Les chiffres de la délinquance en Ariège: «relativiser sans minimiser la situation du Pays d'Olmes»
Après un premier rendez-vous manqué en janvier, les chiffres de la délinquance ont été enfin livrés à la presse ce matin.
Un nouvel outil statistique adossé à l’INSEE avec des critères refondus, a été installé place Beauvau et certains diront qu’il rend la lecture des chiffres plus difficile, d’autres qu’il noie la réalité dans les comparaisons et puis on l’a vu à Marseille une délinquance qui baisse sur le papier est souvent en décalage avec le ressenti ou le vécu des populations.
Quoi qu’il en soit les chiffres parus en début d’année par l’ONDRP avec son outil «cartocrime» ont donné la tendance pour l'année 2014.
Des chiffres bruts certes, mais une base de données alimentée par des données très officielles (les crimes et délits constatés par la police et la gendarmerie), à manier avec prudence certes, mais qui cependant «donnent la température». En Ariège la délinquance en données brutes (tous faits confondus) augmente de +7,2 %.
Bien que les résultats s’améliorent dans la lutte contre les cambriolages de résidences principales, le bilan 2014 des crimes et délits est plus que mitigé, quasiment tous les types de violences augmentent, tandis que les agressions sexuelles explosent.
Ce matin à la préfecture de l’Ariège il s’agissait de commenter les chiffres officiels du ministère, car selon les mots de Nathalie Marthien, «on ne peut pas cumuler tous les faits… mélanger les carottes et les poireaux.
Il vaut mieux prendre les chiffres par catégories, car si on cumule les atteintes volontaires à l’intégrité physique avec les atteintes aux biens, on arrive à des chiffres plus importants… et ce qui est important pour vous médias et pour la population, c’est de savoir si les cambriolages ont évolué, s’il y a une augmentation dans les résidences principales, dans les exploitations agricoles…»
Bref, un bel exercice de communication interministérielle.
Bonnes tendances avec une stabilisation pour les cambriolages
Selon le préfet de l’Ariège et malgré le sentiment d’insécurité depuis 2013 on assiste à une diminution du nombre des cambriolages avec en 2014 une stabilisation des faits (+0,52 % d’augmentation): en 2012, 863 faits ont été enregistrés, en 2013, 762 et en 2014, 766, et pour pousser davantage la précision de l’analyse, la Préfecture dans son tableau de bord donne le nombre de faits constatés pour 1000 habitants: 4,84 faits pour 1000 habitants en Ariège et 5,86 faits au niveau national.
«Nous sommes en dessous du niveau national et concernant les cambriolages dans les résidences principales et secondaires nous enregistrons une baisse de 30 % depuis 2013 (là aussi un chiffre inférieur à la tendance nationale) soit en 2012, 596 faits enregistrés, 429 en 2013 et 418 en 2014».
Selon le préfet «contrairement au ressenti des populations les cambriolages ont diminués de 10 % en Pays d’Olmes, preuve du succès du plan de lutte contre les cambriolages et la mise en place du GLTD qui s’avère être un succès pour lutter contre la délinquance».
Bref une tendance favorable et des efforts qui seront maintenus en 2015.
Par contre les chiffres sont moins flatteurs pour les atteintes volontaires à l’intégrité physique qui voient leurs chiffres exploser (+14,10 % avec +10,39 % pour les violences sexuelles et +10,55 % pour les violences et conflits intra familiaux), les vols de véhicules (+10 %) ou les vols sur les exploitations agricoles (+30 %).
«Les plans que nous avons lancé n’ont pas encore porté leurs fruits» commente le préfet. Par contre les services de l’Etat entendent mener en 2015 une «croisade» contre l’insécurité routière (parallèlement à la campagne nationale).
En effet on enregistre pour 2014 14 décès sur les routes du département dont 7 en rapport direct avec les deux roues. Preuve que le déploiement des radars (56 699 flashs en 2014 soit une augmentation de +18 %) et la mise en service du radar mobile en juillet 2014, n’ont pas suffit à endiguer l’insécurité routière.
Perspectives 2015
Nathalie Marthien entend renforcer les actions des CISPD et CLSPD (ils sont au nombre de cinq sur le territoire): «au regard des attentats du mois de janvier il faut revoir les thèmes de travail, nous sommes et nous serons amenés à réfléchir et infléchir nos actions notamment avec une réflexion poussée sur la citoyenneté, la laïcité et la fraternité.
Les conseils locaux ou intercommunaux sont des partenaires privilégiés pour mettre en œuvre toutes ces actions […] 2015 doit être consacré à la reconquête du terrain et les actions impulsées dans le cadre de la politique de la ville sont autant de facteurs favorables en direction des quartiers pour qu’ils redeviennent populaires et vivants».
Focus sur le Pays d’Olmes
Le bilan d’Olivier Caracotch, procureur de la République met en avant «une délinquance maitrisée» dans un département qui reste préservé des grands phénomènes criminels.
Pour conclure que «les efforts commencent à payer. Les chiffres pour les cambriolages sont satisfaisants (la baisse de 2013 est consolidée et la fin d’année s’est soldée par plusieurs interpellations.
Quant aux violences interfamiliales l’augmentation des chiffres repose sur l’augmentation des plaintes, preuve que la parole se libère et que le travail est payant»
Si le préfet et le procureur reconnaissent que la violence urbaine du Pays d’Olmes est spécifique à ce territoire (incendies de véhicules, de la résidence sociale de Lavelanet ou du garage Citroën dernièrement), la mise en place du GLTD courant 2014 a permis d’accroitre le nombre de gendarmes et d’augmenter de manière significative les réponses pénales: «il faut relativiser sans minimiser.
Les chiffres sur l’année permettent de relativiser le tableau souvent trop sombre que l’on se fait parfois de la situation de la délinquance ne Pays d’Olmes» poursuit le procureur qui loin de nier l’évidence met en avant les actions fortes menées à travers les différents dispositifs.
«Il y a une délinquance spécifique de ce territoire, plus marquée que dans le reste du département, mais les services de l’Etat qu’il s’agisse de la préfecture ou de l’autorité judiciaire sont vigilants».
Des efforts qui devraient encore se concentrer sur ce territoire dans les mois à venir.
En photo ci-dessous: tableau de gauche, données brutes en 2013 (5762 faits constatés), à droite le tableau livre les données brutes en 2014 (6176 faits constatés), au milieu, la variation des données brutes entre 2013 et 2014 (+7,2%)

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