Journée Internationale des femmes à l�Union Patronale de l'Ariège
La journée internationale de la femme fête cette année ses trente ans d’existence et chaque année cette date du 8 mars est l’occasion de faire un bilan sur les progrès réalisés en matière d’égalité.
Ainsi, Alain Gabriel, président de l’Union Patronale Ariège-Pyrénées (UPAP) a souhaité présenter à la presse des femmes chefs d’entreprise exerçant un mandat patronal dans le département et contribuant par leur action à son dynamisme.
C’est donc en présence de Claude Delpy, président d’honneur et fondateur de l’UPAP (en 1986) de Jean-François Valette, Préfet de l’Ariège qu’Alain Gabriel a présidé cette manifestation, mettant en avant dans son discours introductif les actions de l’UPAP vers une plus grande mixité.
«25% des femmes de notre département sont chefs d’entreprise et 20% exercent un mandat auprès des chambres consulaires, de l’URSSAF, ASSEDIC, CPAM…/…/… En 2005 l’Union Patronale a créée le Club des femmes chefs d’entreprise, création à laquelle l’Etat (au travers de la délégation départementale aux droits des femmes et à l’égalité) a participé tant techniquement que financièrement.
Les échanges au sein de ce club permettent notamment aux femmes de communiquer sur les processus de management et d’encadrement. Nous encourageons les femmes adhérentes à notre organisation professionnelle vers une plus grande représentativité dans les mandats…/…/…
Nous avons pour objectif d’intensifier nos actions vers les jeunes afin de favoriser la diversification des choix d’orientation des filles et donc la féminisation les métiers de demain: ce processus est déjà entamé en Ariège pour preuve la médaille d’or obtenue par une jeune apprentie en chaudronnerie du lycée professionnel de Saverdun…»
Le Préfet a ensuite pris la parole pour dire combien il était «très honoré et très heureux de célébrer cette journée internationale des femmes en Ariège auprès des femmes chefs et cadres d’entreprise qui contribuent au dynamisme de notre département et de notre pays»
Cependant même si depuis quelques décennies, les progrès en matière d’égalité entre femmes et hommes apparaissent constants, le chemin vers la mixité est encore à poursuivre dans l’ensemble des champs de la vie politique sociale et professionnelle.
Jean-François Valette a appuyé ce constat par la couverture du magazine l’Express qui cette semaine a réalisé un dossier sur le thème «les 50 qui font bouger l’Ariège : sur les 50 personnes retenues par le rédacteur en chef, il n’y a que 6 femmes donc 12%, c’est manifestement insuffisant …»
Le Préfet a évoqué l’action de l’Etat dans le département à travers quelques initiatives: la campagne d’information des artisans sur l’obligation, en 2007, de choix d’un statut pour le conjoint travaillant dans l’entreprise (une opération menée par la chambre des métiers), l’accompagnement de femmes bénéficiaires de l’allocation parent isolé à l’emploi mené par le CIDFF (centre d’information sur les droits des femmes) ou la facilitation pour les femmes de l’accès au crédit bancaire pour créer, reprendre ou développer une entreprise grâce au FGIF (fond de garantie pour la création, le développement ou la reprise d’entreprises).
Mais il a également annoncé au cours de cette conférence de presse le lancement officiel du «prix de la vocation scientifique et technique des filles 2007» dont l’objectif est de favoriser la diversification des choix d’orientation des filles et donc de diversifier les métiers de demain pour une plus grande mixité. (voir le communiqué de la préfecture de l'Ariège à ce propos)
Ce prix est organisé par le ministère délégué à la cohésion sociale et à la parité, il s’adresse aux jeunes filles, élèves de classes de terminales des lycées d’enseignement général et technique, des lycées professionnels et des lycées agricoles, qui souhaitent après le baccalauréat s’orienter, dans le cadre de l’enseignement supérieur, vers des formations scientifiques ou techniques dans lesquelles elles sont peu nombreuses.
Enfin, M. le préfet a profité de cette journée internationale de la femme pour évoquer un problème de société qui doit interpeller tous les citoyens: les violences sexistes, les agressions sexuelles, les violences conjugales, le harcèlement sexuel en milieu de travail.
