Les défis de l'agriculture ariégeoise pour 2015
Au moment du vote du budget primitif fin novembre 2014, la Chambre d’Agriculture avait alerté l’opinion publique, car au regard de la loi des finances 2015, l’institution consulaire obligée d’appliquer une baisse de 5,35 % de la taxe additionnelle sur le foncier non bâti (soit un manque à gagner de 100 000 €) se voyait aussi directement ponctionnée sur ses fonds de roulement.
2015, une année noire
En ce début d’année les soucis du président François Toulis sont toujours présents puisque la terrible loi des finances 2015 a été votée et que la taxe sur le foncier non bâti a baissé de 2 % en 2015, mais pour faire passer la pilule l’augmentation est lissée jusqu’en 2017: «initialement la baisse était prévue à 5,35 % et ils l’ont limité à 2 %... mais 2 % de plus en 2016 et 2 % en 2017, si bien qu’au final on arrive à -6 %.
Cela signifie que la ressource essentielle de notre établissement (cette taxe représente 40 % des ressources) a des conséquences directes sur notre masse salariale et impacte 10 % de nos effectifs… c’est une année noire pour nous !»
Le président de la Chambre d’agriculture n’envisage pas aujourd’hui des licenciements secs, il va faire jouer les départs à la retraite sans renouvellement, car en définitive la décision qui a été prise au niveau national sur trois ans laisse un peu de souplesse pour mettre en œuvre cette restructuration.
Néanmoins cette baisse inévitable au niveau des effectifs aura pour conséquence directe l’obligation de faire des choix dans le suivi des dossiers.
«Depuis quelque temps déjà nous essayons de nous rapprocher des autres établissements consulaires pour mutualiser nos moyens et faire baisser nos charges, c’est le cas pour l’informatique et la gestion du back-office, mais nous avons également mis en place un partenariat avec le Gers et les Hautes-Pyrénées sur la partie élevage c’est-à-dire l’identification des animaux et le contrôle de performance.
Une mutualisation des tâches qui n’enlèvent en rien les agents de proximité et le contact de terrain auquel sont habitués les agriculteurs ariégeois», précise François Toulis qui regrette un que la Haute-Garonne ne joue pas le jeu alors que la chambre consulaire collecte 4,3 M d’impôts.
Des dossiers toujours d’actualité en 2015
Parmi eux la réglementation relative aux nitrates.
En effet le durcissement de cette réglementation et l’élargissement du zonage à 63 communes du département est loin d’être clos: «nous sommes dans une phase de négociations avec les pouvoirs publics pour revoir cette zone complètement aberrante et faire en sorte qu’il y ait une logique qui ne pénalise pas tous les agriculteurs ariégeois comme cela leur a été imposé.
D’autre part nous sommes candidats pour une expérimentation sur la mise en œuvre des contraintes sur cette zone vulnérable. Nous souhaitons prouver qu’avec de la bonne volonté, les agriculteurs sont capables de se responsabiliser pour régler les problèmes sans avoir besoin de réglementations nationales ou européennes… j’espère que l’on sera suivi sur ce point et accompagné».
Les prédateurs
L’ours, le loup, les vautours… les éleveurs ariégeois sont lourdement impactés. Pour François Toulis rien n’est réglé sur le fonds.
«Nous avons enregistré des avancées sur le dossier vautour grâce à l’arrêté préfectoral autorisant les effarouchements encadrés, mais on verra au printemps si cela porte ses fruits ou si c’est encore insuffisant».
Les abeilles
On n’est toujours pas en mesure d’expliquer la surmortalité des abeilles dans le département de l’Ariège.
Les experts du ministère de l’Agriculture au regard des prélèvements réalisés ont rendu leur verdict le 17 novembre à la préfecture, mais rien n’est encore réglé.
Pour autant le dialogue n’est pas rompu entre la chambre d’agriculture et le collectif des apiculteurs et le président Toulis appelle de tous ses vœux une solution définitive à cette problématique: «j’espère que nous serons retenus dans le cadre de l’appel d’offre lancé par la chambre d’agriculture des Pyrénées Orientales.
Il s’agit d’une étude indépendante permettant d’analyser ce qui se passe véritablement sur ces cheptels d’abeilles.
On travaillerait dans le département de l’Ariège sur l’aspect animal et dans les Pyrénées-Orientales davantage sur la corrélation avec la viticulture et l’arboriculture pour voir les incidences des différentes productions entre elles et voir ce que l’on peut faire».
La valorisation des circuits courts
Valorisation des broutards engraissés et consommés sur le territoire, développer les filières courtes pour fixer les agriculteurs et leur permettre de développer leur activité…
François Toulis défend la valorisation de toutes les productions ariégeoises et leur commercialisation, notamment à travers la plate forme «Terroir Ariège Pyrénées».
Cette SCIC créée en 2011 réunit une centaine d’actionnaires «adhérents». Depuis trois ans elle s’efforce de privilégier les circuits courts entre les producteurs locaux et leurs clients, dont les collectivités, en produits frais et de qualité issus de l’agriculture ariégeoise.
Largement soutenue par la chambre d’agriculture, cette plate-forme unique en France a déjà réussi son pari en proposant quelque 300 000 repas par an, mais il reste encore du chemin à parcourir pour atteindre le point d’équilibre évalué entre 500 et 600 000 repas.
François Toulis a réaffirmé son soutien à la plateforme, mais il en appelle aussi aux collectivités locales et aux institutions pour asseoir cette structure visant à développer une agriculture ariégeoise de qualité en prise directe avec son territoire: «Terroir Ariège Pyrénées a multiplié par trois son chiffre d’affaires, de nouvelles collectivités comme Foix l’ont rejoint et on ne peut que s’en féliciter.
Mais il faut encore aller plus loin sur ce point en particulier avec les responsables politiques, le Conseil général sur les collèges, la Région avec les lycées, les communes sur les écoles, les maisons de retraite…»
Le message est bien passé, mais les politiques ont encore beaucoup de difficultés à mettre en œuvre cette politique indique le président Toulis: «on ne peut pas nous reprocher le coût des repas, la matière première revient à 2,27 €!
Au collège Lakanal à Foix le cuisinier vient de changer alors sous prétexte qu’il n’a plus envie d’éplucher les patates ou parce qu’il a son carnet d’adresses de fournisseurs le marché n’a pas été renouvelé.
Quant au Pays des Pyrénées Cathares et leurs plaquettes sur les circuits courts: c’est vide. Au final les cantines de Lavelanet se fournissent chez Sodexo et pour la viande dans le Tarn…
Tout cela est une volonté politique je vais revoir Henri Nayrou, président du Conseil général pour lui redemander son appui pour les collèges, je pense qu’il sera sensible à cette démarche et qu’il nous aidera, car quand on est dans la difficulté il faut se serrer les coudes»
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