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Papeteries de Lédar: manifestation à Foix
C’est à l’initiative de Jean-François Valette, préfet de l’Ariège que s’est tenu lundi à midi une réunion avec les responsables des papeteries de Lédar, le comité d’entreprise et son conseil, ainsi que les représentants de l’Etat pour tenter de trouver une solution à ce conflit et mettre fin aux menaces qui planent sur une des dernières papeteries de Saint-Girons.
Dès 11 heures un regroupement avait lieu devant les grilles de la préfecture, pas moins d’une centaine de salariés, rejoints par les élus ariégeois qui avaient répondu à l’appel de Jean-Pierre Bel, président de l’association des Maires de l’Ariège, les deux nouveaux députés, Henri Nayrou et Frédérique Massat, les syndicats et des sympathisants venus soutenir leurs revendications.
Pour comprendre la situation de Lédar il faut revenir deux ans en arrière, quand le fonds de pension américain Matlin Patterson, bien connu dans l’Ariège pour avoir recapitalisé les Ets textile Michel Thierry à Laroque d’Olmes, «spécialisé dans la reprise d’entreprises en difficultés» a racheté les ¾ des actions du groupe Matussière et Forest.
Les actionnaires de ce fonds de pension, en majorité des retraités américains, «exigent un rendement de 12%» Or actuellement l’usine de Lédar, dans sa structure dégage bien des bénéfices, mais des bénéfices inférieurs aux attentes des actionnaires.
La stratégie des nouveaux propriétaires consiste à séparer les centrales hydrauliques, parfaitement rentables, de l’usine qui l’est nettement moins.
Les salariés s’opposent à cette session qui entraînerait vraisemblablement la fermeture de la papeterie selon les salariés.
Ce processus est bien connu des couserannais puisque déjà utilisé il y a quelques années aux Papeteries Berges, qui ne comptent aujourd’hui qu’une dizaine d’employés chargés principalement d’éviter que le bâtiment ne tombe complètement en ruine.
Quoiqu’il en soit, cette disparition programmée serait dramatique pour le Couserans car au-delà du symbole que représente les papeteries c’est un pan entier de l’économie qui est en péril : on estime qu’un emploi direct génère deux à trois emplois induits…
Ce ne serait donc pas seulement les 120 emplois (111 CDI et 9 CDD) qui seraient menacés à terme mais entre 250 à 350 sur toute la région.
Depuis le 13 juin les salariés de l’usine ont bloqué sur le site de Lédar les centrales, soit 4000 euros de perte quotidienne pour les propriétaires, anciens ou nouveaux car là aussi les bruits courent, mais rien n’est arrêté définitivement…
C’est également pour cette raison que tous se sont retrouvés, malgré les caprices de la météo, devant la Préfecture à battre le pavé pendant plus de 5 heures. Malgré la musique, le moral des troupes est au plus bas… ils se demandent «à quelle sauce ils vont être mangés et dans combien de temps»
Joseph Pagès, retraité avec 35 ans de papeterie à son actif a fait le déplacement, même si le temps est long et si la fatigue se fait ressentir dans l’après-midi, il a tenu à soutenir les jeunes: «Tout a commencé à se détériorer il y a 12, 13 ans, mais si Lédar ferme, il ne restera plus grand-chose, les jeunes ne trouveront pas de travail, ceux qui ont fait construire ne peuvent pas tout quitter du jour au lendemain… l’Ariège est en difficulté»
«Je suis à la papeterie depuis 16 ans et actuellement le moral va très mal, nous confie Marie-Claude Barbot, assistante de direction. Notre papeterie s’en sort bien mais on fait partie d’un groupe, le groupe prend l’eau et on prend l’eau avec.
Si les centrales hydroélectriques restent dans le groupe c’est notre poumon d’oxygène. Aujourd’hui on n’est pas en mesure de nous dire si les centrales ont été vendues et à qui.
