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Des milliers d'Ariégeois privés d'internet et de messagerie électronique par la faute d'un scooter !

Lundi matin, aux aurores, un gigantesque «bug Internet» a ramené une partie de l’Ariège et de la Haute-Garonne à l’âge du fax et du courrier.

Plus d’une centaine d’entreprises (Continental par exemple) et de collectivités (telles que des services du Conseil général de l’Ariège ou de la mairie de Toulouse) ou encore l’antenne du CNRS, ont été privées de toute connexion à Internet ou d’accès aux messageries électroniques. Toutes bénéficiaient de ces services par les réseaux de fibre optique de l’opérateur SFR.

Mais le coupable n’est pas à chercher du côté du fournisseur d’accès, plutôt d’un scooter ! Toute proportion gardée, l’incident n’est pas en effet sans rappeler la théorie du papillon : vous savez, ce battement d’aile d’un lépidoptère d’un côté du globe qui provoquerait un cataclysme sur l’autre hémisphère...

Lundi vers 4 heures, un deux-roues a été dérobé dans un quartier de Toulouse avant d’être incendié sous un pont derrière l’université Paul-Sabatier. À proximité courent les gaines de plusieurs centaines de brins de fibre optique qui alimentent une partie de la Ville rose, du Lauragais et de l’Ariège.

«Pas loin de 400 liens fibre ont été touchés par cet incendie. Au total, on estime qu’une cinquantaine d’entreprises ont été impactées. Nos équipes sont sur place depuis très tôt dans la matinée, ont mis en place un certain nombre d’opérations pour ressouder les liens. Les services devraient commencer à revenir vers 19 heures», indiquait Guillaume Fauré, Directeur des relations régionales SFR pour le Sud-Ouest, en début d’après-midi.

Sur la fragilité du réseau, l’opérateur indique que les sécurités sont prévues, mais «dépendent des besoins du client»

«Si le client a besoin d’une grande sécurité, on prévoit en fonction, explique Guillaume Fauré. On fait le maximum pour minimiser les impacts de ce type de panne chez nos clients. Mais des pannes de ce type sont extrêmement rares... Nous sommes très dépendants de l’action de tiers, d’un acte criminel ou accidentel»

Comme tout réseau de tuyauterie, quand un tuyau est percé, tout s’arrête
Au-delà du sort survenu au scooter, Francis Dejean, Directeur général des Services du Conseil général, reconnaît que l’incident a effectivement eu des conséquences sur le fonctionnement de la collectivité : «le système interne au Conseil général n’est pas en danger puisque tout est sauvegardé et préservé. Mais ce qui nous impacte, c’est le lien vers l’extérieur. L’accueil du public physique, c’est une chose, l’accueil virtuel lui est bloqué»

«Un accident de ce type nous montre bien à quel point nous sommes tributaires de ces réseaux, poursuit Francis Dejean. C’est une des raisons pour lesquelles nous sommes allés chercher une deuxième entrée du côté du Comminges pour le réseau départemental, pour ne pas rester uniquement branchés par le canal du Midi.

On ne voulait pas risquer le noir total en étant sur un seul point d’entrée. Mais de toute façon, c’est le propre des réseaux de télécommunications : comme tout réseau de tuyauterie, quand un tuyau est cassé, tout s’arrête
»

Lundi soir, à l’heure où nous publions ces lignes, toutes les connexions n’avaient pas encore été rétablies.

PB | 16/02/2015 - 20:42 | Lu: 59043 fois