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Ariège Déchets: deux millions d'euros d'investissements et des projets d'extension du centre de tri

© midinews 2015

C’est une référence en matière de collecte, de tri et de valorisation des déchets.

Installée depuis 1979 sur la ZI du Moulin d’Enfour à Laroque d’Olmes cette PME de 19 salariés est désormais rattachée depuis 2012 à Delta Recyclage (200 salariés), une entreprise indépendante à taille humaine possédant cinq sites d’exploitation en région Languedoc-Roussillon et PACA, dirigée par Pascal Rostoll.

Delta Recyclage est une entreprise atypique à plus d’un titre comme aime à le rappeler son président: en effet bien qu’elle rentre souvent en concurrence directe avec Véolia ou Suez, elle n’appartient à aucun groupe et a été rachetée par ses salariés dans le cadre d’une MBO (Management By out).

Delta Recyclage traite 300 000 tonnes de vieux papiers par an, ce qui en fait le plus gros producteur de papier du sud de la France.

Ce matin Pascal Rostoll, directeur de Delta Recyclage et Christopher Bertuletti directeur du site ariégeois recevaient les responsables de Pôle Emploi et d’Ariège Expansion afin de leur présenter l’activité de l’entreprise et ses projets de développement.
Ariège Déchets: plus de 10 000 tonnes de déchets collectés tous les ans
Spécialisée dans la valorisation des déchets industriels (Déchets industriels Banals ou DIB), tels que les vieux papiers, les plastiques, cartons, bois et métaux récupérés auprès des industriels, des commerces ou des collectivités, cette entreprise spécialisée reconditionne ensuite ces déchets avant de les orienter vers des filières de revalorisation: «chaque hangar est dédié à une variété de déchet.

Le bois est broyé et renvoyé dans des usines fabriquant des panneaux ou des plaquettes pour le chauffage… notre métier à la base c’est le déchet et nous créons à partir de lui cette matière première
» explique Pascal Rostoll au milieu de la noria des engins de chantier qui récupèrent les balles cerclées au pied du broyeur.

«Elles sont ensuite stockées en attendant le départ vers des filières spécifiques sur le marché européen ou plus loin, en Chine».

Si l’entreprise assure la collecte et valorise les DIB, elle propose également des prestations de transport public de déchets pour les collectivités ou les industriels ainsi que la location de bennes.

Autre activité plus marginale, mais non négligeable au regard de la législation, Ariège Déchets collecte des déchets industriels spéciaux dits «déchets dangereux» (ou DIS) dont elle assure le transit et le regroupement dans son centre.

Ils sont entreposés dans un local spécifique [réalisé avec un cahier des charges très rigoureux] sous la responsabilité Jérémy Pegossoff qui en assure la traçabilité: piles, eaux souillées, solvants, batteries, amiante… tous les lots sont parfaitement identifiés, certains emballés en double peau avant d’être expédiés vers des centres de destruction ou de traitement spécifiques à Bordeaux, Toulouse, Lyon ou Montpellier.

«Nous sommes centre de stockage agrée, tous ces déchets dits dangereux sont conditionnés avant expédition sur différentes filiales de valorisation ou destruction en règle, en fonction du déchet» précise le responsable de cette unité de stockage particulière.

Au regard des enjeux environnementaux et de la politique initiée par le groupe Delta Recyclage, l’entreprise ariégeoise s’est vue récompensée par l’obtention de la certification ISO 14001.

«Nous avons un suivi spécifique de la DREAL», indique Pascal Rostoll. Comme tous les ICPE (installations classées pour l’environnement) Ariège Déchets bénéficie d’un traitement particulier de cet organisme de tutelle émanant du ministère de l’Écologie placé sous l’autorité du préfet: «cette micro activité de stockage de déchets dangereux nécessite une traçabilité et un suivi complet.

Et les bordereaux des entrées et sorties des déchets dangereux qui transitent sur ce site sont totalement libres d’accès par souci de transparence
».
Des investissements et le projet d’un nouveau centre de tri
Des tonnes de déchets industriels et des particuliers transitent tous les ans par le site de la ZI du Moulin d’Enfour.

Ils constituent un excellent indicateur de l’activité des entreprises et de la consommation des ménages.

«Depuis 2013 nous assistons au sein du groupe à une baisse conséquente du tonnage (-6 % pour les ménages et -20 % pour l’activité industrielle)» commente le directeur de Delta Recyclage.

Rien de dramatique, mais ces indicateurs de la croissance économique par la collecte des DIB sont prises très au sérieux par les organismes spécialisés en économie qui y donnent un écho particulier.

«Avec nos 10 000 tonnes de déchets par an, notre premier concurrent est le Smectom du Plantaurel, avec qui nous nous partageons le marché et les compétences en faisant des arrangements intelligents permettant de créer de l’emploi et des richesses sur le territoire», poursuit Pascal Rostoll qui précise avoir investi en 2013 sur le site ariégeois 2 M€ pour sa mise en conformité, l’achat d’un nouveau parc de véhicules (6 camions aux nouvelles normes environnementales), une presse automatique, un broyeur…

Mais à terme le groupe envisage de créer un centre de tri de déchets industriels visant à valoriser davantage ces déchets avant de les enfouir en décharge: «aujourd’hui les déchets finaux sont destinés à être enfouis.

Plutôt que de passer par l’enfouissement en décharge classique, on les retrouvera sur le site avec un tri de valorisation et on n’en mettra qu’une partie résiduelle en décharge.

Cela permettra de créer des emplois et de générer moins de déchets. Une belle opération pour le département de l’Ariège
».

Laurence Cabrol | 03/02/2015 - 19:44 | Lu: 41894 fois