La seule solution pour sauver l’entreprise c’est d’investir dans un 100% désencré qui revient à moindre coût»
Le député Henri Nayrou, n’a pas hésité à monter au créneau: « il n’est pas question de laisser partir le patrimoine hydroélectrique du Couserans. Cela aurait des conséquences sur les familles et sur les finances du territoire…/…/… il faut que l’Etat prenne ses responsabilités.
Je serais extrêmement vigilant sur ce qui sera décidé. Nous ne pouvons pas ne pas réagir…/…/ … il y a une vie pour Lédar dans le cadre de la fabrication d’un papier de qualité, comme cela se fait depuis 2004»
Jean-Pierre Bel président de l’association des Maires d’Ariège, participe au même titre que ses collègues mobilisés devant la préfecture à «un combat pour sensibiliser la population et préserver les emplois.
Après le textile en Ariège, l’aluminium dans la vallée d’Auzat-Vicdessos, nous ne pouvons pas rester les bras ballants devant les problèmes que rencontrent les papeteries. C’est le problème de la désindustrialisation.
La solution ne sera peut être pas trouvée au terme de cette réunion mais ce qui est sûr c’est qu’il faut maintenir une activité dans le Couserans, nous serons attentifs et vigilants, s’il le faut nous en parlerons à Paris»
Christian Caubet, contremaître chez Lédar, est tombé dans la patte à papier très tôt: «C’était le seul moyen de rester au pays à mon époque alors j’ai fait l’école du Papier, en 1976, titulaire d’un bac papetier je rentre chez Matussière et Forest… il y a 33 ans que je suis dans cette usine.
Le groupe perd de l’argent, les fonds de pension américains nous ont repris grâce à nos actifs, les centrales. Aujourd’hui ils veulent vendre ces centrales mais si les anciens les ont faites c’est pour devenir autonomes au point de vue énergie…»
Vincent Ramond, secrétaire du comité d’entreprise de Lédar est sur le pont depuis un an et demi et se bat pour sauver les emplois de Lédar: «c’est un problème de survie économique, nos patrons veulent vendre nos centrales hydroélectriques sans garantir que cet argent ne partira pas en Isère pour financer en partie le plan de redressement de deux grosses usines graphiques du groupe à Lancey et Voiron… nous y sommes opposés, on veut les garder.
Si elles sont arrêtées aujourd’hui c’est pour montrer que le personnel est motivé »… et soutenu par le syndicat CGT comme nous l’explique Christophe Couderc, secrétaire départemental.
C’est Maître Lévy, un avocat parisien spécialisé en droit social qui défend les intérêts du comité d’entreprise, pour lui il faut trouver une solution pour pérenniser l’activité «il faut essayer d’arriver à un accord et sortir de cette situation et préserver les emplois»
Après plus de quatre heures de réunion en préfecture, Vincent Ramond déchante un peu: «rien n’a été lâché, on a bien quelques pistes pour le PSE (plan de sauvegarde de l’emploi)... on nous a affirmé que les centrales étaient vendues, impossible pour autant d’avoir le nom de l’acquéreur, c’est un accord secret puisque notre conseil n’a même pas pu avoir accès au dossier…/…/…on ne peut pas consigner de l’argent sur les centrales, on nous a fait une proposition technique avec un montage financier complexe que j’ai du mal à comprendre…on doit en reparler avec maître Lévy»
Entre temps Mrs Nicol et Gavelle, responsables des Papeteries sortent sous les sifflets des manifestants… Nous avons souhaité obtenir le point de vue de la direction des papeteries de Lédar mais ceux-ci n’ont pas souhaité s’exprimer devant notre caméra.
D’après les sources de la Préfecture, la vente des centrales permettrait de moderniser l’outil de production et la direction s’engagerait à reverser 90% du produit de cette vente aux papeteries de Lédar… l’avenir nous le dira.
Photos et vidéo: ©AriegeNews 2007 |
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auteur: Laurence Cabrol | publié le: 26/06/2007 |
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