Centre Hospitalier du Val d'Ariège: réorganisation ou démantèlement du service de Gynécologie

Simple oxymore qui vient d’aboutir sur une grève reconductible, c’est une figure de style que nous livre depuis quelques jours par médias interposés la CGT du CHIVA et la direction du centre hospitalier.
La centrale syndicale crie au loup avec la fermeture de plusieurs lits du service Gynéco au profit «d’un redéploiement incohérent de 6 lits au sein de l’hôpital et la suppression de 3 emplois de sages-femmes et autant d’aide-soignants.
Ces lits ne suffisent pas, nous serons obligés d’installer les patientes aux grossesses compliquées en maternité… c’est un retour en arrière qui laisse présager d’une fermeture programmée de cette activité, un comble pour l’hôpital pivot du département, c’est inadmissible et inacceptable !»
À cette grève reconductible toutes les 24 h du personnel du service gynécologie s’est associé le personnel du laboratoire qui veut dénoncer une baisse des effectifs de nuit: «il n’y a plus qu’une personne pour assurer les urgences et les prélèvements courants». Là aussi la CGT crie au loup: «cette baisse injustifiée des effectifs de nuit au laboratoire, probablement pour prouver son inefficacité va contribuer à terme à le confier au secteur privé».
Pour Jacques Gomes CGT CHIVA, il s’agit une fois de plus d’une «vision comptable de la santé», car selon lui pour pouvoir fonctionner il faudrait une aide-soignante et une sage femme de plus par 12 heures, 7 jours/7.
«Or au 1er janvier on nous annonce la suppression d’un poste de chacune de ces catégories. Sachant que celles que l’on demande déjà beaucoup à celles qui travaillent. Pour preuve sur 24 aides-soignantes, cinq sont actuellement en arrêt maladie. Nous avons une maternité active, on ne veut pas que cela devienne une usine !»
Le bras de fer avec la direction a commencé, les sages femmes et les aides-soignantes en grève dénoncent le manque de communication de la direction et un sentiment de mépris à leur égard. Un rassemblement est prévu dans le hall de l’hôpital jeudi à 10 h.
À quelques jours des élections professionnelles dans la fonction publique hospitalière, ce conflit arrive à point nommé diront certains.
Le budget dégagé par cette réorganisation devrait servir à réduire le déficit de l’hôpital
Pour Michel Thiriet, directeur du CHIVA il n’est pas question de parler de fermeture d’un service qui permet tout de même à huit Ariégeoises sur dix d’accoucher dans le département: «nous n’envisageons pas de fermer l’unité Gynécologie, mais au contraire de la réorganiser.
Autrefois adossée à la maternité ce service est désormais intégré au service chirurgie. Ainsi le circuit de l’opéré est plus logique et cohérent» affirme la direction. Les sages-femmes qui assistaient les chirurgiens seront remplacées par des infirmières.
L’unité comprenait 8 lits dont le taux d’occupation était de 65 %, une majeure partie de l’activité étant traitée en ambulatoire et peu durant le week-end (entre 0 et 2 patients).
Cela a amené le Dt Jean Paul Gaestel, responsable du pole spécialités chirurgicales de réfléchir avec son homologue du pole des spécialités et prestations d’intérêt général, le Dt Christian Pons sur la réorganisation de ce service avec une hausse de la prise en charge au niveau de la maternité, l’affectation d’une troisième sage femme la nuit et l’embauche d’un nouveau chirurgien spécialisé en gynécologie (le Dt Ismael Gutierrez).
«Il n’y a pas de situation de carence, il n’y a pas non plus de politique de casse de l’hôpital» souligne le directeur de l’établissement. «Nous devons faire avec l’argent disponible et il n’est pas question de souscrire à une surenchère» précise Michel Thiriet qui a néanmoins décidé de régler le problème des heures supplémentaires.
La DRH recevra prochainement les personnes en fin de contrat.

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