CNRS de Moulis: un nouveau laboratoire labellisé hydro-écologie à l'horizon 2018
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Bien qu’ils aient gardé comme mascotte le Protée (une salamandre cavernicole endémique) il y a bien longtemps que les chercheurs de la Station d’Ecologie Expérimentale du CNRS à Moulis ont quitté leurs grottes.
Aujourd’hui le site ariégeois a réussi sa mutation en se hissant parmi les leaders internationaux en matière de recherche fondamentale sur la biodiversité et sur l’impact des activités humaines sur le milieu naturel.
Après le Métatron, une plateforme unique en son genre dédiée à l’étude du déplacement d’espèces animales exposées à des changements environnementaux, le dernier contrat de plan État/région 2015/2020 vient de mettre sur les rails la réalisation d’un laboratoire dédié aux milieux aquatiques continentaux, à l’étude des êtres vivants de ces systèmes et des flux de matières que l’on peut y observer.
Actuellement 55 chercheurs travaillent en permanence sur site.
Avec ce nouveau projet (porté par deux laboratoires: ECOLAB et EDB, l’unité écologie et biodiversité de l’Université Paul Sabatier de Toulouse) la capacité d’accueil passera à 30-35 personnes supplémentaires, de nouveaux arrivants qui s’implanteront à demeure, mais aussi des étudiants en Master, des Doctorants et des chercheurs du monde entier attirés par la qualité de la station d’Ecologie Expérimentale de Moulis.
Un projet unique au monde
Pour Olivier Guillaume, responsable des infrastructures qui suit ce projet, ce nouveau bâtiment de 1000 m2 devrait proposer aussi bien des installations techniques que des laboratoires animaliers (travaux sur les organismes) et à l’instar des serres du Métatron, un système de mares interconnectées, des connexions aquatiques et autres canalisations pour reproduire de manière miniature les systèmes des lacs de montagne (on travaillera aussi sur de la faune, du microscopique jusqu’à la taille de petits poissons).
«En choisissant des petites unités d’un mètre cube nous aurons une maitrise et un suivi parfaits de ces écosystèmes. Au final nous envisageons la création de 96 petites mares dont la température, la luminosité, l’humidité pourront être contrôlées et modifiées.
Ici les organismes auront la possibilité de changer d’environnement tout en préservant le comportement naturel des espèces».
Un projet complémentaire verra ensuite le jour autour des eaux courantes, du ruisselet en chevelure au petit ruisseau qui conflue jusqu’à la rivière: «les installations permettront de jouer sur les pentes grâce à un système de vérins, jouer sur les débits, la vitesse de l’eau pour travailler sur les flux d’organismes et de matière, comment la matière qui vient de l’amont va-t-elle se disperser vers l’aval… à l’heure actuelle nous sommes incapables de modéliser cela, c’est une approche de modularité: on pourra modifier le système en jouant sur les pentes, les cassures géologiques augmenteront la vitesse et le débit».
Pour l’ingénieur la réalisation d’un tel prototype constitue un réel chalenge, technique, mais aussi financier.
Et à ce jour au regard de l’enveloppe budgétaire, le système de modélisation autour des eaux stagnantes, plus abordable au niveau de l’ingénierie a été privilégié: «nous venons de lancer la procédure d’achat du foncier pour amorcer le projet. Le budget global s’élève à 5,5 M€ (2,8 M€ pour le bâtiment et 500 000 € affectés aux deux écosystèmes et à leurs laboratoires).
La Région Midi-Pyrénées, la Conseil général et la communauté de communes ont participé à cet investissement dans la cadre du Plan État/région, mais le CNRS va devoir d’ici la fin de l’année faire une avance (programmiste, achat du foncier, sélection de l’architecte et du bureau d’étude).
Nous comptons poser la première pierre en 2017 et l’ensemble devrait être achevé au plus tard fin 2018».
À noter que l’essentiel des travaux financés sera réalisé par des entreprises locales et si l’on compte la masse salariale (de passage ou sédentarisée) sur site, cette réussite scientifique est doublée d’une belle opération économique pour ce territoire du Couserans.
| Rappel Le Centre National de la Recherche scientifique a été créé en 1948 sous le nom de laboratoire souterrain. Axées sur la richesse des espèces cavernicoles des Pyrénées et notamment sur l’étude du Protée, une espèce endémique vivant dans les régions karstiques, les instances du CNRS mettent en place le laboratoire souterrain à Moulis, à la fois proche de Saint-Girons et peu éloigné des campus universitaires de Toulouse. Inauguré le 26 juin 1954, le laboratoire est dédié à la recherche scientifique sur le milieu souterrain (tant sur le plan physique que biologique) et rayonne pendant plus de 50 ans à l’international. En janvier 2007 le laboratoire de Moulis devient la station écologique expérimentale du CNRS et diversifié sous l’impulsion de Jean Clobert, son directeur, ses activités scientifiques grâce à l’arrivée de nouveaux chercheurs, techniciens, étudiants qui orientent leurs études sur l’écologie évolutive avec notamment deux points d’intérêts: les processus évolutifs des espèces (modification des espèces au fil du temps) et l’impact des changements globaux sur les individus et les populations (adaptations…). Connus mondialement pour le Métatron, un simulateur de réchauffement climatique, les chercheurs du CNRS étudient depuis quelques années l’évolution de certaines espèces (lézards, papillons) au regard de ces changements climatiques. Sur la plaine de Caumont (à la sortie de St Girons) sur 4 hectares, 48 serres de 100 m2 aux allures de pépinières à l’abandon, relayées les unes aux autres par des corridors qui permettent de simuler un réchauffement climatique. En effet la température, la luminosité, l’humidité peuvent être contrôlées et modifiées grâce à un système informatique de contrôle à distance. Après plus de deux ans d’études, le Métatron a commencé à livrer ses résultats : dans une cinquantaine d’années les reptiles continueront à se reproduire, à évoluer à survivre, ils grandiront plus rapidement, atteindront même plus tôt l’âge de reproduction, mais les adultes mourront plus vite. On assistera donc si cette expérimentation est correcte à des extinctions massives des espèces. Les chercheurs du CNRS estiment que la moitié des espèces pourraient avoir disparu à l’horizon 2100. Ils mettent en place aujourd’hui des dispositifs scientifiques permettant de trouver des solutions. |
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