Prévention des risques industriels: exercice au risque chimique chez RECAERO à Verniolle
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Les secours ont été alertés suite à d’importantes fumées qui s’échappent du local technique de traitement des surfaces et une personne manque à l’appel.
Ils déploient leurs unités de risques technologiques (URT) et leur cellule de décontamination. Le dispositif se met en œuvre, chacun a sa mission et chaque stagiaire passe l’un après l’autre pour apprivoiser le matériel, éprouver les techniques, répéter inlassablement les gestes permettant d’acquérir les bons reflexes pour garantir une totale efficacité.
Un stage pratique grandeur nature
«La mission des sapeurs-pompiers sera d’abord le sauvetage du salarié de cette entreprise puis la prise en compte du risque et la suppression de ce risque corrosif et toxique» indique le commandant Christian Lukowicz, responsable du groupement nord au SDIS de l’Ariège qui organisait ce jeudi un stage de formation grandeur nature à l’usine RECAERO, spécialisée dans les pièces aéronautiques.
Un stage de formation d’équipier de reconnaissance en risque chimique qui s’adresse à treize sapeurs-pompiers (volontaires et professionnels) désireux de se spécialiser dans cette branche:
«Cet exercice permet d’acquérir un certain niveau, la méthodologie opérationnelle est apprise en stage et développée ici. Les personnels doivent participer au moins une fois par an à une telle manœuvre pour figurer sur la liste opérationnelle départementale» précise le commandant conscient de la présence du risque chimique dans l’Ariège.
«Cet exercice permet de monter des opérations chez les industriels qui transportent et manipulent des matières dangereuses, des produits acides qui peuvent être toxiques pour les personnes, les biens et l’environnement»
Christelle Pobeau DRH de l’entreprise n’en est pas à son premier exercice (le dernier remonte à 2012): «Cela permet aux pompiers de s’exercer en cas de problème chimique, de mieux connaitre notre site mais aussi à l’entreprise de se sensibiliser à ces risques bien spécifiques que l’on peut rencontrer ici au niveau du traitement de surface ( des produits chimiques peuvent s’enflammer, il peut y avoir des émanations toxiques) ou dans les zones de stockage de peinture où il peut y avoir des départs de feu.
De notre côté on travaille plutôt sur l’évacuation des personnes en étroite collaboration avec les pompiers. Dans le cas d’un incendie qu’il faudrait éteindre, nous n’avons pas à ce jour d’équipe de première intervention… on s’appuie sur les pompiers en cas de sinistre»
Un exercice visant à éprouver les savoir-faire des sapeurs-pompiersMaxime, du centre de secours de Pamiers distribue les rôles et les missions: mise en place d’une zone d’exclusion, périmètre de sécurité avec sas de décontamination.
Les binômes se préparent à rentrer en zone contaminée et toxique: les équipiers essaient tant bien que mal d’enfiler de curieuses combinaisons spatiales. «Ce sont des scaphandres anti-gaz, ils pèsent sans les ARI plus d’une dizaine de kilos et à l’intérieur la température du corps peut monter jusqu’à 40 degrés d’où la nécessité de limiter les interventions dans le temps et de s’hydrater rapidement» indique un jeune pompier, «c’est un travail de prise en charge de la victime et d’obturation pour limiter voire supprimer la toxicité du site»
Une fois que la victime est repérée, elle est extraite et passe à la décontamination.
En marge de ce scénario, une équipe travaille sur la toxicité des produits à partir d’un corpus de formules chimiques: «Nous pensons avoir à faire à du cyanure d'hydrogène… c’est un produit extrêmement toxique et qui peut être mortel, car il cause une anoxie»
Le comandant Lukowicz n’intervient pas directement il se contente d’orienter les jeunes quand ils s’éloignent du sujet: «Gardez toujours en tête les fondamentaux: un risque chimique peut se doubler d’un incendie!»
Pour corser le tout, il sort son ordinateur et se connecte via son téléphone sur un logiciel américain de dispersion de phase gazeuse: «ce logiciel donne des seuils de dispersions en fonction de divers paramètres comme la météo. Il nous permet à partir d’un nom de produit toxique de réaliser des zones d’exclusion, de contrôle et de soutien. Quand il indique DL50, la concentration létale est telle que 50% des personnes meurent sur la zone contaminée»
Au bout de deux heures de cet exercice grandeur nature, le matériel est récupéré, remis en état, la berce de décontamination remonte sur son camion et la formation se poursuit au centre de secours de Pamiers pour la partie théorique.
Le retour d’expérience permettra d’améliorer l’efficacité dans la gestion des risques industriels majeurs. Le département de l’Ariège peut être fier d’avoir une cinquantaine de sapeurs-pompiers opérationnels dans ce type d’intervention.
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