L'économie funéraire en Ariège, un marché tourné vers l'avenir

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Depuis la fin du XIXème siècle, chacun peut choisir en France son mode de sépulture, inhumation ou crémation. Cette dernière peu répandue jusqu’à récemment voit ses chiffres exploser: plus d’un français sur deux souhaite aujourd’hui être crématisé.

Certes la croyance, l’âge ou la religion pèsent sur le choix de l’inhumation, mais les professionnels enregistrent une augmentation exponentielle de la crémation depuis une vingtaine d’années et s’accordent à penser qu’elle représentera jusqu’à la moitié des obsèques en 2030.

Des tendances qui se confirment en Ariège au regard des données chiffrées: en 2013 pour la ville de Pamiers on enregistre 504 crémations pour 127 inhumations.

L’association des crématistes s’en félicite et Roland Pavan un de ses militants de la première heure est heureux de voir changer les pratiques: «C’est la liberté individuelle de chacun… nous en avons parcouru du chemin depuis le début des années 80 où la crémation ne représentait que 3% des pratiques.

Aujourd’hui si la tendance s’inverse c’est que les gens sont beaucoup plus mobiles, ils s’installent ailleurs que sur leur territoire de naissance, le souvenir des tombes, des ancêtres est beaucoup moins prégnant dans la société du XXIème siècle.

D’autre part il y a l’aspect économique, la crémation est logiquement moins onéreuse. Notre message est simple, ne vous laissez pas piéger par les agents commerciaux des pompes funèbres qui malgré la peine des familles essaient de vous vendre des cercueils de sapin ou de chêne à prix d’or… demandez le moins cher, car au final le cercueil sera incinéré
».

Mais face à ces nouvelles tendances, le législateur s’est également penché sur le statut des cendres.

Si la loi du 19 décembre 2008 relative à la législation funéraire a considérablement encadré la destination des cendres après crémation, en leur conférant un véritable statut juridique, la majorité des Français continue de préférer la dispersion en pleine nature, qu’il s’agisse de leurs propres cendres (59%) ou de celles d’un proche (52%).
Chères obsèques
Selon un récent sondage IFOP, 84% des sondés jugent le coût des obsèques élevé, sachant qu’il représente un prix moyen de 3 500€ pour une inhumation classique et 20 à 40% moins cher qu’un une crémation.

Des tarifs qui évoluent cependant en fonction des villes (une quarantaine de crématoriums seulement dépendent de régies publiques) et des frais annexes.
Le Crowdfunding pour les obsèques
En réponse à un pouvoir d’achat en berne, on voit désormais apparaître des enseignes low cost proposant des obsèques premier prix à 1 350€ et le financement participatif commence à rentrer dans le secteur funéraire.

Depuis son lancement en juin, une plateforme de collecte en ligne spécialisée dans le financement des obsèques (collectefuneraire.com) comptabilise une trentaine de cagnottes qui ont généré de 2000 à 5000€... une véritable révolution dans ce domaine.

Le principe est simple: le site récupère le devis auprès des pompes funèbres puis crée une cagnotte virtuelle en demandant à la famille photos et texte lié au défunt. La page est ensuite transmise à l’entourage pour qu’il diffuse au maximum sur les réseaux sociaux.

Ce service est gratuit pour la famille et les pompes funèbres. Chaque contributeur doit verser une commission de 5%, la collecte dure jusqu’à 14 jours et son montant ne doit pas dépasser le devis établi par les pompes funèbres afin d’éviter toute dérive (une autre période de 14 jours est prévue pour permettre aux internautes de se rétracter avant que l’argent soit reversé à la société de pompes funèbres).

Un enterrement 2.0 qui pourrait bien avoir de l’avenir dans un domaine où les tarifs sont libres.

Laurence Cabrol | 30/10/2015 - 19:19 | Lu: 2663 fois