accueil  |  ariège   |  france

Foix: la grève des avocats a perturbé l'audience du tribunal correctionnel

© midinews (archives)

Attendue par les victimes ou de nombreux justiciables en attente de leur jugement, l’audience du tribunal correctionnel de Foix a été lourdement perturbée cet après-midi par la grève nationale des avocats.

Un mouvement très suivi en Ariège, aucun des avocats prévus pour cette audience ne s’étant présenté.

Seul à avoir fait le déplacement, le bâtonnier de l’Ariège qui à profité de cette séance pour lire une lettre ouverte des 60.000 avocats de France à Mr Macron, «un geste symbolique» pour le bâtonnier.

On le sait, les avocats protestent contre le projet de loi du ministre de l’Économie Emmanuel Macron sur les professions réglementées. «Nous demandons la suspension du projet Macron qui porte atteinte à la justice de proximité (suppression de la territorialité qui va entrainer la désertification de la défense dans les zones rurales au profit des grandes métropoles, NDLR)» a expliqué le bâtonnier.

Me Frédéric Baby dénonçant en outre au travers de cette lettre ouverte, l’affaiblissement des Barreaux (en créant un nouveau corps d’avocats d’entreprise totalement dépendant de leurs employeurs et sans réelles garanties déontologiques, NDLR), et un projet portant atteinte à l’indépendance de l’avocat «seul véritable garant des droits du citoyen».
Une audience perturbée
Aujourd’hui, 23 affaires étaient inscrites au rôle du tribunal. 17 ont été renvoyées en raison de la grève par Blandine Arrial vice-présidente du TGI de Foix (juge unique de l’audience) avec l’aval du vice-procureur Géraldine Labialle.

Ces affaires seront jugées pour la majorité début mars 2015. Sur les 23 affaires, 6 ont donc été jugées cet après-midi. Les 6 prévenus, dont 2 absents à l’audience, se présentant sans avocat.

C’était le cas pour Nicolas et Samuel. Tous deux ont été interpellés dans la nuit du 18 août 2014 à Pamiers après avoir pêché à la ligne une trentaine de truites dans le parc municipal.

Le plan d’eau du parc étant qualifié de «réserve temporaire de pêche». Samuel est de plus poursuivi pour conduite sans permis et sans assurance.

Quand la vice-présidente du tribunal les questionne sur l’intérêt de pêcher en ces lieux, Samuel rétorque qu’il voulait les manger et en donner, «d’autant que les temps sont difficiles». Nicolas lui avoue que c’était pour s’amuser.

Le jeune homme pêche depuis sa plus tendre enfance. Concernant le défaut de permis et d’assurance pesant sur Samuel, ce dernier souligne qu’il a pris conscience depuis son interpellation qu’il fallait qu’il s’assure.

À deux, trois reprises, il a tenté de repasser son code, sans succès dans l’immédiat, mais il persévère. Du côté du Ministère public, Géraldine Labialle a rappelé aux deux hommes que la pêche dans une réserve était passible de 1500 € d’amende avant de requérir à leur encontre 250 € de peine amende, plus la confiscation des scellés.

Pour les délits route concernant Samuel, le vice-procureur a demandé un stage de sensibilisation à la sécurité routière ou une peine d’emprisonnement de 8 jours en cas d’inexécution du stage.

Avant que la vice-présidente ne sorte délibérer, les prévenus ont signifié leur accord aux peines proposées. Samuel réclamant néanmoins la restitution des scellés en avouant qu’il était attaché sentimentalement à la canne à pêche saisie, canne qu’il possède depuis de nombreuses années.

Après quelques minutes de délibération, Blandine Arrial a rendu le verdict.

Les deux hommes ont été condamnés à 250 € d’amende, les cannes à pêche seront restituées à leurs propriétaires, la vice-présidente avouant «être dans un bon jour».

Samuel a de plus été condamné à un stage de sensibilisation à la sécurité routière, Blandine Arrial lui répétant que s’il ne l’exécutait pas, ce serait 8 jours de prison.

NR | 18/11/2014 - 19:11 | Lu: 13769 fois