De l'hélice au siège éjectable : la CMA veut s'orienter vers de nouveaux marchés
Les tarasconnais connaissaient bien la Queroc, une entreprise de chaudronnerie dont le destin à longtemps été lié à celui des usines Péchiney installées dans les vallées de Haute-Ariège.
Très affectée par la crise que traverse l’aluminium, l’entreprise change de nom et devient la CMA (Chaudronnerie Mécanique Aéronautique), elle s’oriente dès le début des années 80 vers le secteur aéronautique et développe cette activité à travers de nouveaux marchés passés avec Eurocopter, Sogerma ou Air France.
Elle mise depuis sur de nouvelles stratégies de travail, répond aux exigences qualité de ses clients, renforce son effectif, fait de considérables investissements (machines-outils, réfection des locaux, système informatique, mise aux normes environnementales…) et obtient au fil du temps le statut de sous-traitant majeur.
En 2009, l’ancien PDG fait valoir ses droits à la retraite et décide de vendre ses actions.
La CMA est rachetée par deux anciens salariés, Lucette Lagoutte et Richard Llabarrena, respectivement directrice générale et président de cette entreprise dont 98 % de l’activité est dédiée à l’aéronautique (et le reste au militaire) avec comme principaux donneurs d’ordres, Airbus Helicopter, TurboMeca, EADS Sogerma, Stelia.
Une entreprise «Multimétiers et autonome, capable de fabriquer plus de 10 000 pièces différentes, de la découpe laser au pliage, en passant par la soudure et les pièces de précision» comme l’indique sa directrice générale, consciente que la taille de son entreprise de 65 salariés et l’esprit «famille» qui y prévaut sont autant d’atouts pour s’adapter à un marché très exigeant et en pleine mutation.
«Nous sommes un peu atypiques dans la mesure où nous sommes une petite structure capable de faire preuve de grande adaptabilité et flexibilité, mais au niveau de la qualité nous avons les mêmes exigences qu’une grande entreprise, notamment en utilisant des méthodologies pour d’optimiser les processus de fabrication»
Aujourd’hui l’entreprise spécialisée dans la chaudronnerie fine est devenue un sous-traitant de premier rang pour les poids lourds de l’aéronautique.
Ses équipes travaillent l’aluminium, le titane, l’inox et sont capable grâce à leur savoir-faire de réaliser des pièces en petite série, des sièges éjectables pour hélicoptère ou des pièces de moteurs nécessitant des accords de confidentialité avec les fournisseurs.
L’entreprise tarasconnaise a vu comme la plupart des sous-traitants aéronautiques son activité croitre de manière importante durant ces dernières années.
Elle réalise un chiffre d’affaires de 6 M€ qu’elle entend consolider jusqu’à 10 M€ avec 10 à 15 % de salariés supplémentaires à court terme. Pour ce faire la CMA vient de racheter les anciens locaux de la Régie Municipale de Tarascon/Ariège, un bâtiment de plus de 1000 m2.
Des jeunes très motivés et un savoir-faire de pointe
Lucette Lagoutte et Richard Llabarrena s’appuient désormais sur une équipe renouvelée. Parmi eux Damien, responsable de Production et David, responsable «Supply Chain»
Tous deux ont fait leurs armes à la cité scolaire de Mirepoix. En trois mois ils ont repensé et restructuré l’organisation d’un atelier de 400 m2 qui à la base servait à stocker plus de 6000 outils, le tout sans en arrêter l’activité, ce qui a permis à la CMA d’être sélectionnée par l’association Space (un groupement de donneurs d’ordres parmi lesquels Airbus, TurboMeca, Safran… etc) qui met en place des actions afin d’aider les PME à monter en compétences.
«Nous avons présenté notre réalisation au forum performances Midi-Pyrénées devant un parterre de plus de 150 professionnels de l’aéronautique. Nous nous remettons en question régulièrement pour être toujours plus performants, nous avons mis en place un pôle ST, une cellule d’amélioration continue, plusieurs personnes vérifient tous les process…» explique David.
«Notre savoir-faire réside dans notre spécificité, poursuit Damien. Nous sommes capables de réaliser des ensembles pour Airbus-Helicopter, toutes les pièces sont produites en interne. Ce sont pas moins de 14 procédés spéciaux qualifiés avec des polycompétences au niveau des opérateurs»
Mais le responsable de production ne cache pas ses difficultés à trouver des candidats à l’embauche malgré toutes les mesures mises en place par Pôle Emploi et les organismes professionnels spécialisés.
«Nous avons beaucoup de mal à recruter des professionnels techniques sur ces postes. Nous sommes obligés d’aller recruter sur Tarbes ou Toulouse. C’est pour cette raison que nous nous dirigeons vers des formations internes ou externes avec des organismes agréés permettant de répondre à la fois aux exigences de nos clients et aux contraintes des nouveaux marchés»
Ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier : prochaine étape de la CMA, la diversification vers d’autres secteurs
Après avoir investi dans de nouvelles machines, la CMA vient de faire l’acquisition de l’ancien local de la régie des eaux de Tarascon lui permettant ainsi de s’agrandir et de développer à très court terme de nouvelles productions.
«Ces locaux nous sont indispensables pour notre nouvelle stratégie de développement» poursuit David.
«Nous voulons augmenter notre CA par de nouveaux donneurs d’ordres et diversifier notre activité notamment en nous tournant vers des marchés publics et en développant un pôle sous-traitance que l’on a commencé à ébaucher l’an dernier, nous permettant de répondre à toutes les consultations de nos clients, des métiers qu’ils n’ont pas en interne et qu’ils pourront trouver chez nous par le biais de sous-traitants».
L’objectif de la Chaudronnerie Mécanique Aéronautique est donc dans les années à venir de se diversifier en se tournant vers d’autres secteurs… tout en continuant à créer de l’emploi en Ariège.
Pour en savoir plus
http://www.cma-industry.com
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