«Pour les seules violences conjugales nous avons enregistré, en 2006, en Ariège 311 faits signalés par les victimes dont 30% ont donné lieu à un signalement auprès des autorités judiciaires. Parmi les victimes, 301 étaient des femmes, 8 étaient des hommes. Cette situation est inacceptable, elle nécessite une mobilisation de tous et une éducation des enfants au respect mutuel dès le plus jeune âge. C’est notre devoir à nous qui exerçons des responsabilités et à chacun des citoyens …/…/…»
La lutte contre les violences faites aux femmes sera une des priorités des service de l’Etat, en partenariat avec les services de la gendarmerie, la police et la justice mais également en relation avec le CHIVA et les associations dans le cadre de l’unité d’accueil des victimes de violence ouverte à Pamiers depuis le 2 février et inaugurée officiellement le 21 mars prochain.
La célébration du 8 mars, met en avant les avancées concernant l’évolution de notre société en matière de mixité mais elle fait également apparaître les progrès à réaliser dans l’avenir pour «faire de l’égalité une réalité quotidienne et non plus seulement un droit consacré».
Pour information, voici les chiffres annoncés par la préfecture de l’Ariège pour le département en matière d’égalité:
- Une représentation politique des femmes qui progresse mais qui demeure faible: elles représentent 12% des maires, 28% des conseillers municipaux, 4,3% des conseillers généraux, 0% des parlementaires mais 40% des conseillers régionaux.
- Une représentation économique en progrès puisque : ▪ 614 des 3329 entreprises inscrites au registre des métiers soit 16,3% sont dirigées par des femmes en 2006 (en progression car 11,5% en 2002) ▪ 1110 des 4480 entreprises inscrites au registre du commerce et de l’industrie soit 25% sont dirigées par des femmes en 2006.(au niveau national parmi les dirigeants salariés d’entreprise, 17,1% sont des femmes)
- Un taux d’activité des femmes en progression constante depuis un quart de siècle se rapprochant des taux masculins (29% en 1975 à 43% en 1999) comme au niveau national: désormais, on compte 81 ariégeoises actives pour 100 ariégeois actifs(INSEE 1999).
- Une concentration des femmes dans le secteur tertiaire très féminisé qui emploie 84% des femmes actives ayant un emploi contre 55% des hommes. Une sur trois occupe un emploi dans l’éducation, la santé ou l’action sociale.
- Une surreprésentation des femmes dans les emplois partiels : plus d’une femme sur trois (38.2%) occupe un emploi à temps partiel contre moins d’un homme sur dix (7%). Pour la moitié d’entre elles, ce temps partiel imposé, s’accompagne d’un statut précaire, de faibles revenus et d’horaires souvent atypiques.
- Des niveaux de revenus inférieurs pour les femmes: ▪ des salaires nets inférieurs à ceux des hommes de 22% même si l’écart de salaire entre les femmes et les hommes est le plus faible de Midi Pyrénées. Donc des retraites plus faibles de 38% pour les femmes.
En Ariège, le salaire net annuel moyen féminin est de 12.220€ contre 15.738€ pour les hommes – INSEE 2003. Ils sont inférieurs à la moyenne régionale: 12.969€ femmes / 17.880€ hommes
- Un bon niveau de diplômes mais inférieur à la moyenne régionale : en 2000, 53.1% des femmes et 55% des hommes de 25 à 29 ans, en Ariège, ont le baccalauréat ou un diplôme plus élevé.
Mais des tendances d’orientation stéréotypées ; les filles dans les filières d’enseignement général et les garçons dans les filières scientifiques et techniques qui renforcent la coupure entre les métiers du tertiaire très féminisé et ceux de l’industrie plus masculins.
- Un chômage de moyenne durée et un chômage des jeunes qui touche davantage les femmes que les hommes : en décembre 2006, en Ariège, les femmes représentent 51,4% des demandeurs d’emploi (données DRTFP Midi Pyrénées).
La part des femmes au chômage de très longue durée (2 ans et plus) s’est réduite depuis 1 an, mais les femmes au chômage de moyenne durée (compris entre 1 an et 2 ans), constituent la majorité (53%) des demandeurs d’emploi de cette catégorie.
Photos et vidéo: ©AriegeNews 2007 |