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Elections Départementales: le collectif ESA affiche ses ambitions pour «déboulonner» le PS ariégeois

En photo: les membres de l'association ESA le 2 décembre 2014 à Ginabat
© midinews 2014

Eric Donzé, Benoît Alvarez, Alain Sutra, Marc Sanchez, Numen Munoz, Jean-Luc Fernandez, Jean Guichou, Jean-Pierre Ruffé… De Montoulieu à Lavelanet, en passant par Verniolle, Auzat, Montgailhard ou encore Tarascon, le tracé n’est pas rectiligne ; la trajectoire n’en est pas moins claire.

Mardi soir, la salle des fêtes de Ginabat a accueilli la présentation officielle du collectif ESA, comprenez une Equipe au Service des Ariégeois, en présence d’une centaine de personnes. «Nous nous sommes réunis pour créer une association citoyenne et innovante pour lancer un souffle nouveau», explique l’hôte de la soirée, Eric Donzé, maire de Montoulieu.

«Les dernières élections ont montré que l’abstention continuait de progresser, de même que le FN poursuit sa percée inquiétante. Le contexte local nous pousse aussi à remettre en cause cette hégémonie malsaine du PS.

On a vu que les tentatives d’élus isolés ne donnent rien. Nous avons donc décidé de nous regrouper autour de valeurs communes, au-delà des idées partisanes et des clivages, pour mettre en commun les compétences que nous exerçons chacun de notre côté. Nous ne sommes pas contre quelqu’un mais nous proposons une autre voie
», glisse Eric Donzé d’une subtile rhétorique.

A ses côtés, Benoît Alvarez et Alain Sutra opinent, insistant tour à tour sur leur volonté partagée de proposer à l’Ariège d’autres perspectives que celles du «parti majoritaire» à l’Hôtel du Département. Mais, au détour d’un propos, ils ne peuvent retenir quelques tacles à destination de cette «majorité en place depuis trop longtemps»

Benoît Alvarez: «depuis quelques semaines, Benoît Alvarez est redevenu gentil»
«Prenons mon exemple, lâche ainsi le maire de Montgailhard. Benoît Alvarez est élu au Conseil général en 2008. Pendant six ans, Benoît Alvarez a été mis de côté mais depuis quelques semaines, il est redevenu gentil. On vient le voir, des personnalités, des parlementaires, on lui promet des places… Je ne suis pas là pour me venger mais je préfère faire exister les valeurs humaines que nous portons au sein de ce collectif»

Même credo pour le président départemental du PRG et maire de Tarascon, Alain Sutra : «Lors des dernières cantonales, lorsque j’ai perdu l’élection, Alain Duran à peine élu a déclaré avoir battu l’UMP... C’est sans doute l’une des blessures politiques les plus profondes que l’on m’a fait subir»

Les plaies ouvertes ne pouvaient donc être refermées en quelques semaines de «portes et fenêtres ouvertes» par le Parti Socialiste désireux de proposer des listes composées des sensibilités de la gauche.

«On dit que le PS ouvre des portes moi je dis qu’il les referme bien vite, insiste Alain Sutra. Quand on veut négocier, on se met autour d’une table et on discute. Depuis que je suis maire, j’ai toujours eu des candidats socialistes face à moi. Ils ne voulaient pas l’ouverture à ce moment-là. Aujourd’hui qu’ils sont en difficulté, ils négocient… C’est trop facile»

Numen Munoz: «Nous voulons sortir les élus de leur tour d’ivoire»
Comme pour prendre un peu de hauteur, Numen Munoz enfonce alors un autre coin : «Le pouvoir trop longtemps concentré entre les mains des mêmes finit par les couper de la réalité. Nous voulons revenir à des fonctionnements plus normaux, et sortir les élus de leur tour d’ivoire»

Affichant «sans ambiguïté une sensibilité de gauche» (Eric Donzé), les membres fondateurs d’ESA indiquent se retrouver autour des valeurs de liberté, d’égalité, de fraternité et de laïcité. Charte à l’appui, ils affirment se retrouver «dans un esprit d’ouverture aux autres et de tolérance» pour «défendre les intérêts des citoyens dans le respect des devoirs et des droits»

«Nous souhaitons que nos concitoyens retrouvent confiance vis à vis des institutions publiques au travers d’actions cohérentes et légitimes, et du comportement exemplaire des élus. Nous ne cumulerons pas plus de deux mandats exécutifs et nous rendrons régulièrement compte des actions engagées», promet la charte d’ESA

Eric Donzé : «Nous ne sommes pas là pour faire un coup, nous nous inscrivons dans la durée»
Mardi soir, l’heure n’était donc pas à la déclinaison programmatique de ces «ambitions humanistes», selon le mot de Numen Munoz, mais davantage à l’impulsion à donner en prévision de la campagne électorale.

Le prochain rendez-vous du collectif est d’ores et déjà annoncé pour la fin du mois de décembre, avec la présentation des grandes lignes de son programme et de ses candidats. Sur tous les cantons ? «La question n’est pas de trouver 52 candidats*, rétorque Alain Sutra, mais bien de désigner des candidats crédibles et qui s’inscrivent dans notre démarche. C’est plus la qualité qui nous préoccupe que le nombre»

De sa capacité à identifier ces fameuses personnalités, ESA tirera sa crédibilité car, comme l’annonce Eric Donzé, «nous ne sommes pas là pour faire un coup pour les élections départementales ; nous nous inscrivons dans la durée. Notre engagement porte jusqu’aux prochaines municipales»

Voilà le Parti Socialiste ariégeois prévenu.

*Le mode d’élection du scrutin départemental a changé. Il prévoit désormais la désignation d’un binôme homme/femme et de deux suppléants homme/femme, soit pour les treize cantons de l’Ariège, 52 personnes.

PB | 03/12/2014 - 19:21 | Lu: 61479 fois