Le Président du Conseil Général de l'Ariège écrit au Préfet à propos des jeunes majeurs étrangers
Monsieur le Préfet,
Je souhaite attirer votre attention sur la situation des « jeunes majeurs » étrangers confiés par le Parquet, alors qu’ils étaient mineurs, au Conseil Général de l’Ariège.
Les services de l’A.D.S. se sont fortement investis pour permettre l’insertion sociale et professionnelle de ces jeunes qui, pour la plupart, sont engagés dans des parcours d’insertion durable (contrat d’apprentissage, contrat nouvelle embauche…).
Dix sept autres mineurs, eux aussi engagés dans des démarches d’insertion, deviendront majeurs entre le 12/8/2007 et le 31/12/2008.
Vous avez pris la décision de refus de séjour pour 6 de ces jeunes qui avaient déposé une demande de régularisation auprès de vos services. Tout le travail accompli sera alors inutile s’ils sont expulsés. Vous comprendrez donc mes réserves sur ces décisions qui ne sont ni équitables ni opportunes.
A plusieurs reprises, je vous ai indiqué que l’Etat devait prendre ses responsabilités en matière d’immigration. Au lieu de cela, en Ariège, mais aussi dans tous les départements de France, l’Etat, confronté au problème de l’arrivée sur le sol français de mineurs étrangers, profite de l’absence de précision du Code de l’Aide Sociale pour confier la garde et la charge financière de ces jeunes aux Conseils Généraux.
Il s’évite ainsi le travail d’instruction et d’analyse sur les circonstances de ces arrivées.
Il n’est pas dans la vocation des Collectivités Locales de gérer des «camps de transit» mais au contraire de mettre en œuvre tous les moyens pour assurer, de la meilleure façon possible, non seulement la protection mais aussi l’insertion de ces jeunes.
Pendant plusieurs mois, l’opinion publique s’est laissée bercer par de grandes théories sur «l’immigration choisie» ou le «co-développement»
Les décisions d’expulsion, lorsqu’elles sont prises dans les conditions que l’on vient de constater, démontrent clairement que l’Etat esquive ses responsabilités dans ce domaine lorsqu’il peut reporter la charge financière sur les Collectivités Locales puis agit brutalement en expulsant par opportunisme à la fois politique et financier sans se soucier des situations individuelles. C’est ce que je déplore et je vous en avais déjà fait part.
Je vous prie de croire, Monsieur le Préfet, à l’assurance de ma considération distinguée.
Par email, Augustin Bonrepaux, Président du Conseil Général de l'Ariège
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