Station des Monts d'Olmes: Perrine Laffont, une adolescente bien dans sa tête et sur ses skis
Retour au pays pour «Pepette» ce mercredi à la station des Monts d’Olmes.
Après trois heures de sommeil et un décalage horaire harassant qui n’a pourtant pas entamé le sourire ni la bonne humeur légendaire de la jeune ariégeoise, Perrine Laffont était déjà sur ses skis ce matin à 10h sans oublier de répondre aux nombreuses sollicitations de son public toujours aussi nombreux : une photo par-ci, une paire de bises par-là…
Après l’euphorie, la période de confirmation
Un an presque jour pour jour après les JO de Sotchi, la benjamine de l’équipe de France a appris à gérer sa notoriété tout comme sa carrière de sportive de haut niveau : après les JO, la médaille d’or du meilleur espoir de l’année, elle vient de décrocher son premier podium mondial (une 6e place aux championnats du monde à Kreischberg en Autriche) les compétitions s’enchainent au même rythme que les entrainements, avec en ligne de mire les JO de Pyeongchang en 2018.
Après le Canada, les Etats Unis, l’Autriche, cette pause en Ariège jusqu’à mardi est la bienvenue et retrouver la station où elle a grandi, fait ses premières traces à ski (première compétition à l’âge de 5 ans) constitue pour elle un vrai moment de bonheur.
«Le regard des gens est différent depuis les Jeux, mais moi je n’ai en rien changé d’attitude, c’est plutôt mon planning qui a beaucoup évolué, j’ai aujourd’hui un emploi du temps de ministre !
Tout le temps en déplacement, je suis rentrée hier d’une tournée aux Etats Unis dans le cadre de la coupe du monde… mais j’aime bien cette vie. Pour l’instant c’est une découverte, rien que du plaisir même si c’est fatiguant. C’est plutôt cool à 16 ans de pouvoir voyager et de vivre sa passion»
Après l’emballement médiatique autour de la cette ado d’à peine 15 ans découverte à Sotchi, Perrine avoue que les compétitions lors de la dernière saison se sont enchainées sans avoir de réelle prise sur les évènements. Aujourd’hui elle a pris du recul et c’est avec davantage de maturité qu’elle analyse son parcours sportif et avec lucidité qu’elle entame maintenant une période difficile de sa carrière sportive : la confirmation.
«J’ai tout découvert d’un seul coup : c’était ma première saison en coupe du monde, je suis allée aux JO… cette année c’est différent, il y a l’apprentissage avec ses hauts et ses bas et on ne peut pas dire qu’avec une sixième place aux championnats du monde ma saison soit ratée. Je suis encore en apprentissage.
Je suis là pour prendre du plaisir et pour apprendre à dompter le circuit de la coupe du monde. Et puis il vaut mieux que les bas arrivent cette année où je n’ai pas encore de pression par rapport aux résultats que dans quatre ans où il y aura une médaille en jeu.
L’an passé j’ai eu une grosse saison, mais j’ai les pieds sur terre, je continue à m’entrainer fort pour arriver au plus haut niveau. J’apprends et j’ai encore beaucoup à apprendre, c’est normal pour un sportif de haut niveau»
Pas facile de gérer un emploi du temps de ministre
Ce matin Perrine s’entrainait au Boss-Club des Monts d’Olmes, un club créé il y a vingt ans par sa maman Dominique et son papa, Jean-Jacques, moniteur à l’ESF, très présents dans sa vie.
«On n’est pas là pour la surprotéger, elle nous dit si elle veut que l’on soit présent à ses côtés, mais elle sait qu’elle peut compter sur nous pour l’intendance. Il faut souvent jongler avec les avions et avec l’école. Et quand elle revient en Ariège c’est aussi pour rattraper les cours. L’école c’est primordial, elle le sait bien et elle est parfaitement capable de gérer les deux»
Perrine cultive sa passion pour le ski acrobatique et s’illustre dans les épreuves des bosses au sein de l’équipe de France tout en poursuivant ses études en sport-études au lycée de Font-Romeu.
«Ce n’est pas facile, depuis deux mois et demi je n’ai pas remis les pieds en cours. Ma mère m’aide beaucoup, elle optimise mon temps libre. Je pense souvent à mes camarades qui doivent passer des bacs blancs ou faire des interrogations alors que je fais du ski au Canada ou aux Etats Unis… je skie toute l’année, je vis ma passion, je voyage et je ne vais pas à l’école… quoi demander de plus ?»
Une passion qui a un coût financier
Avoir un champion à la maison cela revient cher. Même si c’est avec pudeur que Jean-Jacques évoque les déplacements dans les Alpes pour les entrainements, le financement des cours, du préparateur physique, du coach ou de l’ostéopathe, il vient avec sa fille de lancer une campagne de financement participatif sur Fosburit, la plate-forme de crowfunding dédiée au sport.
«Malgré le soutien de la Fédération Française de Ski, de mon club et de mes sponsors, une saison de coupe du Monde où je cours en Amérique du Nord, en Scandinavie, au Japon et en Europe revient à un budget de 27 000 € à la charge exclusive de ma famille.
Malgré tous les efforts pour trouver des sponsors afin que je puisse atteindre mes objectifs, qu’ils soient sportifs ou scolaires, il me manque encore 10.000 € pour la saison 2014-2015. Etant la principale concernée, je me dois également de participer activement à cette recherche de fonds. Voilà pourquoi j’ai lancé cette campagne de financement participatif.
Et la capacité à mobiliser les gens autour de moi serait également un argument de poids pour convaincre les sponsors de s’engager avec nous dans cette quête olympique…. » A ce jour 69 contributeurs ont permis d’atteindre un financement de 6.200 euros.
Du haut de ses 16 ans, «Pepette» a pris de l’assurance et fait preuve de maturité.
«Même si elle est très jeune, elle évolue dans un monde d’adultes, ça fait grandir, poursuit Jean-Jacques. Perrine est heureuse de faire ce qu’elle fait… y compris l’école qui ne lui plait pas beaucoup, mais dont elle est consciente de l’importance.
Et pour des parents c’est important de voir ses enfants épanouis même s’il y a des contraintes, des difficultés. Et quand elle revient ici c’est une locomotive pour le club, tous ces jeunes sont tellement heureux de la revoir !»
Des jeunes, mais également son frère Grégory, lui aussi moniteur à la station et son supporter de la première heure.
C’est promis, Perrine Laffont va continuer à nous faire vibrer sur les champs de bosses cet hiver et peut-être encore pour longtemps.
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