présent à s’inverser et selon les projections on enregistrerait dans les trois prochaines années, 234 élèves en moins.
Une baisse qui dès la rentrée prochaine se concrétise par -52 élèves ce qui entraine une dotation négative au niveau des postes dans le premier degré (-3 postes).
Une mesure qui selon Antoine Loguillard va aggraver la fracture territoriale et sociale, dans la mesure où il n’y a aucune politique d’aide.
«Une fois de plus, comme les deux années précédentes nous allons solliciter nos parlementaires et le ministère pour faire valoir nos arguments et bénéficier d’une rallonge […] il est vrai que la rectrice est venue à la rencontre des élus locaux afin de trouver des solutions pour maintenir les moyens dans les départements ruraux, elle leur a demandé de signer des protocoles.
Seuls les départements du Gers et des Hautes-Pyrénées y sont parvenus. C’est une décision politique qui a priori a eu une incidence sur les dotations puisque malgré la baisse des effectifs, le Gers s’est vu doter de trois postes supplémentaires !»
Toujours selon le responsable syndical, la signature d’un tel protocole (liant le président de l’association des maires du département, les parlementaires et le préfet) n’empêchera pas l’hémorragie, mais en atténuera peut-être les conséquences, car il donne une visibilité sur trois ans.
Collèges: suppression de 14 postes d’enseignants et de l’accompagnement éducatif
Si les dotations académiques pour le second degré semblent un peu plus avantageuses pour 2015 qu’elles ne l’ont été à la rentrée 2014: 138 postes pour 1860 élèves, la dotation des collèges a réduit comme peau de chagrin avec la suppression d’un poste par établissement (soit 14 postes pour les 15 établissements ariégeois pour une baisse prévue de -157 élèves).
«Les conséquences ne vont pas se faire attendre, poursuit Antoine Loguillard, à Foix on perd 36 heures, cela touche les cours, mais surtout le dispositif d’aide aux collégiens, de soutien aux projets culturels, sportifs…
Même à Tarascon où l’on enregistre une hausse des effectifs, la dotation est en baisse de 7 heures alors que nous n’avons même plus le bouclier de l’éducation prioritaire».
Dès l’annonce à la mi-octobre de la nouvelle cartographie proposée pour le département avec la sortie des collèges de Tarascon et de Vicdessos du dispositif de Zones d’éducation prioritaire, Alain Duran, conseiller général du canton et sénateur de l’Ariège était monté au créneau.
Il avait alerté le ministère de l’Éducation nationale qui lui avait garanti les moyens sous la forme d’une Convention académique de Priorité éducative (CAPE). «A priori la lettre de la ministre n’est pas arrivée jusqu’au bureau de la Rectrice, poursuit Antoine Loguillard.
La solidarité nationale ne s’est exercée que pour le département de la Haute-Garonne, pour l’Ariège la solidarité des territoires doit s’exercer au niveau des choix de la direction académique nous a-t-on répondu».
Suppression de l’accompagnement éducatif
Seconde mesure encore plus grave, car elle vient directement du ministère sans aucune concertation c’est la suppression pure et simple de l’accompagnement éducatif au collège.
Il s’est surtout imposé dans le domaine de l’aide aux devoirs et aux leçons, ainsi que dans celui de la pratique artistique et culturelle.
«C’est une décision catastrophique lourde de conséquences que l’on explique par le financement au niveau national de deux mesures: tout d’abord la réforme de l’éducation prioritaire (REP) qui coûte particulièrement cher à l’Éducation Nationale (40 postes pour la seule académie de Toulouse) sans pour autant avoir de dotations supplémentaires.
Ensuite la réforme statutaire visant à améliorer les situations indemnitaires des enseignants… les euros qui sont pris sur l’accompagnement éducatif des élèves vont payer les améliorations statutaires des enseignants, c’est un comble».
Pour Antoine Loguillard le collège souffre déjà depuis trop longtemps du manque de réforme structurelle. «Nous allons vers des difficultés à venir» indique le syndicaliste qui sans être grand vizir se pose des questions notamment sur le financement du maintien des effectifs dans l’armée: «en cette période de crise, nous craignons que la dotation de l’Education soit revue à la baisse.
Après la suppression de l’accompagnement éducatif (et par voie de conséquence des AED) nous serons vigilants sur l’engagement des 60 000 postes».
Blocage au niveau des formations
Le choix du rectorat est allé aux lycées avec 13 postes supplémentaires pour une augmentation de +174 élèves à la rentrée 2015.
Bien que St Girons et Jean Durroux à Ferrières aient ouvert un BTS l’an dernier, face à ce dispositif, Antoine Loguillard a demandé un rééquilibrage en faveur des collèges, parents pauvres de la carte scolaire dans le département de l’Ariège.
Mais c’est surtout en faveur de la carte des formations pour les trois années à venir qu’il a ferraillé avec les autorités de l’Académie de Toulouse.
En effet sur les 13 formations demandées, une seule a été acceptée pour le Bac Pro Chaudronnerie du lycée de Saverdun: «cela met le curseur un peu bas : 8 % des formations accordées pour l’Ariège contre 40 % pour l’Aveyron, 59 % pour la Haute-Garonne, 100 % pour le Gers qui une fois de plus rafle la mise, 33 % pour le Lot, 43 % pour les Hautes-Pyrénées, 66 % pour le Tarn et 50 % pour le Tarn et Garonne.
Très clairement nous avons beaucoup travaillé sur ce dossier qui s’inscrit dans la politique d’aménagement du territoire et on ne nous accorde rien. Sachant que l’Ariège est sous-équipée en matière de BTS, nos demandes en la matière (elles n’étaient pourtant pas surévaluées, il y en avait trois) sont revenues lettres mortes.
Cela a des conséquences sur les moyens de financement des établissements et sur l’avenir des jeunes ariégeois qui n’ont dans la plupart des cas pas les moyens de poursuivre leurs études à Toulouse… il y a de quoi être inquiet».
Dans un premier temps, les responsables syndicaux de l’UNSA vont saisir les parlementaires ariégeois, mais dès à présent ils invitent les enseignants des collèges à se mobiliser.
La prochaine rentrée risque d’être agitée.
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